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ouest guyanais

« 1 500 à 2 000 logements informels construits par an »

Mercredi 18 Décembre 2019 - 03h10
 « 1 500 à 2 000 logements informels construits par an »
Sur le secteur des Vampires à Saint-Laurent du Maroni l'aménagement de 150 hectares à vocation plutôt résidentielle sont prévus dans le cadre de l'OIN / photo d'archives - EPFAG

La Guyane et plus particulièrement l’Ouest guyanais traversent une grave crise du logement. La pénurie foncière à laquelle contribue la construction des logements informels est au cœur de nombreux blocages. Décryptage.

Le préfet Marc Del Grande a officiellement déclaré la guerre aux squats. Et tandis que les expulsions s’enchaînent, les constructions spontanées restent la norme dans l’Ouest guyanais. Selon la dernière étude de l’Iedom, cette partie du département connaît un enjeu économique et social majeur. Ces habitants vivent en effet majoritairement sur des parcelles sans titre d’occupation. À Saint-Laurent, en 2015, le bâti spontané représente près de 60 % des constructions. Cette part monte à 62 % à Mana et est encore supérieure dans les communes de l’intérieur. Cette réalité a un impact sur les conditions de vie des populations. 35 % des logements ne sont pas raccordées à l’électricité et seuls 28 % des 19 200 logements le sont au tout à l’égout. L’étude relève cependant que seuls 26 % du bâti spontané de Saint-Laurent, et 16 % de celui de Mana se trouvent en secteurs potentiellement insalubres.

1300 demandes delogements sociaux

Ce phénomène de construction spontanée doit être correllé avec la crise du logement. En 2016, la CCOG (communauté de communes de l’Ouest guyanais) ne bénéficiait que de 25 logements sociaux pour 1 000 habitants, contre 64 pour 1 000 en moyenne sur l’ensemble de la Guyane. Cette faible disponibilité de logements provoque forcément des liste d’attente à rallonge : en 2017, sur 1 459 demandes, 211 logements sociaux ont été attribués. Alors que la population de l’Ouest double tous les dix ans environ, 600 logements formels sont construits par an. Pour combler le déficit l’étude indique qu’environ 1 500 à 2 000 logements informels sortent de terre chaque année. Parallèlement, les communautés amérindiennes et bushinengué construisent traditionnellement elles-mêmes leurs maisons. « Ce mode de production non déclaré continue de se substituer en grande partie à l’activité formelle », souligne l’étude. Pour s’adapter à cette réalité culturelle, l’année prochaine un Organisme de foncier solidaire (OFS) doit voir le jour et visera à accompagner des projets d’autoconstruction en lien avec les habitants.

Peu de chantiers de logements privés

En parallèle, les entreprises du BTP se consacrent principalement à la réalisation de commandes publiques et de résidences prêtes à la location pour les bailleurs sociaux. Elles sont en revanche peu présentes sur le marché de la construction de logements privés. « Aux dires des experts, elles feraient face à la concurrence des entrepreneurs informels qui profitent de la situation frontalière pour les matériaux, comme pour la main-d’œuvre. Les entreprises du BTP subissent aussi des coûts de gardiennage des terrains, nécessaires pour empêcher leur occupation illégale », souligne l’étude.

Une mission foncière intégrée

L’occupation informelle contribue aussi à la pénurie de foncier sur un territoire détenu à 99 % par l’État. « Tous les acteurs nous disent avoir du mal à savoir comment faire pour obtenir un terrain et à avoir de la visibilité sur un calendrier », souligne David Fardel, responsable du service des études économiques à l’Iedom. Pour fluidifier l’attribution de foncier, des comités techniques de cession onéreuse (CTCO) devraient se mettre en place. Une mission foncière intégrée doit également voir le jour au 1er janvier, dans le cadre de la réforme de l’organisation territoriale de l’État en Guyane. Les services déconcentrés de l’État seront regroupés en grandes directions dès janvier 2020 et installés partiellement à Saint-Laurent. Cette mission foncière intégrée sera notamment chargée de transférer 400 000 hectares de parcelles aux communautés autochtones et 250 000 aux collectivités locales.

Angélique GROS

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