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Virus: les restrictions vont crescendo en Europe, deux essais cliniques suspendus

Mercredi 14 octobre 2020
Virus: les restrictions vont crescendo en Europe, deux essais cliniques suspendus
Une rue de Liverpool (Royaume-Uni), le 13 octobre 2020 - Paul ELLIS (AFP)

Face à une résurgence inquiétante de la pandémie, les pays européens durcissent les mesures pour tenter d'en limiter la progression et éviter un confinement dévastateur pour l'économie, le FMI tablant sur une contraction du PIB mondial de 4,4% cette année.

La lutte contre le virus a également connu un contretemps avec la suspension de deux essais cliniques en 24 heures.

Mardi, le laboratoire américain Eli Lilly a annoncé l'interruption d'un essai clinique de son traitement expérimental aux anticorps contre le Covid-19, au lendemain de la suspension des essais cliniques du vaccin de la société pharmaceutique américaine Johnson & Johnson.

On ignore la nature exacte des alertes sanitaires qui ont déclenché ces pauses et le temps nécessaire aux sociétés pour enquêter et décider, ou non, de reprendre les essais, parmi les plus attendus et surveillés au monde.

La Banque mondiale a de son côté approuvé mardi une aide de 12 milliards de dollars pour garantir aux pays en développement l'accès rapide aux vaccins quand ils seront disponibles.

En Chine, la découverte d'un mini-foyer à Qingdao (est) de Covid-19 a poussé les autorités à opter pour un dépistage massif et express: 9 millions d'habitants en cinq jours.

Mardi, trois millions d'échantillons avaient été prélevés par le personnel soignant, dans des tentes médicalisées installées un peu partout dans la ville.

- "Cela va faire mal" -

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1,08 million de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan réalisé par l'AFP à partir de sources officielles mardi.

L'Europe tente de mieux s'organiser face au regain de l'épidémie.

Les ministres des Affaires européennes ont adopté mardi des critères communs pour coordonner les restrictions de voyage dans l'UE. Ils ont approuvé une recommandation, mettant en place une cartographie commune pour définir les zones à risque au sein de l'UE.

Aux Pays-Bas, un "confinement partiel" a été décidé à partir de mercredi, comprenant la fermeture des bars et des restaurants.

"Cela va faire mal, mais c'est la seule solution. Nous devons être plus stricts", a déclaré mardi le Premier ministre Mark Rutte.

En France, "l'heure est grave", déclarera mercredi, selon son entourage, le président Emmanuel Macron lors d'une prise de parole à la télévision, avant d'annoncer un nouveau tour de vis, voire des couvre-feux qui devraient surtout toucher les grandes villes.

Le nombre de personnes en réanimation dans le pays a encore augmenté (1.633 pour une capacité actuelle nationale d'environ 5.000 lits), avec un bilan global de près de 33.000 morts en sept mois, selon les autorités sanitaires.

L'Italie, où la pandémie à fait 36.000 morts, a aussi annoncé mardi de nouvelles mesures de restrictions.

Le décret, signé par le Premier ministre Giuseppe Conte pour 30 jours, interdit aux bars et restaurants de servir des clients non assis après 21h00. Il bannit aussi les fêtes et célébrations à l'extérieur comme dans les lieux fermés et limite à six le nombre d'invités à domicile.

L'Italie a enregistré 4.619 nouveaux cas lundi, un chiffre plus vu depuis avril mais qui semble à peu près stabilisé et très inférieur aux taux de contamination observés en Espagne ou en France.

Au Royaume-Uni, où le virus est reparti en flèche, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé lundi fermer les pubs à Liverpool et réactiver trois hôpitaux de campagne mis en place au printemps.

Mais le gouvernement britannique est critiqué pour avoir ignoré la recommandation de ses experts scientifiques d'imposer immédiatement un court confinement dès septembre pour stopper la propagation du nouveau coronavirus, qui a fait près de 42.900 morts au Royaume-Uni.

- Scénario du pire -

Dans le monde, la récession provoquée par le coronavirus s'annonce moins sévère que prévu en 2020, avec une contraction attendue du PIB de 4,4% contre 5,2% estimés en juin.

Mais "pour un grand nombre de pays", le retour aux niveaux pré-pandémiques interviendra "très progressivement", pas avant 2022 pour certains et même pas avant 2023 pour l'Amérique Latine, a précisé l'économiste en chef du FMI, Gita Gopinath.

Et le FMI n'exclut pas un scénario du pire avec une situation sanitaire qui se dégrade encore et des mesures encore plus draconiennes.

La liste des personnalités touchées par le nouveau coronavirus continue de s'allonger: mardi, le footballeur vedette de la Juventus Turin, le Portugais Cristiano Ronaldo a été testé positif. "CR7" est "asymptomatique" et se trouve "en quarantaine", a précisé la fédération portugaise de football. Et le N.1 mondial du golf, l'Américain Dustin Johnson, a également été testé positif.

Le secteur culturel continue de subir les conséquences de l'épidémie: l'Orchestre philharmonique de New York a annoncé lundi l'annulation de sa saison 2020-21, quelques semaines après le Metropolitan Opera.

Aux Etats-Unis, pays le plus touché dans le monde, le président Donald Trump, privé de déplacement pendant dix jours par le Covid-19, a retrouvé lundi les estrades de campagne, assurant lors d'un meeting en Floride être en "pleine forme", trois semaines avant l'élection qui l'opposera à Joe Biden.

burs-slb-cls/am/plh

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