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La loi santé zappe l’Outre-mer

Mercredi 20 mars 2019
La loi santé zappe l’Outre-mer
Ericka Bareigts, à l'Assemblée nationale / photo FXG - FXG

L’examen du projet de loi de transformation du système de santé a débuté lundi à l’Assemblée. Des parlementaires ultramarins, y compris de la majorité, sont mécontents.

De l’avis des parlementaires ultramarins des groupes GDR, PS, LR mais également LREM, le projet de loi santé défendu par Agnès Buzyn est « un texte continental avec une cohérence et une logique continentales et surtout pas insulaires ». Le seul chapitre de la loi touchant l’Outre-mer est la création d’une Agence régionale de santé à Mayotte, indépendante de celle de La Réunion.

Quatre jours de débat en commission des affaires sociales et l’audition de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, n’ont pas levé les doutes. C’est pourquoi au sein de la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale, les députés de ces quatre groupes politiques ont choisi de déposer des amendements pour tenter d’inscrire le fameux « réflexe Outre-mer » cher à Annick Girardin.

L’objet essentiel du texte est de remédier aux déserts médicaux en donnant aux universités la maîtrise du numerus clausus des étudiants en 2e année de médecine. Le projet propose une réorganisation de l’offre de soins avec un premier niveau : les plateaux techniques des CHU ; un deuxième niveau, la transformation des hôpitaux de ville en hôpitaux de proximité (pour les petites urgences sans obstétrique ni chirurgie) ; et un troisième niveau, les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) regroupant médecins généralistes, infirmières et paramédicaux.

Interconnexion

« Tout cela, selon la député Ericka Bareigts, membre PS de la commission des affaires sociales, suppose une interconnexion entre les départements et régions, mais en Outre-mer, comment fait-on ? Il n’y a de CHU ni à Mayotte, ni en Guyane et il n’y en a provisoirement plus en Guadeloupe... » À cela s’ajoute la question des coefficients géographiques qui doivent compenser ces manques et que la loi ne prévoit pas de revaloriser. Le mètre cube d’oxygène coûte 0,50 euro dans l’Hexagone contre 2 ou 3 euros dans les territoires. Un amendement demande sa revalorisation, mais il se heurte à l’obstacle de son financement que ne maîtrisent pas les députés.

Quant au CPTS, ils ont besoin de professionnels à commencer par des médecins généralistes. S’ils sont 340 pour 100 000 habitants dans l’Hexagone comme à La Réunion, ils ne sont que 221 en Guyane, 225 aux Antilles et 81 à Mayotte. À ce déficit de professionnels de santé s’ajoute la surmortalité deux fois plus élevée en Outre-mer (9,2 dans le Grand Est français, 18-19 aux Antilles Guyane et 13,2 à La Réunion), sans même parler de la surmortalité périnatale et maternelle ou de celle due au diabète et aux maladies cardio-vasculaires trois fois plus élevée...

Le principal des amendements de nos députés consiste à demander au gouvernement un an supplémentaire pour adapter ce projet de loi à la réalité des territoires.

FXG, à Paris

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