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Boxe: Cissokho, tête pleine et poings d'acier

Vendredi 08 février 2019
Boxe: Cissokho, tête pleine et poings d'acier
Le boxeur français Souleymane Cissokho lors de son combat contre Daniel Vege Cota, à Boulogne-Billancourt, le 10 mars 2018 - STEPHANE DE SAKUTIN (AFP/Archives)

Les clichés sur la boxe ont la vie dure mais Souleymane Cissokho, en lice samedi à Paris pour un titre de champion de France des super-welters, s'échine à les combattre aussi férocement que ses adversaires sur un ring.

La voix est douce et posée, le sourire n'est jamais loin: le natif de Dakar (27 ans, 7 victoires en 7 combats, dont 5 avant la limite) est à mille lieux de l'image qui colle aux basques des pugilistes. Pas d'arrogance dans le propos ni de provocation gratuite, il respire le calme et la sérénité. L'ambition est intacte avec la quête d'une ceinture mondiale d'ici deux ans, mais pour Cissokho, patron d'une société de promotion et étudiant en Master de droit du sport à Paris-I, il n'y a pas que la boxe dans la vie.

Pas vraiment une surprise pour ceux qui avaient découvert le personnage en 2016 aux Jeux olympiques de Rio. Capitaine de l'équipe de France, baptisée à l'époque la "Team Solide", celui qui a grandi dans le 19e arrondissement de Paris était revenu du Brésil avec une médaille de bronze, l'une des six récoltées par les Bleus lors de cette quinzaine faste. Moins médiatisé que le couple en or des JO Tony Yoka-Estelle Mossely, Cissokho était pourtant le leader de cette joyeuse bande sur qui repose désormais une bonne partie de l'avenir de la boxe en France.

Deux ans et demi plus tard avec le passage au professionnalisme, son environnement a changé. Comme Yoka, qui purge jusqu'en juillet une suspension d'un an pour trois "no show" lors de contrôles antidopage inopinés, Cissokho s'entraîne aux Etats-Unis, près de San Francisco, sous les ordres du prestigieux Virgil Hunter. Mais le discours est resté le même.

- 'Respect' -

"La boxe véhicule des valeurs de respect, clame Cissokho à l'AFP. Cela nous permet de gagner en confiance, en concentration, il faut une rigueur personnelle, une hygiène de vie. Il faut aller au-delà des stéréotypes, la boxe ce n'est pas un sport brutal où les mecs se donnent des coups. C'est un sport où on doit beaucoup réfléchir."

Mêler de concert études et sport de haut niveau semble une gageure, surtout dans un univers aussi impitoyable que la boxe professionnelle mais pour Cissokho, il faut se débarrasser des "idées reçues".

"La boxe a beaucoup évolué. Dans le groupe olympique de 2016, Estelle Mossely est ingénieure, Sarah Ourahmoune a fait Sciences Po, de nombreux boxeurs arrivent à mener ce double projet", rappelle-t-il.

Il reconnaît cependant qu'il a dû "mettre en pause" son Master de droit du sport en raison de son agenda chargé de boxeur mais "c'est toujours d'actualité", tient-il à préciser.

"Pour moi, c'est super important de l'avoir, c'est mon titre de champion du monde au niveau des études. Je vais essayer d'aller au bout", explique-t-il.

- 'Etape par étape' -

Avant de reprendre le chemin de la fac, il y a toutefois un premier titre chez les pros et une couronne de champion de France à conquérir face au vétéran Romain Garofalo (36 ans, 17 combats, 3 défaites). Un défi largement à sa portée, même après huit mois de coupure en raison d'une opération à l'épaule en septembre, mais un passage obligé, selon lui, dans sa progression vers les sommets mondiaux.

"Je pense qu'il faut faire étape par étape et c'est toujours bien d'être champion de son pays, indique-t-il. Je veux monter crescendo. Pour moi, cette année doit être celle des titres."

Sous les ordres de Virgil Hunter, Cissokho n'a rien négligé durant sa préparation américaine, mettant même les gants avec un cador de la trempe d'Amir Khan, qui défiera en avril l'Américain Terence Crawford pour le Championnat WBO des welters. Typiquement le genre d'affiche qui fait saliver le Parisien, déjà ébahi par la performance de Nordine Oubaali, devenu en janvier à Las Vegas champion WBC des coq et seul Tricolore détenteur d'une ceinture mondiale.

"Il a montré que nous les Français on était là, qu'on n'avait rien à envier aux autres", lance-t-il.

Même le puissant Américain Jarrett Hurd qui domine sa catégorie "ne l'impressionne pas". Paroles de capitaine.

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