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La motoneige au Québec? Pas si dangereux, selon des habitués

Mardi 28 janvier 2020
La motoneige au Québec? Pas si dangereux, selon des habitués
Émilie Saint-Laurent, co-owner of the snowmobile rental shop Sports DRC in Alma, Québec, poses on January 27, 2020 in her outlet, located a few dozen miles from where 5 French tourists and their canadian guide died a week ago when their snowmobiles plunged into the icy waters of Lake Saint-Jean in Canada. - Eric THOMAS (AFP)

A Alma, petite ville proche du lac Saint-Jean au Québec où cinq Français et un guide canadien ont perdu la vie mardi dans un accident de motoneige, loueurs et usagers de ces engins sont formels: si les règles sont respectées, cette pratique n'est pas dangereuse.

"Quand la lumière va s'allumer, panique pas, il y a 40 litres mais il te reste encore 20 litres" de carburant: à l'arrière de son magasin de location, Sports DRC, Jean-Sébastien Martel explique à un client le fonctionnement de sa motoneige.

Après la signature de son contrat, Stéphane Dallaire, 42 ans, se réjouit de pouvoir découvrir à motoneige la région du Saguenay-Lac Saint-Jean, très prisée des touristes.

"C'est l'accès à des zones auxquelles on n'a pas accès normalement" qui est intéressant, explique ce vacancier originaire de Québec, qui ne fait de la motoneige qu'une fois par an.

"Quand on est prudent, il n'y a pas de danger", affirme-t-il sans ciller.

Dans le magasin, quelques clients déambulent autour d’une vingtaine de motoneiges. Les modèles les plus puissants peuvent atteindre 140 km/h.

Une journée de location est facturée 300 dollars canadiens (environ 200 euros).

"Moi je suis retraité et j'en fais surtout la semaine parce que les jeunes, les cow-boys, les excités sont au travail", explique Serge Lalancette, 66 ans, en inspectant l'avant d'une motoneige. Cet engin, très populaire dans cette province au fort taux d'enneigement, a été inventé à la fin des années 1930 par le Québécois Joseph-Armand Bombardier.

Pour Serge Lalancette, un passionné qui affiche une quarantaine d'années d'expérience au compteur, cet engin guidé par deux skis et circulant sur des sentiers dédiés est bien moins dangereux qu'une moto.

"A moto, il y a des camions, des gens qui ne voient pas. De ce côté-là, (la motoneige) est plus" sûre, estime-t-il.

Chaque année au Québec, une vingtaine de personnes perdent pourtant la vie au guidon d'un de ces engins, selon la Fédération des clubs de motoneige du Québec (FCMQ).

"La motoneige est un sport très encadré", assure pourtant Emilie Saint-Laurent, copropriétaire du magasin.

- 70 km/h maximum -

Pour en louer une, être détenteur d’un permis de conduire suffit. Dans le magasin, une formation théorique d'une demi-heure est dispensée aux clients.

"Si la personne n’a vraiment jamais conduit de motoneige, on va prendre le temps pour discuter", explique Jean-Sébastien Martel, copropriétaire du magasin. Les commerçants peuvent demander aux novices d’effectuer un tour d’essai dans la cour, à l’arrière du magasin.

"Notre but c’est qu’ils soient en mesure de conduire leur nouveau véhicule et le fassent de manière" sécurisée, insiste Emilie Saint-Laurent.

Le magasin exige des touristes et des débutants qu’ils prennent la route avec un guide sur des sentiers balisés. Il se réserve le droit d’annuler la location s’il juge que le client "n’est pas apte à la conduite", bien que ce ne soit jamais arrivé.

Sur la route, des radars contrôlent parfois la vitesse des conducteurs de motoneige, limitée à 70 km/h sur les sentiers balisés.

Les circonstances exactes du drame survenu la semaine dernière sur le lac Saint-Jean, où cinq Français et leur guide canadien ont trouvé la mort, restent inconnues. Seule certitude: ils ont quitté le sentier balisé pour emprunter un chemin dangereux à l'embouchure d'une riviève où la glace, en raison de forts courants, est trop fine, voire inexistante.

Suite à ce drame, le gouvernement du Québec a annoncé son intention de rendre obligatoire une formation pour les guides et les touristes conduisant des motoneiges.