• Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
GUYANE

Jugé aux assises pour empoisonnement, viols et séquestration

Samir MATHIEU Mardi 8 Septembre 2020 - 15h09
Jugé aux assises pour empoisonnement, viols et séquestration
Le verdict est attendu vendredi pour ce premier procès aux assises de la rentrée judiciaire. - DR

 La 9e session des assises de la Guyane s'est ouverte ce mardi avec un procès où l'accusé est jugé pour le crime d'empoisonnement et pour deux viols, envers sa compagne, qui avait 15 ans au moment des faits. Des faits qui remontent à décembre 2017.

 Un procès pour empoisonnement, viols et séquestration a démarré ce mardi en ouverture de la 9e session d'assises de Guyane de l'année. Le procès a démarré avec un jour de retard car lundi, il manquait bon nombre de jurés. Seuls 15 jurés sur 40 convoqués avaient fait le déplacement pour cette session d'assises. Ce mardi, le nombre de jurés étaient suffisant et donc le procès a pu démarrer. 

Une fois n'est pas coûtume, ce procès ne traite pas d'un meurtre ou d'un assassinat, mais d'un empoisonnement et de séquestration  et viols. Les faits présumés remontent au mois de décembre 2017 et se déroulent en deux temps. Le 12 décembre 2017, une jeune femme de 15 ans porte plainte à la gendarmerie de Saint-Laurent pour deux viols qu'elle affirme avoir subi dans la journée de la part de son ex-compagnon, père de leur bébé de deux mois. Trois jours plus tard, l'ex-compagnon se rend à la PMI (Protection maternelle et infantile) de Saint-Laurent. Il entre sous une fausse identité et se rend dans la pièce où se trouve la mère de son enfant et l'asperge et tente de la forcer à avaler du paraquat.  Il s'agit d'un puissant herbicide, mortel pour l'homme. La scène a lieu en présence donc la jeune femme, de leur bébé, de la soeur de la victime et d'une infirmière. L'accusé sera retrouvé un peu plus tard à Saint-Laurent, inanimé, après qu'il ait lui-même absorbé de désherbant. Son pronostic vital a été un temps engagé. Voilà pour le décors de ce procès qui va se poursuivre jusqu'à vendredi à Cayenne. L'accusé est défendu par maître Sonia Palou, commise d'office. Les parties civiles sont elles représentées par maître Akim El Allaoui. Ce mardi, le procès a commencé par le rappel des faits, lus par la présidente des assises, puis par l'audition de la directrice d'enquête, gendarme qui a auditionné à la fois la victime et l'auteur présumé des faits à la brigade de Saint-Laurent. Un expert scientifique a ensuite été entendu, pour évoquer les éléments liés aux deux viols qu'affirme avoir subi la jeune victime. Ensuite, un expert psychologue a lui aussi été auditionné par visio-conférence. Il n'y a pas de public pour ce procès puisqu'il en raison de l'état d'urgence sanitaire, les procès sont sous le coup d'une mesure de publicité restreinte. Sont donc uniquement présents l'accusé (et les gendarmes qui font escorte), les avocats, l'avocat général, les greffiers, la présidente et ses assesseurs et les jurés. Le verdict est attendu vendredi.
Les faits reprochés
Il est reproché à l'accusé plusieurs faits de violences aggravées envers son ex-compagne, laquelle venait de rompre quelques jours auparavant. Le 12 décembre 2017, il aurait donc contraint la toute jeune maman à monter de force dans un taxi avant de l'emmener dans un champ de canne à sucre, isolée au niveau de la route Paul Isnard à Saint-Laurent. Là, il aurait imposé un premier rapport sexuel non protégé par pénétration vaginale. Selon la jeune fille, son ex-compagnon, qui a 9 ans de plus qu'elle, l'aurait alors menacé de lui faire boire du désherbant agricole. L'emmenant, un peu plus loin, toujours sous la contrainte, il lui aurait imposé un second rapport sexuel non protégé. L'accusé l'aurait alors fait rentrer chez sa grand-mère en taxi. C'est chez son ailleule que la jeune fille a décidé de se rendre directement en gendarmerie pour dénoncer les faits qu'elle aurait subi. La plainte a alors été enregistrée et des examens gynécologiques réalisés, comme c'est toujours le cas en cas de viol.

Le 15 décembre à 11 heures, la gendarmerie de Saint-Laurent a été appelé pour intervenir dans les locaux de la PMI suite à l'agression par un homme d'une femme et de son bébé. C'est là que l'accusé aurait tenté d'empoisonner son ex-compagne avec du paraquat qu'il avait dissimulé dans une bouteille de Coca-Cola. Contrairement aux viols, il y a eu plusieurs témoins de la scène. Si la cible était la jeune maman, les autres personnes présentes dans la pièce pour la consultation, ont aussi été aspergés par le puissant désherbant, dont le bébé de deux mois, qui a reçu du liquide au niveau de l'oeil. Près de trois quart d'heures plus tard, un appel aux secours signalait la présence d'un homme dépressif qui venait d'ingurgiter du paraquat. C'était le jeune papa qui gisait au sol, inanimé. Il présentait également des traces de coups au visage. Il a alors été évacué sur le centre hospitalier de l'ouest guyanais alors que son pronostic vital était engagé.

Selon la victime, son ex-compagnon s'en serait pris à elle parce qu'elle avait rompu et parce qu'il lui aurait reproché de ne pas être le père du bébé. Le jour même de l'annonce de sa rupture, le jeune homme aurait asséné un coup de poing au visage, faisant saigner sa compagne. La famille de la jeune maman s'était montrée hostile à cette relation, et dénonçait l'emprise du jeune homme sur sa compagne et ses accès de violence. Le jeune a affirmé au cours de l'enquête que les rapports sexuels étaient consentis et qu'en ce qui concerne l'agression à la PMI, qu'il ne voulait pas l'empoisonner.
L'accusé avait déjà eu des antécédants judiciaires : condamné en octobre 2009 à 5 ans d'emprisonnement notamment pour violence sur conjoint ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours et en novembre 2009 à un an d'emprisonnement notamment pour proxénétisme et violence avec arme.


Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
1 commentaire

Vos commentaires

Nespresso 08.09.2020

Encore une chance pour la France...

Répondre Signaler au modérateur
Sur le même thème
3 commentaires
A la une