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Trump ou Biden, les électeurs choisissent leur Amérique

AFP Mardi 03 novembre 2020

Joe Biden (G) et Donald Trump (D) lors de meetings de campagne en octobre 2020

- Angela Weiss, SAUL LOEB (AFP)

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Rarement les Américains auront fait face à un choix aussi déterminant: plus divisés que jamais, ils votaient mardi pour départager Donald Trump et Joe Biden, qui leur promettent deux visions aux antipodes.

Le pays se préparait à une longue nuit d'attente des résultats, après une participation probablement élevée.

Au terme de quatre ans d'une présidence hors normes et une campagne bouleversée par la pandémie, cette élection historique avait déjà enregistré le vote anticipé de plus de 100 millions d'Américains ces dernières semaines.

Ce chiffre représente 73% des suffrages exprimés en 2016, dans un scrutin qui ressemble fort à un référendum sur le président le plus atypique de l'Amérique contemporaine.

Malgré un bilan plombé par le Covid-19, qui a fait plus de 231.000 morts aux Etats-Unis, Donald Trump a assuré avoir une "très solide chance" de battre son rival démocrate dans un entretien sur la chaîne Fox News au petit matin.

"C'est de la politique, c'est une élection, on ne sait jamais", a-t-il tempéré un peu plus tard lors d'une visite à un QG de campagne républicain dans la banlieue de Washington.

Armé de son indéniable énergie sur les estrades, le milliardaire de 74 ans mise sur l'ardeur de ses partisans, chauffés à blanc par une campagne d'une agressivité inouïe, pour créer la surprise, comme il y a quatre ans.

Favori des sondages, Joe Biden, 77 ans, ancien vice-président de Barack Obama, compte lui sur le rejet que suscite son adversaire auprès d'une large partie de l'électorat pour remporter une "large victoire".

"Je veux restaurer le sens moral et l'honneur à la Maison Blanche", a-t-il lancé mardi, armé d'un mégaphone, dans sa ville natale de Scranton, dans l'Etat-clé de Pennsylvanie.

Ce vieux routier de la vie politique s'est ensuite rendu au domicile de son enfance, où il a laissé le message suivant: "De cette maison à la Maison Blanche, par la grâce de Dieu."

- "Virer Trump" -

Dans tout le pays, les Américains ont défilé dans les bureaux de vote animés par des motivations aux antipodes.

"Je veux virer Trump", confiait à l'AFP Veronica Castro, une éducatrice de 37 ans croisée à Easton en Pennsylvanie. "Il n'y a pas moyen: on ne va passer quatre ans de plus avec lui !"

Clara Gimenez, une Américaine d'origine Cubaine, a elle fièrement voté pour Donald Trump à Miami: "nous avons besoin d'un président qui a de la poigne, qui défend et aime son pays".

Partout les électeurs se méfiaient de l'attitude du camp adverse. "Trump va faire tout ce qui est en son pouvoir pour gagner, c'est effrayant", estimait Megan Byrnes-Borderan, une New-Yorkaise démocrate de 35 ans.

Le président assure depuis des mois, sans apporter de preuves, que le vote par courrier va susciter des fraudes massives et laisse entendre qu'il pourrait engager une bataille judiciaire après l'élection.

Il a toutefois assuré mardi qu'il ne déclarerait pas victoire avant l'annonce des résultats officiels, balayant les spéculations de plusieurs médias américains. "Il n'y a aucune raison de tirer des plans sur la comète", a-t-il estimé.

Mais les Américains sont "en droit de connaître le résultat" pendant la nuit, a-t-il ajouté. "Le monde entier attend".

Le vote par correspondance risque de retarder le dépouillement parce que le décompte des bulletins arrivés dans les jours suivant le scrutin est possible dans de nombreux Etats.

Signe tangible des angoisses suscitées par le scrutin, les commerces de plusieurs grandes villes, dont Washington, Los Angeles ou New York, se sont barricadés en prévision de possibles violences post-électorales.

- "L'Amérique d'abord" -

Pendant toute la campagne, l'Amérique a donné au monde l'image d'un pays scindé en deux blocs qui ne se parlent plus.

Pendant des mois, Donald Trump a agité le spectre d'une "gauche radicale" prête à transformer la première puissance mondiale en un "Venezuela à grande échelle".

Le magnat de l'immobilier passé par la téléréalité avant de faire irruption en politique avec un message populiste, "l'Amérique d'abord", continue de se présenter en "outsider" en lutte contre un "establishment corrompu".

Joe Biden, soutenu par Barack Obama, multiplie les mises en garde contre les conséquences potentiellement dévastatrices sur les institutions démocratiques d'un second mandat Trump, étrillé comme "le pire président" de l'histoire récente des Etats-Unis.

Ce pur représentant de l'aile modérée du parti démocrate a aussi fait de l'élection un référendum sur la gestion de la pandémie par le républicain.

Donald Trump n'a lui cessé d'être rattrapé par cette crise sanitaire qu'il s'est toujours efforcé de minimiser. Jusqu'à être lui-même contaminé et hospitalisé, début octobre. "Je suis guéri" et "immunisé", martèle-t-il depuis.

- Etats-clés-

A en croire les sondages, le président pourrait perdre le vote populaire, mais ses chances ne sont pas nulles pour autant.

Pour l'emporter, un candidat n'a pas besoin d'être majoritaire en voix au niveau national: il doit obtenir au moins 270 des 538 grands électeurs attribués au niveau des Etats.

Une poignée d'Etats où les deux candidats semblent au coude-à-coude joue donc un rôle primordial.

Mardi soir, dans un premier temps, tous les regards seront braqués sur la Floride, qui a promis d'afficher la couleur dans la nuit. Sans cet Etat qu'il avait gagné en 2016, c'est mission quasi-impossible pour Donald Trump.

S'il parvient à conserver la Floride, l'attention se déplacera vers la Pennsylvanie. Les intentions de vote y sont un peu plus favorables à l'ancien vice-président, mais avec un écart proche de la marge d'erreur.

Les résultats des candidats au Congrès sont également à suivre, puisque les marges de manoeuvre du futur président dépendront de la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat.

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