France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Mondial 2019: Etats-Unis, des footballeuses ne devraient pas dire ça ?

Vendredi 05 juillet 2019
Mondial 2019: Etats-Unis, des footballeuses ne devraient pas dire ça ?
L'attaquante américaine Megan Rapinoe avant la demi-finale du Mondial face à l'Angleterre, à Decines-Charpieu, le 2 juillet 2019 - FRANCK FIFE (AFP/Archives)

Quand l'attaquante Megan Rapinoe dit qu'elle n'ira "pas à la p.... de Maison Blanche", Donald Trump lui répond "Megan devrait d'abord GAGNER avant de PARLER". Alors quand les championnes du monde en titre s'engagent, sont-elles dans leur rôle ?

Dans les rues de Lyon, où près de 20.000 Américains ont fait le déplacement pour les soutenir dimanche en finale de la Coupe du monde contre les Pays-Bas, Rapinoe fait carton plein.

"J'adore son football, ses buts et son militantisme", dit Heather Hartshorn. "Je pense qu'on peut dire que le score est Rapinoe 5 - Trump 0. Elle a marqué cinq fois (depuis le début du Mondial, ndlr), Trump pas", enchaîne Julia Leighton.

Même le sélectionneur anglais, Phil Neville, tout en précisant qu'il ne préfère pas s'engager politiquement, a avoué l'admirer parce qu'elle "dit ce qu'elle pense sur tant de sujets, le combat pour l'égalité, la diversité, l'inclusion".

Avec ses cheveux roses, ses tatouages, Megan Rapinoe boycotte l'hymne américain pour protester contre les violences policières visant les Noirs, est une militante LGBT assumée et estime que le président américain ne "se bat pas pour les mêmes choses que nous".

"Le football (soccer) en général est probablement plus démocrate. Car je pense que les Démocrates sont plus ouverts au reste du monde que les Républicains qui vont préférer le baseball ou le football américain, les sports traditionnels", avance Calvin, rencontré sur la Place Bellecour à Lyon.

- Consensuelle -

"Aux Etats-Unis, le soccer est plutôt un sport de riche, universitaire, cosmopolite. Pour la droite dure, c'est un sport non-américain", analyse Peter Marquis, enseignant-chercheur à l'université de Rouen en histoire des Etats-Unis et spécialiste des sports américains.

Et pour lui, le type d'activisme de Megan Rapinoe ou d'autres plus discrets comme celui de la superstar Alex Morgan "n'est pas repoussant mais offre l'adhésion". Pourquoi ? Parce qu'en réalité, il est assez consensuel.

"Ce n'est pas très courageux d'être anti-Trump aujourd'hui aux Etats-Unis", fait-il remarquer. Et puis, dans le cas de Megan Rapinoe, "son activisme est compatible avec le système: elle défend les minorités, les droits des femmes à être payées comme les hommes mais elle ne remet par en cause le système capitaliste", poursuit l'enseignant-chercheur.

Elle est sponsorisée par de grosses multinationales comme Nike ou Visa. "La vraie athlète rebelle, c'est celle qui refuse", estime-t-il.

- Plainte pour l'égalité salariale -

Les footballeuses américaines dans leurs prises de positions marchent donc sur une ligne de crête pour se faire entendre et ça marche. Le 8 mars, lors de la journée internationale des droits des femmes, 28 joueuses ont porté plainte contre leur Fédération pour discrimination devant un tribunal de Los Angeles afin de réclamer l'égalité salariale.

Et il y a quelques jours, la presse apprenait que la Fédération américaine de football (USSF) et les joueuses vont entamer une médiation sur le sujet.

"Nous pensons que se battre pour l'égalité hommes-femmes est une de nos responsabilités. En tant que joueuses, nous méritons d'être payées de la même manière pour notre travail, quel que soit notre sexe", disait en mars Alex Morgan.

En Europe, pour l'instant, les joueuses restent beaucoup plus timides à l'exception peut-être de la superstar norvégienne Ada Hegerberg de l'Olympique lyonnais. La "serial buteuse" de 23 ans a osé plusieurs fois manifester son agacement notamment face à sa sélection nationale qui, selon elle, n'a jamais pris la sélection féminine au sérieux. Et elle s'est même mise en retrait de l'équipe norvégienne (battue en quart dans ce Mondial) depuis le fiasco de l'Euro-2017.

Et les langues se délient plutôt chez les anciennes. "On ne nous donne pas grand chose et on dit merci", reconnaît Candice Prévost, une ex du PSG.

Alors ce Mondial en France, qui a battu des records d'audience dans de nombreux pays, aura-t-il permis de faire avancer la lutte contre le sexisme dans le sport et la lutte contre les inégalités ?

"Les représentations changent grâce à des figures comme ça", estime Peter Marquis. Aussi parce qu'elles sont très douées sur le terrain, elles permettent "de battre en brèche cette idée que la femme est inférieure car physiquement inférieure".

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
A la une