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Hommage

Elie Castor "le plus grand bâtisseur de la Guyane" nous quittait le 16 juin 1996

Marie ODRY Jeudi 16 Juin 2022 - 13h37
Elie Castor "le plus grand bâtisseur de la Guyane" nous quittait le 16 juin 1996
Elie Castor (1943-1996) a marqué la vie sociale et politique guyanaise - archives

C’était il y a 26 ans, le 16 juin 1996, Élie Castor, député, président du Conseil Général, maire de Sinnamary nous quittait prématurément à 53 ans.

Elie Castor c’est d'abord et avant tout la gestion du territoire, c’est l’homme de la décentralisation”, nous confie Rodophe Alexandre, ancien président de la Collectivité territoriale. En sa mémoire, il publie aujourd’hui sur sa page facebook, un long texte hommage. Il reprend tout ce que la Guyane doit à l'homme de Sinnamary, élu député lors de l'avénement de la gauche en France.
France-Guyane vous propose de lire in extenso la petite biographie écrite par Rodolphe Alexandre, historien de profession.
"Elie Castor est un des Pères de la décentralisation avec Georges Othily, tranche avec les élus de ces trois dernières décennies.
Adulé ou haï, Elie Castor est un politique au grand cœur, enraciné dans les savanes de Sinnamary et d’Iracoubo «aïmara mêm bassin».
Les bushikonde sama lui vouait une véritable admiration et l’appelait le bikiman pour avoir bousculé les lenteurs et les préjugés de ces zones enclavées, et construit des collèges, des centres de santé et endiguer le paludisme et autres avec les services du conseil général...il est l’homme politique qui a fait rentrer le savoir dispensé dans les collèges à l’intérieur du territoire avec un avis mitigé du Rectorat engoncé sur le Littoral et son mode de vie.
Brillant étudiant
Né le 28 avril 1943 à Cayenne alors que son père exerçait l’équivalent des fonctions de subdivisionnaire aux Ponts et Chaussées, il obtient son Baccalauréat en 1962 et s’inscrit à la Faculté de Droit de Dijon où il décroche en 1965 sa licence avec mention.
Il réussit à 22 ans le concours des officiers de l’Ecole Supérieur de Police de Saint Cyr à Mindor où il se place 2ème sur 1200 candidats. Il interrompt ses études pour accomplir son service militaire au Tchad.
De retour à Paris en 1967, il est affecté à la Police de l’Air de l’Aéroport d’Orly. Il épouse Claire Antoinette, qui lui donnera trois filles. Ses demandes d’affectation pour la Guyane n’aboutissant pas, il démissionne et retourne au pays pour intégrer l’Education Nationale en qualité de maître-auxiliaire et enseigne à Macouria, et à Saint-Laurent où il fait la connaissance de Raymond Tarcy qui deviendra son ami et plus tard Sénateur. Il se présente et réussit au concours de secrétaire de Mairie et sera nommé à Mana ( 1967) à Rémire-Montjoly ( 1969-70), puis à Kourou ( 1970).
Visionnaire et planificateur
Formateur du Centre de formation du personnel communal il se lance en politique et gagne successivement le canton de Sinnamary ( 1976-1983), puis la mairie ( 1977-1996), en battant l’indéracinable Verderosa ( 1946-1958). Il accède ensuite à la présidence du conseil général ( 1979-1982/1985-1994) par un jeu d’alliance entre les centristes et le PSG.
Dans ces fonctions, il est visionnaire et planificateur : les routes départementales réhabilitées ou construites avec les sociétés privées ou avec les CAIT ( les agents de la collectivité), la santé dont l’hôpital de Cayenne, les collèges, l’Université, l’adduction d’eau potable en zone rurale, la problématique du foncier et l’installation des premiers jeunes agriculteurs, l’habitat, le barrage de petit-saut (où il me met en mission avec le photographe José Prosper pour la photo icône pour ses cartes de vœux et la couverture du plan Régional décidé avec G.Othily), le plan Phèdre ( qu’il présente à Michel Rocard, accompagné de G.Othily, G.Patient, Prévot de la CCI ) pour impacter les communes sur les bénéfices des retombées du spatial .
Le Taureau de Corossony
Élu député de la Guyane ( 1981-1993) il accorde sa confiance aux gouvernements socialistes et affirme une totale solidarité lors des votes sur l’abolition de la peine de mort, l’égalité professionnelle des femmes, l’IVG..et manifeste sa colère et sa désapprobation pour la question du foncier, les dotations aux pêcheurs, les lenteurs de la construction de l’hôpital, de l’Université, des dotations budgétaires insuffisantes...ou du parti pris des préfets devenus pro-consuls notamment Claude Silberzahn, (qui allait se venger quelques années plus tard devenant président de la Chambre Régionale des Comptes). Victime d’un complot ourdi à l’intérieur de son parti, il ne se représente pas, épuisé des intrigues et se retire de la scène politique, terrassé par les problèmes judiciaires, et meurt à Clermont-Ferrand où il se soignait.
Le Taureau de Corossony comme j’aimais l’appeler est parti dans ses savanes herbeuses et reste le plus grand bâtisseur de la Guyane !"
 
Dans nos archives,en 2019 nous avons déjà retracé sa vie et son impact sur le territoire guyanais : https://bit.ly/3zHsl6L


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