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Politique / Awala-Yalimapo

Awala-Yalimapo: un recours, une mairie et des habitants circonspects

Samuel Zralos Lundi 9 Novembre 2020 - 18h21
Awala-Yalimapo: un recours, une mairie et des habitants circonspects
La mairie d'Awala-Yalimapo, au cœur d'un recours suite aux municipales du 18 septembre. - DR

A l'annonce du recours déposé par Hervé Robineau, candidat malheureux aux municipales d'Awala-Yalimapo, les habitants de la ville oscillent entre indifférence et attentes.

Assis ou debout, ils sont une dizaine, tous des hommes, à discuter autour de quelques bouteilles, entre les statues posées sur cette place d'Awala-Yalimapo. Entre la mairie et l'épicerie, ils occupent leur matinée ainsi parce qu'il « n'y a pas de taf », s'exclame un trentenaire volubile. « Nous les jeunes, ce lundi on est là, il est 10h est on a une bouteille à la main » assène-t-il, agitant son verre pour plus d'emphase.

Devant ses camarades, dont une partie semble approuver, il reproche au maire de la ville de ne pas favoriser l'emploi pour tout le monde. Et, en conséquence, apparaît favorable au recours déposé par Hervé Robineau, candidat battu aux municipales par Jean-Paul Feireira.

Comme lui, plusieurs habitants rencontrés en ville nous confient - pratiquement tous anonymement - voir d'un bon oeil la demande d'enquête formulée par l'opposant. Sans surprise, la plupart de ceux-ci admettent également volontiers avoir voté pour l'alternance.

« Je serai toujours supporter de Robineau, qui a raison de faire un recours. J'irai voter à nouveau sans problème si il faut, le maire actuel a fait son temps, il faut du changement », s'enthousiasme ainsi un jeune homme au ton passionné. Depuis qu'il est maire « Feireira n'a rien fait pour Awala. Les lampadaires ne sont pas allumés. Vaut mieux un recours, pour qu'on dégage Feireira, parce que là y a rien sur Awala », renchérit Marc Elvis, l'un des rares à donner son nom.

Plus mesuré, un homme autour de la quarantaine ne conteste pas que « Feireira a gagné », mais affirme que ses électeurs « n'habitent pas sur la commune, ne savent pas comment on vit ici ». « Nous on galère, eux sont en ville et travaillent. Du coup c'est le bordel », se lamente-t-il.
Le règne de l'indifférence

Mais, par delà de ces éclairs d'indignation, le sentiment qui semble prédominer en ce 9 novembre est bien l'indifférence. Parmi les habitants qui ont bien voulu s'exprimer, une majorité n'a pas d'avis visible sur la question. « Pour moi ça va, je ne connais pas la politique », explique une dame souriante.

Plus direct, un homme carré d'épaules confie que les histoires d'élections, de recours et d'enquêtes ne lui inspirent rien d'intéressant. « Celui qui est passé est passé, le reste je m'en fous, du moment que j'ai la chasse et la pêche. »

Un détachement par rapport à la politique locale ou son influence sur la vie quotidienne qui se retrouve dans la bouche de beaucoup de ses concitoyens. Et cette lassitude n'épargne pas plus Hervé Robineau que son adversaire : « La politique ça ne m'intéresse pas. Si on change de maire ça sera la même chose. M. Robineau faudrait lui demander combien de fois il a assisté à la séance plénière de la CTG » martèle par exemple cet homme à la barbe naissante installé devant l'épicerie.

Jean-Paul Fereira, lui, se positionne au dessus de la mêlée. Il affirme n'avoir « pas de réaction particulière » devant le recours d'Hervé Robineau. Pour lui, il « faut laisser la procédure suivre son cours et le tribunal administratif tranchera ».

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