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Interview exclusive - Jean Castex : « Ma présence marque le fait que la République n’abandonne en aucun cas la Guyane »

Propos recueillis par H.R-E & P.R. Vendredi 10 Juillet 2020 - 18h00
Interview exclusive - Jean Castex : « Ma présence marque le fait que la République n’abandonne en aucun cas la Guyane »
Le premier ministre Jean Castex arrive aujourd'hui en Guyane - Thomas COEX (AFP)

Jean Castex nous a accordé une interview exclusive avant son arrivée dimanche en Guyane. Le premier ministre déclare vouloir s'attaquer aux difficultés structurelles du département, à cause desquelles les conséquences de l'épidémie y sont aussi fortes. 

Votre venue en Guyane est un geste fort car ce sera votre premier voyage officiel dans le cadre de vos nouvelles fonctions. Pourquoi avoir pris cette décision ? En avez-vous discuté avec le Président ?

Jean Castex
: Ma présence ici, quelques jours après ma nomination en tant que Premier Ministre, n’est pas un hasard. Je suis venu avec le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu et celui des Solidarités et de la Santé Olivier Véran pour porter un message clair : je suis à vos côtés dans la crise que nous vivons ensemble, crise particulièrement aiguë ici. Je souhaite dire aux Guyanais : soyez assurés de la solidarité nationale et de la pleine mobilisation de l’État, de la mienne, de celle de l’ensemble de mon gouvernement et bien entendu de celle du Président de la République.
Cette visite n’est-elle pas aussi, d’une certaine façon, un aveu d’échec de la gestion locale de cette crise ? comme évoqué clairement ou à demi-mots par les responsables politiques locaux mais aussi les collectifs, les associations…

La crise n’est pas derrière nous et nous devons rester pleinement mobilisés plutôt que de dresser un bilan. Mais dès les premiers jours, le Gouvernement a mis en place, grâce à l’engagement des autorités locales, une stratégie volontariste de soutien sanitaire contre le COVID : les capacités hospitalières ont été augmentées, des renforts humains importants ont été apportés et la distribution de matériel a été anticipée. En réalité, les enjeux, vous les connaissez aussi bien que moi : si les conséquences de l’épidémie ont été aussi fortes ici, c’est aussi parce qu’il y a des difficultés structurelles auxquelles j’ai bien l’intention de m’attaquer. Je pense à l’accès des Guyanais aux services publics et aux soins ou encore à la capacité de l’économie locale à produire de l’emploi et des perspectives.
Arrivez-vous avec l’éventualité de décréter un confinement strict ?

Le confinement strict n’est pas à ce stade l’option retenue par le Gouvernement. En effet, des mesures de freinage très fortes ont été privilégiées, avec un couvre-feu étendu, des confinements ciblés et plusieurs restrictions d’activité. Ces mesures récentes sont assez bien respectées et de fait elles semblent porter leurs fruits. Attendons de voir leurs effets. Mais bien entendu, nous évoquerons toutes ces questions avec le personnel médical, les élus et les acteurs socio-économiques.

Doit-on s’attendre à des réponses fortes de votre part, avec des changements parmi les acteurs de cette gestion de crise ? L’arrivée du préfet Latron est-elle la première décision qu’il fallait prendre ?

La gestion d’une crise de cette ampleur est une course de fond et non un sprint. Organiser notre réponse dans la durée est essentiel, c’est pour cette raison qu’une véritable cellule interministérielle de crise, équivalente à celle qui existe à Paris, a été installée et Monsieur Latron la dirigera. Nous avons besoin d’unifier la chaîne de commandement pour bien coordonner tous les acteurs de la gestion de crise.

« Un plan de relance ambitieux et adapté à la Guyane »
 
La Guyane, au contraire de la France Hexagonale, a-t-elle raté son déconfinement ?

Les situations géographiques de l’hexagone et de la Guyane sont difficilement comparables et il serait faux de dire que le déconfinement ne s’est pas fait dans de bonnes conditions. Le confinement strict a permis de freiner, et même de maitriser la première vague de l’épidémie, qui s’était quasiment achevée début mai. Cela a permis de renforcer nos capacités sanitaires comme les tests, le traçage, la réanimation ou encore le stock de masques. La grande différence avec la métropole, c’est la situation épidémique en Amérique latine, beaucoup plus dégradée qu’en Europe, ce qui a conduit à prendre de nouvelles restrictions d’activités.
Pourquoi la Guyane a-t-elle aujourd’hui ce sentiment d’avoir été oubliée dans cette crise ? Qu’une fois de plus, sa gestion va se faire dans l’urgence ?

J’entends le ressenti de certains Guyanais. Cette crise qui dure, l’isolement qu’elle provoque et qu’elle a d’ailleurs provoqué partout en France et dans le monde, peuvent en partie l’expliquer. Mais je veux rappeler une fois encore les moyens importants mobilisés pour gérer la crise en Guyane depuis de nombreuses semaines. Ce sont 200 personnels soignants qui ont été mobilisés et même 22 supplémentaires qui sont arrivés cette semaine. Ma présence, avec le ministre des Outre-mer et le ministre des Solidarités et de la Santé, marque justement le fait que la République est unie et solidaire et qu’elle n’abandonne en aucun cas la Guyane.

La santé de la Guyane s’est considérablement dégradée ces dernières semaines. Son économie souffre plus encore qu’en 2017 avec le mouvement social qui a duré un mois. Que comptez-vous faire ?

Je viens notamment renforcer et préciser les mesures d’accompagnement économiques et sociales complémentaires qui sont attendues par les Guyanais. Le ministre des Outre-mer prendra le temps d’échanger de manière approfondie avec les acteurs économiques sur la question et préparer un plan de relance ambitieux et adapté à la Guyane.

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10 commentaires

Vos commentaires

caracara 12.07.2020

A peine nommé 1er ministre, et déjà en ballade! Avec ses 2 acolytes!Et certainement des secrétaires, des sous secrétaires, des sous-sous secrétaires, bref des parasites (définition de ce mot par le Grand Larousse 2019 : je résume : personne vivant dans l'oisiveté et qui est inutile et surtout qui a un salaire trop élevé pour le peu de résultats obtenus). Il y en a beaucoup en Guyane(et ailleurs), je le sais,j'y ai vécu 38 ans.
Coût de cette virée, qui n'apportera rien? Il faut vivre avec son temps; une visioconférence ou une vidéoconférence aurait fait le même effet et aurait été moins onéreuse, surtout pour parler de promesses qui ne se réaliseront jamais; mais bon, l'espoir fait vivre! Bon courage à ce département outre-mer, dirigé par des bons à riens, qui,eux, viennent se faire soigner en France pour un petit bobo: pourquoi ne le font-ils pas dans leur chère Guyane?Ils ne veulent pas fréquenter leurs compatriotes, pas assez biens pour eux? Mais bien contents de les trouver quand ils votent pour eux! Les hôpitaux ne sont certainement pas aussi performants que les hôpitaux parisiens! La GUYANE et surtout la population, ont récolté ce qu'ils méritent,mais ils ont choisi, maintenant qu'ils assument et arrêtent de pleurer!

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Ergo sum 12.07.2020

Bien dit. De A à Z.

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KAMZA 12.07.2020

Ça dit avoir fait 38 ans en Guyane et ça ose un commentaire pareil...
Les guyanais se félicitent du départ d'un parasite tel que vous.

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caracara 13.07.2020

Voila le genre de triste personnage qui n'accepte pas les commentaires qui vont à l'encontre de sa pensée restreinte. Mon commentaire ne fait que relater la vérité, qui, je m'aperçois, vous dérange. Nous avons encore le droit d'écrire et dire ce que l'on pense,cela s'appelle la démocratie. Ne vous en déplaise. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois

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Ergo sum 12.07.2020

la République n’abandonne en aucun cas la Guyane

Il se peut que ce soit justement le souci, Monsieur le PM

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Affreux Jojo 12.07.2020

En ce qui concerne "les difficultés structurelles", j'ai l'impression d'avoir entendu ça 50 fois.
J'espère que c'est la bonne.

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roots973 13.07.2020

ça c'est clair ça fait 30 ans qu'on demande l’amélioration du système de santé en Guyane et on attend toujours ...
Mon père est passé y a 3 jours a l’hôpital,c’était du grand n'importe quoi ,c'est un miracle si il ressort pas positif corona alors qu'il y est pas allé pour ça a la base,pourtant considéré comme personne a risque au vue de son age

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Smet 12.07.2020
Plan de relance?

Une idée de plan de relance peut être simplement, une exonération de toutes les charges patronales et salariales y compris caisse de retraite, pour toutes les TPE de moins de 20 personnes pour une durée de 5 années.
Ainsi qu'une exonération à 100% des bénéfices réinvestis dans l'entreprises pour une durée de 5 ans pour les TPE de moins de 20 personnes.
Ainsi qu'une exonération totale des bénéfices réinvestis localement durant 5 ans pour les organismes bancaires qui viendraient s'installer en Guyane.
Les aides et subventions à l'embauche et à la création n'ont rien donné de bon, il est temps d'exonérer pour recruter et développer.
D'un autre coté, une diminution des aides sociales en plafonnant à 3 enfants l'aide apportée aux familles par la CAF pourrait générer des économies non négligeables.
La possibilité de cumuler 60% du RSA le deux premières année avec un emploi à mi-temps, pourrait permettre à la précarité de sortir de l'impasse.
Faire sauter la limite de durée minimale hebdomadaire du temps partiel pourra permettre à la précarité de reprendre petit à petit gout au travail.

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Vendeta973 12.07.2020
Vas y Jeannot !!!

Paroles, Paroles et Paroles....j’entends des mots une nouvelle fois, et une nouvelle fois nous sommes bloqués sur notre territoire inhospitalier ou ils ne nous est meme plus possible de sortir pour souffler sans un motif impérieux
Monsieur le premier ministre prenez des mesures fortes qui donnent un sens à rester sur cette terre dévastée ou l’on va nous demander une nouvelle fois de nous investir, d’investir,
Par exemple :
- Portez l’abattement fiscal de IR de 40 % à 80 % sans plafond, comme il n’y a meme pas 40 % des guyanais qui paye l’impôt, ceux qui contribuent et représentent la valeur économique du péyi auront une compensation du contexte tiers-mondiste qu’ils subissent,
- abonder la valeur retraites des trimestres cotisés, par deux par exemple ; pour un trimestre passé cela correspondrait à deux trimestres,
- indexation des salaires de 100 % comme à Tahiti et la Nouvelle-Calédonie, non seulement pour les fonctionnaires, mais pour tout le monde,
Ces quelques mesures créerait de la richesse et donc de la consommation et s’il y a de la consommation, il y a de la relance et s’il y a de la relance, il devrait enfin y avoir de l’initiative privée, et surtout cela donnerait enfin l’envie aux personnes des Antilles et de metropole de venir s’installer dans notre pays pour le developper car si on ne compte que sur notre énergie locale....dans cinquante ans on en sera au meme point et nos jeunes seront toujours sans emploi

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jayjay5 13.07.2020
Parodie ?

Vous plaisantez j'espère ? 100% d'indexation en Guyane ? Et l'argent sortirait de la planche à billet ?

On aurait encore plus de parasites qui viennent pour quelques années sans aucun attachement pour le péyi...

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