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Ukraine: référendums d'annexion par la Russie, un simulacre selon Kiev et ses alliés

Vendredi 23 septembre 2022
Ukraine: référendums d'annexion par la Russie, un simulacre selon Kiev et ses alliés
Un garçon portant un T-shirt avec la lettre 'Z' et tenant un drapeau de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR) - la région séparatiste de l'est de l'Ukraine - devant l'entrée de l'ambassade du DNR à Moscou le 23 septembre 2022 - Alexander NEMENOV (AFP)

Des référendums d'annexion par la Russie ont débuté vendredi dans des régions d'Ukraine contrôlées entièrement ou en partie par Moscou, des scrutins qualifiés de "simulacres" par Kiev et les Occidentaux et qui marquent une escalade majeure du conflit.

En parallèle, la mobilisation de centaines de milliers de réservistes russes se poursuivait, le Kremlin cherchant la parade aux avancées de l'armée ukrainienne, forte des livraisons d'armes occidentales.

Les votes, qui ont débuté à 05H00 GMT, s'achèveront le 27 septembre dans les régions séparatistes de Donetsk et Lougansk (est), et dans des zones sous occupation russe dans les régions de Kherson et Zaporijjia (sud).

Le scrutin, annoncé dans l'urgence cette semaine sur fond de succès militaires ukrainiens, se fait notamment par porte-à-porte, les responsables prorusses allant dans les immeubles avec des urnes mobiles pour faire voter la population, selon des images de médias russes. Les autorités ont affirmé qu'il s'agissait d'une mesure de sécurité.

Des centaines de bureaux de vote doivent être ouverts dans les quatre territoires, et d'autres en Russie pour faire voter les déplacés.

"Nous espérons qu'après le référendum, on arrêtera de nous bombarder, qu'on aura la paix et l'ordre", a dit à l'AFP Vladimir Choutov, originaire de la région de Lougansk et venu voter à la représentation de Donetsk à Moscou.

Organisés à la hâte, ces référendums ont été dénoncés par le gouvernement ukrainien et ses soutiens occidentaux, Moscou voulant faire main basse sur des pans entiers de l'Ukraine, à l'image de la péninsule de Crimée (sud) en 2014. Même la Chine, partenaire le plus proche de Moscou, a appelé au respect de l'intégrité territoriale.

Ce vote en zone de guerre constitue une escalade du conflit, d'autant que Vladimir Poutine a agité en plus la menace de frappes nucléaires pour défendre ce qu'il considère comme étant son territoire.

- Escalade -

Le scrutin a été décidé après la contre-offensive ukrainienne fulgurante de début septembre, reprenant la région de Kharkiv, dans le nord-est, et que Kiev veut poursuivre vers Lougansk, Donetsk et Kherson.

"La situation dans le nord est extrêmement difficile", a admis jeudi soir le chef séparatiste de Donetsk Denis Pouchiline, faisant état de "forces importantes" prêtes "à passer à la contre-offensive".

Dans la région de Lougansk, Andreï Marotchko, représentant des militaires prorusses, a fait état de bombardements ukrainiens, constatant que les forces de Kiev "veulent tout faire pour faire dérailler le référendum".

Ces votes font l'objet de préparatifs depuis des mois, mais le calendrier semble s'être accéléré avec la contre-offensive ukrainienne.

Les résidents des régions séparatistes prorusses de Donetsk et de Lougansk, qui ont déjà proclamé leur "indépendance", doivent se prononcer sur leur désir d'intégrer la Russie.

Dans les régions de Kherson et de Zaporijjia, partiellement occupées par les forces russes, la question posée est de faire sécession de l'Ukraine pour "faire partie de la Russie".

Le président de la chambre basse du Parlement russe (Douma), Viatcheslav Volodine, les a exhortés vendredi à "faire le choix d'intégrer la Russie". "Nous vous soutiendrons".

L'annexion de ces quatre zones constitue pour la Russie une tentative de reprendre la main après ses défaites militaires.

L'annonce précipitée des scrutins s'est accompagnée de celle, mercredi, par M. Poutine de décréter la mobilisation immédiate d'au moins 300.000 réservistes. Il a aussi menacé d'user de l'arme nucléaire.

- Des Russes qui fuient -

Sur des images diffusées sur les réseaux sociaux et disant montrer la mobilisation dans une localité de Iakoutie, en Sibérie, des hommes aux visages fermés embrassaient leurs proches avant de monter dans un bus.

Sur une autre vidéo publiée par la populaire chaîne Telegram Mash, une file d'hommes se tenant devant un avion de transport de troupes sur un tarmac, de nuit.

Joint par l'AFP, Konstantin, 29 ans, dit avoir reçu sa convocation au domicile de ses parents à Rostov-sur-le-Don, une ville du sud-ouest de la Russie, à 120 km de la frontière ukrainienne.

"Je suis encore sous le choc", affirme-t-il. "Je ne vais pas me cacher mais je ne saute pas de joie non plus".

L'annonce de la mobilisation a aussi convaincu de nombreux Russes de quitter le pays, sans qu'on ne puisse chiffrer l'ampleur du phénomène.

Mais les gardes-frontières du Kazakhstan ont fait état d'un afflux à la frontière russo-kazakhe et assuré que la situation "faisait l'objet d'un contrôle particulier". Sur les réseaux sociaux, des images circulent de longues queues de voitures aux diverses frontières du pays.

Une personne interrogée par l'AFP sous couvert de l'anonymat a dit avoir attendu huit heures pour entrer au Kazakhstan, un autre douze heures pour rejoindre la Mongolie.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté, lui, jeudi soir les Russes à "protester" contre la mobilisation.

La Russie s'est aussi retrouvée sur le banc des accusés au Conseil de sécurité de l'ONU, où le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a mené la charge jeudi, lors d'une réunion à laquelle participait son homologue russe Sergueï Lavrov.

"On ne peut pas laisser le président Poutine s'en tirer comme ça", a-t-il lâché.

Dialogue de sourd. Sergueï Lavrov a de nouveau accusé l'Ukraine de "nazisme" et d'exactions contre les populations russophones pour justifier son invasion.

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