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Opération coup de poing et manifestation contre le charbon en Allemagne

Vendredi 21 juin 2019
Opération coup de poing et manifestation contre le charbon en Allemagne
Des militants pour le climat lors d'un entraînement avant une opération contre des mines de charbon, le 20 juin 2019 à Viersen, en Allemagne - INA FASSBENDER (AFP)

"Il n'y a pas de planète B": plusieurs dizaines de milliers de manifestants venus de toute l'Europe se sont mobilisés vendredi en Allemagne contre l'énergie charbonnée, lycéens et étudiants défilant à Aix-la-Chapelle tandis qu'une opération coup de poing visait à paralyser une mine de charbon.

Cette nouvelle journée de mobilisation massive s'inscrit dans le cadre d'un mouvement européen porté principalement par la jeunesse, exigeant des dirigeants du monde entier des actes concrets pour la planète.

Tenant leur première manifestation internationale, entre 20.000 et 40.000 collégiens, lycéens et étudiants, respectivement selon la police et les organisateurs, venus de 16 pays, ont défilé dans l'après-midi à Aix-la-Chapelle, à la confluence de l'Allemagne, des Pays-Bas et de la Belgique.

"Justice sans frontières", "grève pour le climat", "cette planète devient plus chaude que Ryan Gosling" ou encore "E-mobilité: votre prochain mensonge" pouvait-on lire sur plusieurs pancartes, sur fond de musique festive.

- "Devenir un héros" -

Confortés par le succès des formations écologistes aux Européennes, ces jeunes souvent mineurs "sont les acteurs politiques du moment", estime l'hebdomadaire Der Spiegel, et certains se montrent de plus en plus impatients face à la lenteur de l'action politique.

"Nous voulons donner un signal, c'est pourquoi nous sommes un nombre incroyable de personnes et crions fort avec des affiches pour demander aux politiciens de faire quelque chose, car il est déjà beaucoup trop tard", a déclaré à l'AFP Jonas, 21 ans.

Plusieurs de ces jeunes manifestants ont assuré vouloir aller plus loin et rejoindre l'action anti-charbon qui doit durer jusqu'à samedi à une trentaine de kilomètres, dans le bassin minier rhénan.

C'est là que se situe la mine de Garzweiler, où des militants plus âgés et plus aguerris ont tenté d'organiser leur opération coup de poing annuelle, effectuée depuis 2015, contre une mine de charbon.

Organisés depuis mercredi en "camp climatique", quelque 4.000 activistes du mouvement "Ende Gelände" ("terminus" ou "fin de l'histoire") ont à plusieurs reprises tenté d'accéder à ce site d'extraction à ciel ouvert.

- Mine bloquée -

Après un incessant jeu du chat et de la souris, quelque 500 militants ont réussi en fin de journée à s'introduire sur le site, malgré l'important dispositif policier.

Munis de parapluie et d'affaires pour la nuit, ils occupaient depuis 17H30 GMT les rails qui approvisionnent la fumante centrale de charbon voisine de Neurath, contraignant à l'arrêt un train rempli de charbon de l’énergéticien RWE, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des policiers essayaient de les déloger, alors qu'une délégation de députés écologistes et de la gauche radicale étaient sur place en guise d'observateurs pour surveiller qu'aucune action violente ne se produise.

"Nous avons bloqué Neurath!!!!! Nous exigeons une sortie immédiate du charbon face à la crise climatique. Nous sommes ici pour la justice climatique", s'est félicité sur Twitter Kathrin Henneberger, porte-parole d'Ende Gelände.

"On voit bien que la +grève pour le climat+ a eu un impact sur le mouvement en général et nous appelle à la responsabilité. J’avais des raisons de ne pas venir ici et je me suis dit, si jamais les plus jeunes prennent leurs responsabilités comme ils le font, on se doit de continuer, de pousser", a déclaré à l'AFP Guillaume Durin, un consultant de 41 ans qui participait à la tentative d'occupation du site.

Le mouvement anti-charbon a gagné en importance en Allemagne depuis que la sortie du nucléaire décidée en 2011 a prolongé la dépendance du pays à ce minerai, source d'une énergie plus prévisible, meilleur marché et plus facile à acheminer que l'éolien ou le solaire, et qui représente encore près de 40% de sa production d'électricité.

Le gouvernement allemand vient seulement de décider son abandon d'ici 2038, échéance jugée trop lointaine par les activistes, et dépourvue pour l'heure d'un calendrier précis pour fermer mines et centrales.

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