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Stade de France : l'Etat enterre la concession actuelle et veut impliquer les fédérations

Samedi 28 septembre 2019
Stade de France : l'Etat enterre la concession actuelle et veut impliquer les fédérations
L'Etat, propriétaire du Stade de France, n'entend pas prolonger la concession d'exploitation avec le consortium formé par Vinci et Bouygues après 2025 annonce le ministère des sports le 27 septembre 2019 - Kenzo TRIBOUILLARD (AFP/Archives)

L'État, propriétaire du Stade de France, n'entend pas prolonger après 2025 le contrat critiqué qui le lie à un consortium privé pour son exploitation et a de nouveau tendu la perche aux fédérations de foot et de rugby pour trouver un nouveau modèle.

"La décision a été prise et arrêtée de ne pas renouveler la concession actuelle", a annoncé la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, lors d'un point-presse sur le budget 2020.

"Rien de nouveau sous le soleil. Personne ne veut renouveler la concession telle qu'elle existe", lui a répondu la directrice générale du Consortium Stade de France, Alexandra Boutelier, dans un entretien à l'AFP.

Cette annonce n'est pas une surprise, tant le marché initial avait été jugé défavorable aux finances publiques. Conclu le 29 avril 1995, entre les deux tours de la présidentielle, ce contrat entre l’État et le Consortium Stade de France, formé par les géants de la construction Vinci et Bouygues, prévoyait que ce dernier bâtisse l'enceinte en échange d'une concession sur 30 ans.

Mais l'État, qui avait investi 191 millions d'euros sur les 361 qu'ont coûté le stade, a dû verser pendant des années l'équivalent de 115 millions d'euros au consortium, en guise d'indemnité pour absence de club résident.

Car le vaisseau de Saint-Denis, où les Bleus de Zidane ont remporté leur première Coupe du monde de football en 1998, n'a jamais trouvé une équipe à sa taille et l'enceinte accueille une moyenne de 20 à 30 événements par an. Au total, les dépenses publiques se sont élevées à 778 millions d'euros depuis 1995, notait la Cour des comptes fin 2018.

- pas d'offre d'achat -

Le modèle économique du Stade de France est également critiqué pour son éclatement entre différents acteurs aux intérêts divergents: l'État, le consortium qui l'exploite et ses utilisateurs, fédérations de foot et de rugby ou organisateurs de concert.

Une étude commandée par l’État aux cabinets Roland Berger et Wavestone, que le ministère a diffusée vendredi, plaide pour un modèle plus intégré, en citant Wembley, propriété de la fédération anglaise de football, ou celle de rugby à Twickenham.

"La solution privilégiée, c'est de confier la concession à un privé associé aux fédérations", nuance-t-on au cabinet de Roxana Maracineanu.

"Le modèle, on l'a en tête", explique aussi la DG du Consortium à l'AFP. "Le foot et le rugby sont incontournables, il faut des concerts, de la production propre et de l'esport". "Nous restons ouverts à la discussion", a ajouté Mme Boutelier.

Mais les fédérations sont-elles vraiment intéressées? Une entrée au capital du Stade de France figurait dans le programme de Bernard Laporte pour être élu à la fédération de rugby en 2016. Mais "les ressources que l'on dégage, elles ont vocation à financer le rugby, pas un éventuel déficit d'exploitation" de l'enceinte dionysienne, prévenait le trésorier de la FFR, Alexandre Martinez, dans un entretien à l'AFP début 2018. Quant à la fédération française de foot, elle s'est toujours montrée prudente sur le sujet.

Dans cette perspective de négociation avec les fédérations, l'Etat laisse la porte ouverte à une vente pure et simple du Stade de France, après les JO. Encore faut-il qu'il y ait un acheteur. "Pour l'instant, il n'y a pas eu d'offre", reconnaît-on au cabinet de Roxana Maracineanu.

Le ministère a indiqué vendredi qu'une "mise en concurrence" serait "probablement lancée en 2022", mais le futur modèle de gestion n'est donc pas encore décidé, alors qu'en novembre 2018, le gouvernement promettait de statuer sur ces "grands principes" d'ici fin 2019.

"Nous ne sommes pas dans l'urgence", a temporisé Roxana Maracineanu.

Le choix se pose alors que le Stade de France sera au cœur des Jeux olympiques de Paris-2024. Dans cette perspective, le consortium avait proposé à l'Etat une rénovation XXL de l'enceinte, vieillissante, à hauteur de 450 millions d'euros, en promettant de sortir le chéquier dans le cadre d'une poursuite de la concession.

Le gouvernement avait déjà décliné cette offre de chantier jugé pharaonique. L'État a prévu d'investir 50 millions d'euros pour rafraîchir l'enceinte d'ici 2024.

"En 2025, il faudra rénover le Stade de France si on veut en refaire un stade emblématique", assure Alexandra Boutelier. "Si ce n'est pas avec l'argent de l'Etat, il faut que ce soit quelqu'un d'autre et il faut que le modèle lui permette d'amortir son investissement", a-t-elle ajouté.

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