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Nucléaire: un nouveau chef pour l'AIEA, priorité au dossier iranien

Lundi 02 décembre 2019
Nucléaire: un nouveau chef pour l'AIEA, priorité au dossier iranien
L'Argentin Rafael Mariano Grossi, élu à la tête de l'AIEA, lors d'un entretien avec l'AFP le 20 septembre 2019 à Vienne - JOE KLAMAR (AFP/Archives)

Le gendarme du nucléaire mondial se dote d'un nouveau patron au moment où les tensions s'exacerbent autour du cas iranien: l'Argentin Rafael Grossi, investi lundi à la tête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a déclaré que le programme nucléaire iranien était une "priorité" de l'agence.

- Qui est le nouveau directeur de l'AIEA? -

Diplomate âgé de 58 ans, Rafael Grossi connaît bien l'AIEA où il a exercé de 2010 à 2013 des fonctions qui l'ont amené à discuter directement avec les responsables iraniens. Il a indiqué lundi lors d'une conférence de presse qu'il comptait se rendre en Iran "dans un avenir relativement proche".

Ambassadeur d'Argentine en Autriche depuis 2013, M. Grossi était à ce titre le représentant du pays à l'AIEA.

Sur les questions de non-prolifération, François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran, juge le diplomate "impressionnant", "d'un très bon calibre".

Des diplomates qui l'ont côtoyé, interrogés par l'AFP, saluent son "éthique professionnelle" et son "énergie". L'un d'eux estime qu'il fera de la promotion du nucléaire dans la bataille contre le changement climatique un sujet important.

M. Grossi s'est imposé au terme d'un duel serré avec le Roumain Cornel Feruta qui assurait l'intérim à la tête de l'agence.

L'élection d'un nouveau directeur est liée au décès en juillet du Japonais Yukiya Amano qui a dirigé l'AIEA durant dix ans.

M. Grossi est le sixième directeur de l'AIEA depuis la création de l'agence en 1957 et le premier issu d'un pays d'Amérique du Sud.

- Que fait l'AIEA en Iran? -

L'agence onusienne est chargée de vérifier sur le terrain l'application par Téhéran de l'accord nucléaire de 2015, signé avec les grandes puissances pour garantir que l'Iran ne se dotera pas de l'arme atomique.

M. Grossi prend ses fonctions alors que cet accord historique est en voie de délitement depuis que les Etats-Unis s'en sont retirés en 2018.

En réaction au rétablissement des sanctions américaines, Téhéran applique depuis le mois de mai un plan de désengagement de l'accord et intensifie ses activités nucléaires. Le pays dépasse notamment le stock d'uranium enrichi prévu par le texte, le taux d'enrichissement et la quantité d'eau lourde autorisés et modernise ses centrifugeuses.

L'AIEA estime que le régime d'inspection des sites iraniens en place depuis 2015 est le plus dur au monde. A ce jour, l'accès des inspecteurs aux installations iraniennes n'a pas été remis en cause.

Dans son dicours d'investiture lundi, M. Grossi a loué le "système impartial et rigoureux" des inspections de l'AIEA.

Aucune autre institution "n'a cette crédibilité qui permet de garantir qu'il n'y a pas de détournement de matériel nucléaire pour en faire des armes atomiques", a-t-il fait valoir.

L'enjeu pour l'AIEA est de maintenir sa réputation de neutralité, insensible aux pressions politiques nombreuses dans le dossier iranien.

La candidature de Rafael Grossi bénéficiait notamment du soutien des Etats-Unis mais des diplomates interrogés par l'AFP mettent en avant son "indépendance" et sa "capacité à résister aux pressions d'où qu'elles viennent".

- Quels sont les développements à surveiller? -

Des points de friction dans la coopération entre Téhéran et l'AIEA ont été rendus publics ces derniers mois.

L'agence de Vienne a réclamé à Téhéran des explications sur la nature des activités menées dans le passé sur un site non déclaré où des traces d'uranium ont été relevées.

Les dernières réponses de l'Iran sur ce point n'ont pas été jugées satisfaisantes.

Un incident rare, impliquant fin octobre une inspectrice de l'AIEA brièvement empêchée de quitter l'Iran après avoir déclenché une alarme de sécurité sur un site inspecté, a provoqué un échange tendu entre la République islamique et l'Agence.

Un diplomate basé à Vienne a affirmé que "même des pays qui normalement comprennent l'Iran" n'ont pas soutenu la réaction de Téhéran lors de cet épisode.

Côté diplomatie, les Européens, la Chine, la Russie, qui restent parties à l'accord de 2015, manquent d'arguments pour convaincre les responsables iraniens de revenir à l'application stricte du texte.

Une nouvelle réunion de représentants de ces pays avec les responsables iraniens aura lieu vendredi à Vienne.

Téhéran a annoncé pour début janvier une étape supplémentaire d'intensification de son programme nucléaire.

Les Européens ont récemment haussé le ton, menaçant de déclencher un mécanisme qui peut aboutir à un rétablissement des sanctions de l'ONU vis à vis de l'Iran. Cette mesure signerait "le glas" de l'accord, selon l'analyste Kelsey Davenport, de l'institut Arms Control.

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