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L’activiste Kémi Séba de retour en Guyane

Vendredi 7 Juin 2019 - 03h15
L’activiste Kémi Séba de retour en Guyane
Le militant franco-béninois Kémi Séba, Stellio Capo Chichi de son vrai nom est présenté comme une figure de proue du panafricanisme - DR

Le « panafricaniste » polémique Kémi Séba est en Guyane en cette semaine de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Dans le cadre d’une tournée internationale sur la lutte contre le néocolonialisme au XXIe siècle, il donnera des conférences à Saint-Laurent et Cayenne.

Invité par le Komité Drapo, Kémi Séba, le militant « anticolonialiste », fondateur du mouvement Urgences panafricanistes, arrive dimanche en Guyane. Après une conférence sur la lutte contre le néocolonialisme au XXIe siècle, en avril, à l’Université fédérale de Bahia, au Brésil, c’est à Saint-Laurent du Maroni puis à Cayenne qu’il prendra la parole la semaine prochaine (voir ci-contre).

Icône du radicalisme noir dans la sphère francophone, Kémi Séba fonde la Tribu Ka en 2004 (dissoute depuis), un mouvement qui prône notamment la « séparation raciale » et le retour des Noirs en Afrique. Conférencier, chroniqueur politique dans une émission télévisée sénégalaise, il est expulsé du pays en septembre 2017 après avoir brûlé en public un billet de 5 000 francs CFA. Depuis, il s’est installé à Cotonou, au Bénin où il poursuit ses combats politiques et a notamment été élu personnalité politique africaine de l’année 2017 par la chaîne Africanews.

Si tout le monde ne partage pas les théories du militant, pour le poète et homme politique Élie Stephenson, c’est la démocratie qui prime : « Kémi Séba a choisi ses lignes politiques et c’est son droit de parler […] Pour moi, il va aborder le franc CFA, les rapports entre les colonies et la France, la Françafrique... Cette volonté panafricaine de s’unir et de prendre son indépendance. C’est légitime. La France critique la Chine à l’envi mais ne veut pas être critiquée... »

Line Létard, secrétaire générale du parti Walwari, est sceptique au sujet de la venue de l’activiste : « L’homme providentiel, je n’y crois pas. Mais je respecte certaines de ses idées même si je pense qu’elles devraient avoir un éclairage en lien avec les réalités de notre territoire. »

A. G.

Tanbou pou boukanté

Les lauriers roses continuent de célébrer leurs 60 ans avec une programmation autour de la tradition et de la mémoire de l’abolition de l’esclavage. Samedi, dès 16h30, un défilé partira du local du groupe folklorique à l’angle de l’avenue Digue Ronjon et de la rue René-Barthélémy, à Cayenne. Près de 200 personnes chemineront dans la ville pour représenter les communautés de Martinique, Guadeloupe, du Brésil, les Amérindiens et les Créoles. À chaque intersection, un des groupes fera une démonstration de danse qui se pratiquait peu après l’esclavage comme le ralé mo kannon, le belya... Le cortège arrivera sur la place des Palmistes vers 18h30. On y retrouvera notamment Ijakata et le groupe Flanman pour une « danse surprise ». « On a vraiment prévu de faire quelque chose de spécial », précise mystérieusement Céline Bourdon, commissaire des Lauriers roses. Dès 22 heures, tous les tanbouyen se réuniront pour un grand kaséko final.

Le groupe folklorique les Lauriers roses - DR
« Pour nous, c’est un guide »

Pour quelles raisons avez-vous invité Kémi Séba en Guyane ?

Je tiens à préciser une première chose : il ne vient pas dans le cadre de l’abolition, c’est le hasard du calendrier. Le 10 juin, il sera à l’UTG pour commémorer les anciens de l’UTG mais pas l’abolition. De toute manière, nous ne pensons pas qu’il y a eu abolition mais résistance. […] Kémi Séba est une figure emblématique mais les personnes d’ascendance africaine qui sont victimes de discriminations viennent toutes de la même mère : l’Afrique. Et nous avons le même problème : le néocolonialisme voire l’impérialisme. Tant que l’Afrique ne sera pas totalement libérées, nous-mêmes ne serons pas libres et vice-versa. […] Notre objectif, au niveau du Komité Drapo, c’est d’élever la conscience du peuple et c’est pour ça que nous faisons venir cette personne.

Kémi Séba a une image plutôt sulfureuse...

Sulfureux ? Ça dépend pour qui. Certainement pour l’Occident mais pour nous, c’est un guide. On avait deux lectures de Malcolm X : celle des Afrodescendants et celle du Ku Klux Klan. […] Nous sommes dans la décennie internationale des personnes d’ascendance africaine mais personne n’en parle. Elle a été décrété par l’ONU qui a constaté que, après plus de quatre siècles d’oppression, et contrairement à ce qu’à dit la dame dans l’émission On n’est pas couché, les gens continuent à être discriminés.

Kémi Séba connaît-il les problématiques guyanaises ?

Je ne pense pas qu’en une visite il peut prendre toutes les dimensions de la problématique guyanaise mais on peut arriver à le sensibiliser et à le faire porter nos problématiques à un autre niveau. Les problèmes de la Guyane et des colonies en général ne vont pas se régler à Cayenne mais dans les capitales européennes. Kémi Séba est déjà arrivé à Rome et son chemin continue. Il ira au-delà de l’Europe pour sensibiliser le monde à notre problématique car la France ment perpétuellement...

Propos recueillis par Angélique GROS

LA COMMémoration de l’abolition

aujourd’hui

Matoury

Conférence sur les stratégies de résistance à l’esclavage en Guyane par l’association Kopéna de 18h30 à 20h à la médiathèque Jules-Églantin.

demain

Cayenne

Spectacle Tanbou lévé à 19h au Zéphyr. Gratuit.

Régina

Le temps des nègres marrons, 1re partie, avec l’association les Amis de Léon Damas à l’écomusée à 19h.

Rémire-Monjotly

Visite guidée de l’habitation Mondélice, entre 10h et 15h. Gratuit sur inscription : patrimoinesculturels@ctguyane.fr ou pitrm@orange.fr.

dimanche

Cayenne

Lecture-spectacle: Chronique d’une loi mémorielle ou l’adaptation de Mes Météores, de Christiane Taubira par Yasmina Ho-You-Fat, Mylène Wagram et Mario Canonge, un concert de Mario Canonge à l’Encre à 18h.

Montsinéry-Tonnégrande

Journée mémoires libres. Marche des mémoires libres au cimetière de Risquetout dès 9h. Conférence à la mairie vers 9h30 sur l’habitation La Charlotte : découvertes archéologiques et historiques sur l’esclavage à Montsinéry. Dégustation et vente de bouyon wara. Animations musicales des Lauriers roses de midi à 16h sous le carbet municipal.

Saint-Laurent du Maroni

Semi-marathon des libertés de 6h à midi au départ de l’office de tourisme.

Dégustation de cuisine bushinenge accompagnée de tambours au chapiteau municipal de 10h à 15h. Conférence à 16hs. Déboulé aux flambeaux au départ du chapiteau municipal jusqu’au local de l’Atam, 5, rue des Orchidées, de 18h30 à 20h, suivi d’une soirée traditionnelle sur place.

Lundi

Cayenne

Commémoration à la centrale de l’Union des travailleurs de la Guyane, à partir de 9h en présence de Kémi Séba. Les Lauriers roses viendront danser à 13h.

Dépôt de gerbes à 9h30 au Jardin botanique. Discours et spectacle hommage aux esclaves marrons de Guyane.

Régina

Le temps des nègres marrons, 2e partie, avec l’association les Amis de Léon Damas, à l’écomusée, à 19h.

Rémire-Montjoly

Cérémonie protocolaire commémorative à 8h au rond-point Adélaïde-Tablon avec un appel aux tambours.

Saint-Laurent du Maroni

Soirée de clôture du village de l’abolition au chapiteau municipal à partir de 18h. Restitutions des ateliers des associations et artistes, spectacle de danse Awassa.

Mardi

Saint-Laurent du Maroni

Conférence de Kémi Séba à la mairie, à 18h.

Vendredi

Cayenne

Conférence publique de Kémi Séba à la chambre de commerce et d’industrie de la Guyane, à 18h.

Le groupe folklorique les Lauriers roses - DR

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1 commentaire

Vos commentaires

dtc97300 11.06.2019

Célébrer un tel personnage...c’est méconnaître ses opinions xénophobes, sa vision des femmes, etc. Quelle ineptie de résumer la vision de Malcolm X à : soit les afrodescendants, soit le ku kux klan. Un manque de culture flagrant encore une fois d’une minorité créole xénophobe.

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