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Saint-Laurent du Maroni

L’emplacement de la future cité judiciaire de Saint-Laurent du Maroni suscite des remous

Samuel Zralos Vendredi 2 Octobre 2020 - 19h03
L’emplacement de la future cité judiciaire de Saint-Laurent du Maroni suscite des remous
A Margot, le panneau d'enquête publique (à gauche), indique l'arrivée prochaine de la cité judiciaire. - Samuel Zralos

Alors que l’ensemble prison et tribunal de l’Ouest, promesse des Accords de 2017, doit s’installer  crique Margot, à quelques kilomètres de l’entrée de Saint-Laurent, un collectifs d’habitants des alentours s’oppose à ce choix de lieu.

Au carrefour Margot, à l’intersection de la RN1 et de la RD9, qui mène à Mana, un panneau d’enquête publique guette les voitures depuis le bas-côté. Il annonce aux habitants et aux éventuels curieux l’installation prochaine de la cité judiciaire de Saint-Laurent du Maroni à proximité. Le lieu a été sélectionné pour plusieurs raisons, explique Sébastien Faure, directeur opérationnel à l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (Apij), organisme en charge de la décision. « Le point central est la prison, il fallait qu’elle ne soit pas en centre ville », commence-t-il. Les autorités avaient aussi besoin d’un « terrain relativement plat », qui soit « à côté d'une route », pour un transport de prisonniers et un accès plus aisés. Ce qui impliquait d’après lui « finalement, soit une entrée soit une périphérie de la ville ».

Doivent êtres installés, sur 25 hectares un palais de justice, un centre pénitentiaire d’une capacité de 500 places ainsi que les équipes des Services pénitentiaires d'insertion et de probation (Spip) et de la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ). Une arrivée au budget de 166 millions d’euros, pour réunir prison et tribunal, afin de réduire tant les coûts que la complexité logistique du transport de prisonniers sur des distances moyennes.

Sauf qu’un collectif d’habitants de la zone, le Conseil de Margot, s’oppose à ce choix. Ils estiment qu’une « cité judiciaire à l’entrée de Saint-Laurent du Maroni, c’est un mauvais message » envoyé à la « jeunesse ». « Vous pouvez en construire autant que vous pouvez, du moment que ce n’est pas à l’entrée de la ville », confie Lorenzo, porte-parole du collectif. Aux yeux de la trentaine d’habitants qu’il représente, « le carrefour Margot est un bel endroit, plein de potentiel pour accueillir plein de projets novateurs, mais pas celui-ci ». Un lieu reculé, loin de la population, leur paraît plus judicieux.
Six sites étudiées

Six localisations possibles ont déjà été examinées avant que le choix des autorités ne se porte sur la crique Margot, argumente Sébastien Faure. Trois ont été rapidement écartées : la zone Lac bleu/Balate, trop éloignée de la route et trop proche d’une zone d’usage collectif ; la zone des Malgaches, en raison du projet de port industriel, et celle des Vampires, à cause du château d'eau en surplomb, qui aurait pu permettre de voir l’intérieur de la prison, et de son caractère très fortement boisé et relativement vallonné.

Sont restés en lice la Zac Saint-Maurice, la zone du lycée Raymond Tarcy et, donc, la crique Margot. Le premier endroit est un espace naturel, la moitié de la zone observée appartient à l’Office national des forêts (ONF) et est en partie inondable. De plus, « de nombreuses occupations » sont situées à proximité. Le deuxième présente l’inconvénient majeur d’être, justement, à coté l’un des trois lycées de Saint-Laurent. Ne restait donc plus, d’après l’Apij, que le site de Margot, celui qui possède le plus d’avantages par rapport aux critères des autorités. Un emplacement « officiellement inhabité ».
Trois familles en cours de relogement

Officiellement seulement, puisque des habitations informelles sont installées sur le terrain de la prison prospective. Des familles forcément poussées au départ par les autorités, pour pouvoir débuter les travaux. Le conseil de Margot s’en émeut et accuse l’Etat d’avoir « expulsé trois familles de la zone ». Des expulsions que conteste fermement Yves Dareau, sous-préfet de Saint-Laurent du Maroni. Les trois familles concernées sont « des occupants sans droits ni titre », annonce-t-il en préambule. Conformément à la loi, elles ont fait l’objet d’une « approche » et de « négociations », affirme-t-il ensuite, « pour voir comment ils allaient être délocalisés, avec indemnisation » et « des solutions ont été trouvées et acceptées ».

Dans le détail, le premier occupant, un homme d’âge mur, s’est vu d’après le sous-préfet « proposer et accepter un logement social sur Saint-Laurent du Maroni », son indemnité de départ ayant été utilisée comme fonds de garantie pour se faire. Le deuxième habitant, présenté comme herboriste, a obtenu un terrain « le long de la RD9 ». Yves Dareau concède une « incompréhension sur les plans » révélée après l’accord : l’homme aurait à tort cru récupérer un terrain beaucoup plus important que celui qui lui a été donné. « Un bornage est actuellement effectué pour éviter toute incompréhension », assure le représentant de l’Etat.

Enfin, une famille exploitait sur la zone un terrain agricole et vivait dans un terrain « à cheval sur l’emprise de la cité judiciaire ». Ils ont accepté, à l’achat, un terrain sur la RD9, mais « le terrain a été inondé en juin, dont ils sont revenus me voir », détaille le sous-préfet. L’administration a alors « fait un busage » pour que la parcelle soit « praticable agronomiquement ». Un conseiller est à présent censé déterminer si le lieu est exploitable selon les souhaits de la famille. Dans le cas contraire, l’Etablissement public foncier et d’aménagement de la Guyane (Epfag) « s’est engagé à proposer d’autres terrain plus en adéquation » avec le contrat passé entre l’Etat et cette famille. Les négociations sont toujours en cours.

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