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POLITIQUE

Aimé Césaire dans les mémoires de Sarkozy

FXG Mardi 1 Septembre 2020 - 07h43
Aimé Césaire dans les mémoires de Sarkozy

L’ancien président de la République vient de publier aux éditions de l’Observatoire le premier tome de ses mémoires de chef d’État, Le temps des tempêtes. Un peu plus de cinq pages y sont consacrées à sa relation mouvementée avec Aimé Césaire.

 « J’appris le décès d’Aimé Césaire alors que je me trouvais à Paris. Je savais que la nouvelle serait ressentie comme un choc dans toutes les Antilles françaises et notamment en Martinique. » Ainsi débute le passage que Nicolas Sarkozy consacre dans son ouvrage tout juste sorti, « Le temps des tempêtes » au Nègre fondamental.

« J’ai immédiatement pensé à en faire un événement national. » En un peu plus de cinq pages, l’ancien président de la République revient sur sa relation avec l’ancien député maire de Fort-de-France, dont il avoue lui-même qu’elle avait mal commencé…

« En 2005, alors que j’étais ministre de l’Intérieur, il avait refusé de me rencontrer par la faute d’une loi dont un article évoquait, à la suite d’un amendement parlementaire, le rôle positif de la présence française outre?mer. » Nicolas Sarkozy parle alors d’une « balle perdue » dont il avait été le destinataire, « une occasion manquée, mais qui n’avait laissé aucune trace de mon côté, comme du sien ».

Quitte à s’arranger un peu avec l’histoire puisqu’il indique que dès l’année suivante, Aimé Césaire l’avait reçu chez lui… En fait la rencontre a eu lieu devant une myriade de journalistes tous entassés dans le bureau de Césaire, dans l’ancienne mairie de Fort-de-France. « Je l’admirais et lui savais gré de ne jamais avoir voulu de l’indépendance pour la Martinique, dont il disait qu’elle serait un déchirement et même une tragédie ! »

A sa mort, le président décide de lui offrir des obsèques nationales « qui n’avaient jusqu’à présent été accordées que pour trois écrivains : Victor Hugo, Paul Valéry et Colette ». Nicolas Sarkozy raconte alors la cérémonie dans le grand stade de Fort?de?France : « Je retrouvai à cette occasion Ségolène Royal, qui était en proie à une grande agitation et qui, s’adressant à moi, me dit sur ce ton péremptoire qui la rend si « sympathique » : « N’êtes?vous pas choqué, Monsieur le Président, que le préfet soit habillé en blanc pour une cérémonie d’enterrement ? » « Madame, sans doute l’ignorez?vous, mais le blanc est l’une des couleurs du deuil en Martinique ! »

Le passage s’achève par la panthéonisation de Césaire dont l’ancien président dit : « J’étais apaisé d’avoir pu mener à bien ce projet qui n’était rien de moins qu’un acte puissant d’unité nationale. » Mais surtout, il souligne que Césaire n’a pas protesté quand, à Dakar en 2007, il prononce cette phrase : « L’homme africain n’est pas assez rentré dans l’Histoire ». Sentence dont, de l’aveu même de Nicolas Sarkozy, il dit avoir souffert tout en rappelant : « Au premier Congrès international des écrivains et artistes noirs, (Césaire) martela ce cri : « Laissez entrer les peuples noirs sur la grande scène de l’histoire. »

Le tome 1 de ses mémoires s’arrête avant la crise de 2009 aux Antilles.
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