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Mondiaux de ski: le périple de Mia Clerc

Mardi 12 février 2019
Mondiaux de ski: le périple de Mia Clerc
La skieuse malgache de 17 ans Mia Clerc lors des Mondiaux d'Are le 11 février 2019 - Fabrice COFFRINI (AFP)

Prendre l'avion à Genève pour Zürich, un autre pour Stockholm, puis Ostersund en Suède. Louer une voiture pour Are (100 km). Skier une semaine aux Mondiaux, rouler jusqu'à Stockholm (700 km), s'envoler pour Vienne, puis Innsbruck (Autriche) pour attraper un minibus direction Val di Fassa (Italie) et les Mondiaux juniors.

Bienvenue dans la vie de Mia Clerc, 17 ans, skieuse de haut niveau en devenir, haut-savoyarde née à Madagascar dont elle porte les couleurs en compétition, comme jeudi sur le géant des Mondiaux d'Are en Suède.

"Je veux progresser, et un jour peut-être faire des podiums en Coupe du monde, avoir des médailles aux jeux Olympiques", ambitionne la petite et souriante Mia, au coeur d'une véritable entreprise familiale.

Mia, pour Mialitiana, est née à Madagascar et a grandi à La Roche-sur-Foron près d'Annecy, adoptée par les Clerc, Sylvie et Stéphane. Elle monte sur les skis à 3 ans, commence la compétition à 9, et se lance dans une folle aventure à l'adolescence: quitter le giron des pôles de performance, qui mènent quelques heureux élus à l'équipe de France, et se lancer sur le circuit international.

C'est le début d'une vie de bohème, toujours dans un avion ou sur les routes, skis sur l'épaule, pour voguer de compétitions en entraînements avec ses parents ou son entraîneur.

- Trouver 60.000€ par an -

Le coach Benoît Jagot, ancien skieur de 27 ans qui a goûté au haut-niveau, joue aussi le rôle de chauffeur, technicien, logisticien: il est devenu un maître des sites de comparateurs de voyages.

"Il faut chercher l'aéroport le plus simple, le vol le moins cher, faire attention à la distance par rapport à la piste, à la nourriture, à la présence d'une salle à l'hôtel pour farter les skis", détaille Benoît, qui use de son réseau pour se faire recommander des bons plans.

"La logistique prend tellement de temps. On planifie à l'avance mais ce n'est jamais fini!"

Stéphane, le papa passionné de ski, c'est le manager de la petite entreprise familiale. Il y passe ses soirées et ses week-ends. Sa mission: trouver 60.000€, le coût d'une saison. Salomon fournit du matériel, et après quelques sponsors, il reste environ 24.000€ à payer chaque année.

"On est pas là pour s'amuser, le côté c'est Madagascar, c'est cool, non merci. On veut montrer ce que l'on sait faire, assure ce quadra sportif qui travaille dans l'horlogerie en Suisse.

Avec son niveau actuel, encore à quelques secondes des meilleures skieuses du monde, Mia ne pourrait pas participer aux Mondiaux avec la France. Elle bataille la plupart du temps sur des "courses FIS", la 3e division du ski, mais son parcours de vie, avec son passeport malgache, lui permet d'accéder aux plus grands évènements.

Elle était ainsi porte-drapeau aux derniers Jeux de Pyeongchang, à 16 ans seulement. "J'étais stressée parce que beaucoup de monde nous regardait, dans le stade et à la TV", sourit Mia.

- "Se donner le temps" -

"Je vis ce projet avec beaucoup de passion, relance Stéphane, le regard plein d'admiration pour sa fille lorsque l'AFP les a rencontrés en décembre à Courchevel. Je savais que ca allait nous coûter de l'argent, mais on prend du plaisir. Passer 3 semaines aux JO avec ma fille ca n'a pas de prix. La cérémonie d'ouverture dans le stade avec le drapeau ça marque à vie. Rien que d'en parler ca me donne des frissons."

Mia a quitté l'école et suit sa terminale STG avec le CNED (Centre national d'enseignement à distance): sa maman veille à ce que les cours soient bien suivis, à la maison ou en déplacement.

Le reste du temps, Mia progresse sur les skis. Avec son entraîneur, ils sont facilement acceptés par des plus grandes nations pour partager des séances d'entraînement.

"Quasiment aucune équipe ne nous dit non. Une athlète seule ca ne gène pas. Et puis avec moi ça fait un coach en plus pour tracer la piste, pour bosser", explique Benoît.

"La plus grande force du projet c'est qu'on se donne le temps et les moyens, il n'y a pas de couperet, de pression. En France ou en Autriche, les couperets c'est tous les ans. Pour leurs athlètes, chaque année peut être la dernière".

"Mia travaille très dur", admire-t-il. Et ce n'est que le début de la route.

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