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Supercoupe d'Espagne: une finale saoudienne entre liesse et critiques

Dimanche 12 janvier 2020
Supercoupe d'Espagne: une finale saoudienne entre liesse et critiques
Un spectateur tente d'approcher la star du Barça Lionel Messi après la demi-finale de Supercoupe d'Espagne contre l'Atlético Madrid, le 9 janvier 2020 à Jeddah (Arabie Saoudite) - Giuseppe CACACE (AFP/Archives)

Des stades remplis, des supporters locaux conquis... La Supercoupe d'Espagne, organisée pour la première fois en Arabie saoudite, a attiré de nombreux fans, heureux d'apercevoir Lionel Messi et consorts. Mais les controverses n'ont pas manqué dans un pays critiqué par les défenseurs des droits humains.

Remodelée cette année sous la forme d'une "finale à quatre" et déplacée au mois de janvier, la Supercoupe a suscité un enthousiasme incontestable sur les rives de la mer Rouge, où les amateurs de football ont pu voir jouer à Jeddah, pour beaucoup pour la première fois en vrai, des vedettes comme Messi, Antoine Griezmann(FC Barcelone), James Rodriguez ou Luka Modric (Real Madrid).

Vêtus aux couleurs de leurs équipes favorites, principalement le Real et le Barça, rompus à la "ola" (vague de supporters dans les gradins) et s'extasiant devant la superstar Messi, les spectateurs ont rempli les 62.000 places du stade Roi-Abdallah pour la demi-finale entre l'Atlético et le Barça, jeudi (3-2).

Alors que la veille, pour la première demi-finale entre le Real Madrid et Valence (3-1), seulement la moitié des places du stade Roi-Abdallah avaient trouvé preneur.

"Voir le Barça ici, c'est un rêve devenu réalité", a confié Reem, jeune supportrice locale d'une vingtaine d'années, avec son maillot blaugrana dissimulé sous la traditionnelle abaya, sorte de tunique longue couvrant l'ensemble du corps à l'exception du visage, des pieds et des mains.

- Guichets fermés -

Dimanche, pour le dénouement de cette compétition transformée par la Fédération espagnole de football (RFEF) pour la rendre plus attractive, les organisateurs attendaient encore un match à guichets fermés.

"Nous faisons partie d'une industrie, celle du football, qui cherche des sources de revenus. C'est pour cela que nous sommes ici", a convenu l'entraîneur du Barça Ernesto Valverde, en conférence de presse.

Selon la presse espagnole, l'Arabie Saoudite a accepté de verser 120 millions d'euros pour pouvoir héberger la Supercoupe d'Espagne jusqu'en 2022, répartis ensuite entre la RFEF et les clubs participants.

Ces bénéfices "aideront les clubs de troisième et quatrième divisions et le football féminin" en Espagne, avait détaillé le président de la RFEF, Luis Rubiales, lors de l'annonce de la délocalisation du trophée.

Critiqué pour ce choix, Rubiales s'est défendu en invoquant la redistribution des revenus, et le fait que ce déménagement va contribuer à changer la société saoudienne, surtout en ce qui concerne les droits des femmes.

Dans un royaume ultraconservateur où les femmes ne peuvent entrer dans un stade pour assister à un match de football que depuis deux ans, femmes et hommes ont pu s'asseoir côte-à-côte pendant cette Supercoupe, comme exigé par la RFEF.

- Bémol espagnol -

Reste à savoir si ce coup de projecteur sportif aura des effets après la fin du tournoi, alors que le pays vient de lancer une grande campagne de réformes économiques et sociales impulsée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, en autorisant par exemple les femmes à conduire ou à demander un passeport sans l'aval d'un tuteur masculin.

Ces réformes ont été saluées par les ONG mais celles-ci dénoncent la répression des voix dissidentes qui les ont accompagnées, en particulier des activistes féministes toujours en détention.

L'Arabie saoudite s'appuie depuis quelques années sur le sport pour améliorer son image. Elle organise depuis l'an dernier une course de Formule Electrique et le rallye Dakar s'y déroule depuis le 5 janvier.

"C'est très bien que la Supercoupe se joue ici. C'est bon pour le pays. On est un peu plus vu (par le monde entier)", savoure Mohamed Hossem, 28 ans et "aficionado" de l'Atlético Madrid, heureux de revoir jouer sur ses terres une équipe qu'il avait vu évoluer dans le vieux stade Vicente-Calderon à Madrid, aujourd'hui démoli.

Une grande fête pour les Saoudiens, un gros bémol pour les Espagnols: l'éloignement de la Supercoupe, à plus de 6.400 kilomètres et 10 heures de vol de Madrid, n'a pas convaincu les supporters espagnols.

Une centaine d'entre eux seulement (les quatre clubs mélangés), a déboursé les quelques 3.000 euros nécessaires pour s'offrir un voyage à Jeddah, hôte de leurs équipes favorites pour une semaine, juste après les fêtes de fin d'année.

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