France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

La Chine resserre l'arsenal contre l'épidémie, Europe et Australie touchées

Samedi 25 janvier 2020
La Chine resserre l'arsenal contre l'épidémie, Europe et Australie touchées
Du personnel médical en combinaison de protection reçoit des patients à l'hôpital de la Croix-Rouge à Wuhan, le 24 janvier 2020 en Chine - Hector RETAMAL (AFP)

La Chine a encore resserré ses mesures contre l'épidémie samedi, déployant l'armée et lançant la construction d'un deuxième hôpital d'urgence contre le coronavirus qui a atteint l'Europe et l'Australie.

Restrictions de circulation au coeur de l'épidémie, alerte maximale à Hong Kong, contrôles systématiques dans les transports du nord au sud du pays : la Chine multiplie les initiatives pour tenter d'enrayer la progression du virus désormais présent sur quatre continents.

La France a annoncé vendredi soir trois cas de contamination confirmés, présentés comme les premiers en Europe. L'Australie a de son côté fait état samedi de quatre malades, des personnes récemment rentrées de Chine.

Une demi-douzaine de pays d'Asie sont désormais touchés et un deuxième cas a été confirmé aux Etats-Unis.

L'épidémie se répand rapidement dans son pays d'origine, avec 1.300 cas de contamination dont 41 mortels recensés samedi, contre 830 dont 26 mortels annoncés la veille. La Chine est ainsi entrée dans l'année du Rat sous le signe du coronavirus parti en décembre de Wuhan, une ville du centre de facto mise en quarantaine.

Pas de pétards, ni de danses du dragon. Pour le jour de l'An, les rues de cette métropole sont comme mortes, les rares passants se couvrant le visage avec un masque de protection dont le port est obligatoire, comme l'a constaté une équipe de l'AFP.

Aux limites de la zone interdite, à une vingtaine de kilomètres à l'est du centre-ville, des véhicules tentant de franchir un péage autoroutier doivent faire demi-tour.

"Personne ne peut sortir", déclare un policier à l'AFP.

Les trains et les avions n'ont en principe plus le droit de quitter Wuhan depuis jeudi.

Outre cette agglomération, pratiquement toute la province du Hubei est coupée du monde, portant le nombre total des habitants confinés à plus de 56 millions, soit presque la population de l'Afrique du Sud.

Dans un pharmacie, des employés en combinaison intégrale et équipés de gants chirurgicaux, accueillent les clients.

D'autre font provision de masques et de désinfectants dans un des rares supermarchés encore ouverts.

"Les gens tentent de se protéger", explique un client, tout en se disant confiant. "Le gouvernement a les choses en mains. Il n'y a pas de problèmes", assure-t-il.

- 237 cas critiques -

L'armée a envoyé dans la zone interdite trois avions d'où ont débarqué vendredi soir 450 médecins militaires et autres membres du personnel médical.

Certains d'entre eux ont l'expérience de la lutte contre Ebola et le Sras, une souche similaire au nouveau coronavirus, qui avait entraîné la mort de 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003.

Les hôpitaux étant débordés, la construction ultra-rapide d'un deuxième site devant accueillir plus de mille lits a commencé à Wuhan. Elle doit être achevée... sous quinzaine, selon les médias publics.

Tous les décès sauf deux ont été enregistrés dans cette cité ou ailleurs au Hubei.

Au dehors de cette province vaste comme la Syrie, les autorités ont annoncé la mise en place de mesures de dépistage.

Des points d'inspection vont être créés et tous les voyageurs présentant des symptômes de pneumonie seront "immédiatement transportés" vers un centre médical, a annoncé la Commission nationale de la santé.

La crise survient en plein chassé-croisé du Nouvel An, lorsque les Chinois mettent à profit leurs sept jours de congé pour voyager d'un bout à l'autre de leur pays.

- Trump félicite Pékin -

A Pékin notamment, les festivités du Nouvel An étaient annulées. La capitale semblait déserte et ses restaurants étaient pratiquement vides.

De nombreux sites touristiques très courus, comme la Cité interdite, et des sections de la Grande muraille, ont été fermés afin de réduire les risques de contagion.

A Hong Kong, où cinq cas de contamination ont été enregistrés, l'alerte maximale a été décrétée, entraînant l'annulation du marathon et des fermetures d'école. Tout voyageur arrivant de Chine continentale devra répondre à un questionnaire médical.

A l'étranger, les trois premiers découverts en France l'ont été à Paris et Bordeaux, dans le sud-ouest.

La capitale française "envisage" de mettre à disposition des autocars pour que les Français présents à Wuhan puissent en partir, a annoncé le ministère des Affaires étrangères. En temps normal, environ 500 Français sont inscrits auprès du consulat de Wuhan.

Un deuxième cas a été confirmé aux Etats-Unis, où le président Donald Trump a loué les mesures prises par Pékin pour tenter de limiter la propagation du virus.

"La Chine travaille très dur pour contenir le coronavirus. Les Etats-Unis apprécient vraiment (ses) efforts et (sa) transparence", a-t-il tweeté, se disant convaincu que tout allait "bien se passer".

Au moment de l'épidémie de Sras au début des années 2000, la Chine avait au contraire été montrée du doigt, y compris par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), pour avoir caché les premiers cas, ce qui n'avait fait qu'aggraver la crise.

Cette fois, l'OMS a renoncé pour l'heure à décréter une "urgence internationale".