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ENTRETIEN FRANCE-GUYANE

CTG, la rentrée, sénatoriales : les confessions de Rodolphe Alexandre

Propos receuillis par Hermann ROSE-ELIE Samedi 5 Septembre 2020 - 08h35
CTG, la rentrée, sénatoriales : les confessions de Rodolphe Alexandre

Le président de la Collectivité Territoriale de Guyane accorde un entretien exclusif à la rédaction de France-Guyane. L'occasion de revenir avec lui sur les grands dossiers du moment.

La rentrée scolaire

Quel est votre sentiment général sur cette rentrée scolaire inédite ?


Vous avez raison. C’est effectivement une rentrée inédite, mais elle est structurée, organisée et très empirique. Nous avons beaucoup travaillé sur toutes les dispositions à mettre en place. Aujourd’hui, le pragmatisme doit l’emporter sur le dogme.

Tout est fin prêt de votre côté et au sein de vos services ?

Le premier élément, c’est que nous avons tenu compte de toutes les recommandations du Comité Scientifique Territorial que nous avons mis en place. Je remercie les services de la CTG qui se sont mobilisés et qui ont fait un travail remarquable, à tous les niveaux, du service logistique, aux services techniques, du service éducation à la direction de la communication.

Nous avons su rassurer les familles. Nous avons su commander les matériels de protection (masques, gel, distributeurs,…). Nous avons su organiser des campagnes spécifiques de dépistage des enfants et des familles hébergeantes.

Nous avons su assurer la désinfection des bâtiments et revoir les plans de circulation à l’intérieur. Un plan a été lancé pour changer les robinetteries par des commandes non manuelles.

Enfin, nos bus ont été équipés de films de protection spécifiques et une procédure solide a été mise en place pour le transport scolaire. Nous avons tout pris en compte, jusqu’aux internats et à la restauration scolaire.

Nous ne disons pas qu’il n’y a pas de risques, mais nous avons travaillé pour créer un cadre qui offre des bonnes conditions de sécurité sanitaire pour favoriser l’éducation de nos enfants et la reprise des cours, absolument nécessaire.
Fermeture des écoles

Vous avez été l'un des opposants à la réouverture des écoles en juin, vous pourriez en faire de même selon l'évolution de la crise sanitaire ?

Tout à fait. S’il s’avère que les conditions venaient à se dégrader, je serai le premier, après avoir consulté le comité scientifique territorial, les parents d’élèves et la communauté enseignante, à prendre la même position et à fermer les établissements. À l’époque, ce n’était pas improvisé, ni une position de colère, mais nous voulions préserver la doctrine locale, comme nous le faisions depuis le mois d’avril. I

l y avait un risque éminent pour les jeunes enfants, et les conditions sanitaires n’étaient pas réunies : forte circulation du virus, absence d’équipements de protection, … Nous avons assumé, et c’est l’ensemble des élus, toute tendances confondues, qui nous ont suivi, au moment du vote de la délibération fin avril, et ce malgré les recommandations, voire les pressions parfois, des ministères ou autres. Le Recteur avait compris notre décision et le fait que nous ne nous laisserions pas faire.

Il nous a alors laissé le temps d’étudier et de mettre en place des conditions favorables à la réouverture de nos collèges et de nos lycées.

Qu'avez-vous à dire aux parents, enseignants et élèves guyanais ?


Nous voulons continuer à travailler ensemble. J’ai reçu les représentants des parents d’élèves, mais aussi les représentants des enseignants et des étudiants. Nos décisions doivent être prises en toute transparence. Nos échanges sont donc très importants. La confiance que nous avons entre nous doit perdurer, dans l’intérêt de nos enfants.

Le futur Centre Hospitalier Universitaire

Vous revenez d'une nouvelle mission dans l'hexagone, avec quelles nouvelles garanties ?

La première garantie, c’est d’abord le travail collectif que nous avons produit. Nous avons su nous unir avec les parlementaires et le président de l’Association des Maires de Guyane, et j’ai ainsi conduit deux missions à Paris. Il faut que les patients guyanais se réconcilient avec le milieu hospitalier guyanais.

Cela passe par une amélioration de l’offre de soins dont le CHU doit être l’un des moteurs. Ensuite, les constructions de deux bâtiments de recherche, l’un sur le campus universitaire, l’autre au char, sont en bonne voie. Nous collaborons également avec le président de l’université, Antoine Primerose, pour définir la future Unité de Formation et de Recherche.

Enfin, nous élaborons également le cadre de la future organisation clinicienne, qui passe par l’arrivée de nouveaux professeurs. J’applaudis l’arrivée des trois nouveaux PU-PH qui ont pris leurs fonctions cette semaine au sein du Centre Hospitalier de Cayenne Andrée Rosemon. Nous attendons désormais le début des travaux de la mission pluridisciplinaire, que nous suivrons de près jusqu’à son rapport attendu pour la mi-décembre.
La relance économique

Les chantiers de la CTG en cours vont-ils pouvoir redémarrer ?

Aucun chantier de la CTG n’a été arrêté ou n’a été enrayé ! À cause de la crise, il y a eu de nouvelles dispositions et des modifications logistiques, mais tous nos chantiers ont été opérationnels. Certains ont nettement avancé. Très peu ont ralenti.

Mais jamais nous n’avons eu à déplorer d’arrêts. Beaucoup de nos projets sont ou vont passer en phase de construction. À ce jour, l’État doit à la CTG 58 millions d’euros sur les avances que nous avons réalisées. Ceci est la preuve que nous n’avons pas dormi.

Tout le monde parle de "la relance", mais concrètement elle prendra quelle forme ?

Avec mes services, nous avons prévu l’organisation d’une conférence de presse à laquelle vous serez conviés. Elle aura lieu d’ici la fin du mois et permettra de vous présenter tout ce sur quoi nous avons travaillé pour continuer notre accompagnement envers les socioprofessionnels et rebooster l’économie locale. Nous sommes en cours de finalisation.

L'élection sénatoriale

À quelques heures du dépôt des candidatures pour les sénatoriales, il se dit que Georges Patient a votre soutien. Est-ce vous confirmez ?

En effet et je ne le cache pas. Le bilan du Sénateur Patient est conséquent. Il a été avec Antoine Karam un des interlocuteurs et un des relais importants de la Collectivité Territoriale de Guyane, que ce soit pour la taxe sur les carburants, la recentralisation du RSA et du RSO, l’octroi de mer… beaucoup d’éléments et de sujets qui ont pu aboutir en notre faveur grâce à ses interventions et son expérience.

Il a récemment produit, avec le Sénateur Jean-René Cazeneuve, un rapport sur les finances des collectivités d’outre-mer qui, pour moi, est fondamental, en termes de soutien, d’accompagnement et de responsabilisation de nos communes, collectivités et départements d’outre-mer. C’est un soutien total et inconditionnel que je lui apporte.

L'élection à la CTG

C'est l'effervescence aussi dans le monde politique à quelques mois seulement de l'élection à la CTG, c'est un secret de Polichinelle : vous serez bien candidat à votre succession ?

C’est vrai que nous avons de bons retours sur le terrain ou sur nos réseaux sociaux, eu égard, j’imagine, au travail que nous faisons avec nos équipes. La CTG est en action et cela est vu et reconnu sur le territoire directement par les guyanaises et les guyanais, ou par les maires ou leurs élus que nous accompagnons dans l’amélioration du cadre de vie de leurs communes.

Chacun s’en aperçoit au plus proche de chez lui en voyant les projets sortir de terre et en suivant nos actualités, ou au travers la consultation de publications sur l’action territoriale au cours de ces 5 dernières années que nous avons sorties numériquement au mois d’août. Certains ont été surpris par la quantité importante d’actions réalisées, que ce soit au travers nos missions fondamentales, mais aussi nos investissements ou nos accompagnements.

Mais nous avons le temps. J’ai d’abord une famille. Ensuite, j’ai un parti et j’ai des amis. Je dois en premier lieu tous les consulter avant de prendre ma décision et de me prononcer. Aujourd’hui, c’est trop tôt. Vous aurez le temps de le savoir.

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Vos commentaires

Méridien 05.09.2020

Dommage que la question n'ait pas été posée concernant un soutien à Marie Laure !
Patient et Alexandre sont souvent ensemble sur les médias et sur nombre de sujets. Quel intérêt à lui demander s'il soutient son ami et relais actuel au plan national ????

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