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ELECTIONS CTG

« Une telle coalition, c’est historique »

Pierre ROSSOVICH Samedi 24 Avril 2021 - 10h07
« Une telle coalition, c’est historique »

Jean-Paul Fereira nous a accordé sa première interview en tant que candidat à la CTG. Il explique pourquoi il vise la présidence de la Collectivité en juin prochain.

Vous êtes maire d’Awala-Yalimapo depuis 2001, vice-président de la CCOG et ancien vice-président du conseil régional. Pourquoi visez-vous aujourd’hui la tête de la CTG ?

Aujourd’hui, le même constat est fait par toute la population : nous sommes dans une vraie difficulté. Des difficultés qui durent dans le temps et qui ne trouvent pas de solution dans les réponses apportées par l’État ou la CTG. C’est donc naturellement que l’on a pris la décision de partir à ces élections pour proposer une autre alternative. Et surtout ne pas se fixer de limites.
Vous êtes tête de liste d’une coalition de cinq partis de gauche. Cela s’est joué entre vous et Gabriel Serville, qui finalement constitue sa propre liste. Comment avez-vous fait la différence ?

Ma personne a visiblement su fédérer, au-delà des positions partisanes. L’expérience que j’ai depuis une vingtaine d’années en politique a joué dans la balance. Mais aussi la manière d’aborder les choses. Les cinq partis qui nous ont rejoints se sont reconnus dans mes prises de positions et dans la façon de les exprimer. Une telle coalition avant des élections, c’est historique en Guyane. Normalement les unions se font entre les deux tours. Les partis ont tiré des leçons de ce qui a pu se passer lors des précédentes élections.
Pourquoi cela a-t-il été aussi compliqué ?

Cela n’a pas été une décision facile à prendre pour des partis politiques qui ont leur propre organisation interne. Généralement, les partis désignent des candidats qui sont encartés au sein de leur mouvement. C’est une décision politique intelligente défendant l’intérêt de notre Guyane.
D’aucuns disent que vous servez de « caution amérindienne ». Que répondez-vous ?

C’est un élément qui revient souvent dans les discussions. J’ai réuni les cinq partis en présence pour connaître leur façon de penser ma candidature. Ce choix est basé sur une question d’expérience, de regard neuf et de projet commun. Il était hors de question pour moi de présenter cette candidature uniquement parque ce je suis amérindien. Ça n’aurait pas de sens. Je rappelle d’ailleurs que je suis métissé : je suis amérindien et créole.
Regrettez-vous de ne pas avoir pu ratisser plus large pour aller face à Rodolphe Alexandre, que certains donnent déjà gagnant ?

Le travail avait été fait dans ce sens. Chacun fait ses choix et les assume. Une union encore plus large aurait été la bienvenue. Mais rien n’est joué. Chaque élection à son lot de surprise. Depuis 2015, une conscientisation s’est opérée en Guyane. Les partis politiques ont pris un sacré coup depuis les dernières élections. Les gens s’expriment dorénavant. Cela peut changer beaucoup de choses.
On dit aussi que vous avez un déficit de notoriété auprès de la population. Vous le comprenez ?

Je comprends qu’on dise cela. Je fais partie de ceux qui ne gesticulent pas 24h/24. Je pars du principe qu’on n’agit pas pour se montrer sur les réseaux sociaux. On s’engage pour agir, pas pour être reconnu. L’action politique ce n’est pas de la communication. C’est avant tout de l’engagement. Ça peut paraître anormal dans le monde de communication dans lequel on vit, mais je m’en tiens à cela. Ce déficit d’image, on travaillera dessus pour ceux qui ne me connaissent pas encore. Mais ceux qui suivent les affaires politiques de la Guyane, connaissent mon engagement, aussi bien à Awala-Yalimapo, qu’à la CCOG, à la Région… La question du déficit de notoriété est pour moi un épiphénomène : ce n’est pas cette question que l’on doit se poser quand on choisit pour qui voter.


Quelle est votre vision de la Guyane, celle d’aujourd’hui et celle de demain ?

Ma vision est celle d’une interaction entre les territoires, et entre les hommes qui les occupent. Nous sommes dans une situation d’enclavement à tous les niveaux. Vis-à-vis de la France et de l’Europe. Mais aussi dans nos mentalités. C’est pour cela que le slogan de notre liste est : « Une Guyane sans limites ». Il faut dé-cloisonner les mentalités et réaliser que l’on a toutes les ressources nécessaires pour entrevoir un vrai développement. Plus on avancera dans le temps et moins on sera accompagnés financièrement par la France et l’Europe. Il nous faudra donc puiser dans nos ressources pour créer de l’activité et de la richesse. Il s’agit d’être plus autonome.
Quelle est votre position sur l’évolution statutaire ?

La question de l’évolution statutaire est liée à un projet de société. Ce projet aura besoin d’outils. Les outils actuels sont loin d’être adaptés. Si ça n’a pas mobilisé plus que ça aujourd’hui, il y a bien une raison. Un statut pour un statut, ça ne sert à rien. Demandez à quelqu’un qui vit à Antécume-Pata ce qu’il pense de l’évolution statutaire, il va vous répondre qu’il a besoin de services de santé à proximité, d’activités économiques, d’éducation… C’est de ça dont on parle.
Quelle est votre idée du développement économique guyanais ?

La réalité socio-économique nous renvoie vers des solutions extrêmement pragmatiques. L’essentiel de notre action doit être dirigée vers les petites entreprises. C’est ça notre tissu économique, au-delà de la base spatiale et des gros industriels miniers. Avec 300 000 habitants environ, nous sommes dans une logique d’activités de niches à haute valeur ajoutée, qui doivent être accompagnées au niveau infrastructurel. Comment entreprendre quand la grande partie du territoire ne bénéficie pas des infrastructures de base ? Tout est urgent, mais il faudra prioriser. Sans cela on ne pourra pas développer. Notre avenir ne peut pas être uniquement assuré par la base spatiale ou le secteur minier.
Vous vous apprêtez à mener une campagne contrainte, en raison du contexte sanitaire…

La campagne commence en mai, dans un contexte sanitaire qui se dégrade. Le calendrier a été maintenu par le gouvernement avec une semaine de décalage. Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne décision pour la Guyane. On l’a vu pour les municipales. Les conditions habituelles de campagne ne sont pas réunies. Du simple fait de ne pas pouvoir approcher les gens, ni les regrouper. Une campagne c’est avant tout de la proximité, de l’explication, des échanges… Cela ne peut pas être que numérique.
Vous souhaitez un nouveau report ?

Oui, pour entrevoir une plus grande mobilisation. On a déjà du mal en temps normal à mobiliser les électeurs. Je rappelle que 20 000 votants uniquement ont élu Rodolphe Alexandre en 2015. Démocratiquement, il y a lieu de s’interroger.



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2 commentaires

Vos commentaires

RAPHI 25.04.2021

la gauche sait que c est perdu pour cette election. peut importe la personne qui la representera dans cette union de facade. serville se prepare pour dans cinq ans et de l autre cote plenet fait de meme pour succeder a RA

Répondre Signaler au modérateur
cloclo 26.04.2021

RAPHI, C'est exact !

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