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Une marche blanche avait lieu ce matin dans les rues de Cayenne

Karina : un hommage sobre et solennel

Stéphane HESPEL Jeudi 4 Juin 2020 - 12h30
Karina : un hommage sobre et solennel
En tête de cortège, derrière la banderole, la maire de Cayenne (sur la droite), aux côtés de Neuza de Souza Gama, la maman de Karina. - Photo SH

Un cortège composé d'une dizaine de personnes derrière une banderole à l'effigie de Karina, 25 ans, morte le mois dernier dans des circonstances dramatiques et dont le corps a été retrouvé du côté de Cacao, et une file comprenant une cinquantaine de voitures, ont rendu ce matin un hommage sobre et solennel à la jeune femme et à toutes les victimes de féminicides et de violences conjugales.

« Toute la famille réclame que la justice soit faite pour Karine et toutes les autres femmes victimes de violence ». C'est le message qu'ont voulu faire passer ce matin Marcela, Talita, Rania, Læticia et Selma. Ce groupe de femmes est à l'origine de la marche blanche de ce matin qui s'est déroulée dans les rues de Cayenne, à partir de 9 heures. Le cortège est parti de l'avenue Mandela pour ensuite rejoindre l'hôtel de ville.

Aux côtés de Neuza de Souza Gama, la maman de la jeune Karina, enceinte de quelques mois, retrouvée morte dans des circonstances horribles, le mois dernier, du côté de Cacao, une dizaine de personnes, venues partager sa souffrance et lui apporter son soutien. En raison du contexte sanitaire lié à l'épidémie de Covid-19, seul un petit groupe était autorisé derrière la banderole en tête de cortège. Le reste des participants suivait dans les voitures qui ont roulé au pas, feux de détresse allumés, au son des klaxons.
Au passage de la marche blanche, plusieurs visages, plusieurs témoignages de soutien à Karina, et un silence respectueux face à la douleur endurée par la famille et les proches. - Photos DR & SH
« Les violences conjuguales n'ont
pas cessé »
« C'est une cause qu'il faut défendre, mais pas seulement en Guyane, a indiqué avant le début de la marche le maire, Marie-Laure Phinéra Horth. L'élue a tout fait pour que cette marche ait lieu, en prenant la responsabilité auprès du préfet. « Nous voulions accompagner la famille dans le deuil de cette mort atroce. Et montrer ainsi notre soutien à la maman et aux proches. « Il ne faut pas aussi oublier que, pendant la période actuelle de crise sanitaire, que les violences conjugales n'ont pas cessé. Il faut encore sensibiliser la population. »

« Peu de personnes ont réellement pu participer à cette marche. Mais c'était difficile, poursuit une des cousines de la victime, Laeticia. Mais beaucoup, grâce notamment aux réseaux sociaux, nous ont apporté leur soutien. Venu lui aussi ce matin, Romulo Pereira, frère d'une autre victime de violences, Camila, retrouvée morte au Larivot, il y a plusieurs années, dans des circonstances tout aussi atroces, voulait lui aussi apporter son soutien à la famille. « Il faut que l'homme qui a fait ça paye. Que la justice soit faite et qu'il aille en prison. »
Un arrêt symblique devant
le palais de justice
Le cortège a interrompu son parcours devant la mairie de Cayenne, non sans avoir stoppé sa marche en avant durant quelques minutes devant le palais de justice de Cayenne. Un arrêt symbolique, pendant lequel, les regards se sont à nouveau croisés et des gestes de réconfort ont pu être  constatés à l'égard de la maman de Karina.
Dans le bureau du maire, Jérôme Gay, avocat qui représente les intérêts de la victime et de sa mère, a expliqué que " tout humain raisonnable est, dans de telles circonstances, un peu féministe. " - Photo SH


Dans son bureau, Marie-Laure Phinéra Horth, face à une mère, par moment, en sanglots, a rappelé combien il est important d'apporter son soutien à Neuza de Souza Gama. « Toutes les femmes sont avec vous. Il faut respecter les femmes, les soigner. J'éprouve les mêmes sentiments que vous, je suis aussi mère. On est pareil. Ce n'est pas normal qu'on finisse sa vie ainsi. »
Et Leslie Porte, directrice de l'association L'Arbre fromager, présente ce matin au même titre que d'autres structures locales, d'insister, en s'adressant à la famille de Karina que, ce sont « les femmes qui sont là aujourd'hui qui sont extraordinaires. Ce sont elles qui vivent ça. Tous les jours, des femmes résistent et elles ont le courage d'essayer de s'en sortir. » A la sortie de la mairie, le cortège a effectué un dernier tour de la place des Palmistes.

Pour rappel, on apprenait hier que le procureur de la République a ouvert une information judiciaire pour meurtre, la semaine dernière. Deux juges d’instruction ont été saisis pour coordonner le dossier et la section de recherche de la gendarmerie de Cayenne a mobilisé un groupe d’enquêteurs.

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