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Européennes : Le Pen devant Macron, poussée eurosceptique et écologiste

Dimanche 26 mai 2019
Européennes : Le Pen devant Macron, poussée eurosceptique et écologiste
Une femme vote aux élections européennes à Thessalonique en Grèce, le 26 mai 2019 - Sakis MITROLIDIS (AFP)

L'extrême droite française de Marine Le Pen a remporté le duel phare des européennes face au parti du président Emmanuel Macron, symbole de la poussée eurosceptique attendue dimanche lors de ces élections, par ailleurs marquées par les bons scores des écologistes.

Le parti Rassemblement national l'emporterait avec environ 24% des voix, selon des sondages, devant la formation de M. Macron (entre 22 et 23%), un résultat qui pourrait entraver les ambitions pour l'UE du Français, l'un des dirigeants les plus attachés à l'approfondissement de la construction européenne.

Le parti de Mme Le Pen a immédiatement appelé à la "constitution d'un groupe puissant" au Parlement européen réunissant les formations populistes, des forces hétéroclites qui n'ont pas réussi par le passé à se fédérer.

Le scrutin français est également marqué par la troisième place inattendue de la liste écologiste (12%). Ce résultat fait écho au score enregistré en Allemagne par les Verts, deuxièmes du scrutin, selon les sondages, juste derrière le camp centre-droit d'Angela Merkel, qui enregistre un plus bas historique.

"Une grande victoire !", s'est réjoui la tête de liste des écologistes au Parlement européen, l'Allemande Ska Keller. "Je suis sur un petit nuage", a renchéri l'eurodéputé belge Philippe Lamberts.

- Premières projections -

Selon les toutes premières projections du Parlement européen, encore préliminaires, le Parti populaire européen (PPE, droite) resterait le premier parti européen, avec 177 sièges sur 751, contre 216 actuellement, devant les socialistes et démocrates (147 contre 185).

Les écologistes obtiendrait 69 sièges, contre 52 aujourd'hui. Chez les eurosceptiques, le groupe populiste EFDD, où siège le Mouvement Cinq Etoiles italien et que devrait rallier le nouveau parti europhobe de Nigel Farage, passerait de 42 à 56 sièges.

Quant à l'ENL, le groupe politique commun du RN et de la Ligue de l'Italien Matteo Salvini, deux ennemis déclarés des projets européens d'Emmanuel Macron qui espèrent fédérer une large alliance de partis nationalistes, eurosceptiques et populistes, ils obtiendraient 57 élus contre 37.

Mais même en additionnant les gains envisageables pour ces groupes avec les sièges du groupe ECR (avec les tories britanniques et les Polonais du PiS, au pouvoir, donnés vainqueur des européennes avec 42,2% des voix), les forces eurosceptiques et europhobes sont loin de pouvoir envisager une majorité au Parlement européen, avec un maximum d'un peu plus d'un tiers des sièges.

Ces rapprochements sont d'autant plus difficiles que de profondes divergences existent entre ces partis, sur la question de l'attitude face à la Russie par exemple.

Les résultats officiels ne sont attendus qu'à partir de 21H00 GMT, après la clôture des bureaux en Italie, dont les électeurs seront les derniers à voter.

Les taux de participation à ces élections sont restés faibles par rapport à des scrutins nationaux. Mais ils enregistrent cependant leurs niveaux "les plus élevés en 20 ans", entre 49 et 52%, selon le Parlement européen.

De fortes hausses, supérieures à 10 points de pourcentage, ont été enregistrées en Espagne, en Hongrie, en Roumanie, en Pologne. La participation est également en progression en Allemagne et en France.

Cette mobilisation marque un coup d'arrêt à l'érosion continue qui caractérise les européennes depuis 1979.

Quelque 427 millions d'Européens étaient en âge de participer au scrutin, afin d'élire pour 5 ans les 751 membres du Parlement européen. L'assemblée n'a eu de cesse d'accroître ses pouvoirs, mais peine à susciter l'intérêt des Européens: en 2014, la participation avait atteint 42,6% en moyenne.

- Profondes divergences -

Parmi les autres estimations déjà disponibles, le parti conservateur du chancelier autrichien Sebastian Kurz arrivait largement en tête, devant les sociaux-démocrates et le parti d'extrême droite FPÖ, selon des estimations publiées à la fermeture des bureaux.

En Hongrie, le parti souverainiste du Premier ministre hongrois Viktor Orban, un eurosceptique, est crédité d'une victoire écrasante, avec 56% des suffrages.

L'ENL espère rallier à sa cause le parti du dirigeant hongrois, actuellement suspendu du groupe démocrate-chrétien du PPE.

Le scrutin avait eu lieu dès jeudi au Royaume-Uni, qui s'est résigné à l'organiser en catastrophe après le nouveau report du Brexit, avec une date butoir désormais fixée au 31 octobre. Le mandat des élus britanniques doit cesser à la sortie de leur pays de l'Union, et leurs sièges seront en partie redistribués à d'autres pays.

Si le PPE et les sociaux-démocrates (S&D) devraient rester les deux principales formations de l'hémicycle européen, ils pourraient perdre leur capacité à réunir à eux seuls une majorité pour faire passer des textes législatifs.

Les libéraux (ALDE) espèrent quant à eux être incontournables en devenant la troisième force du Parlement, à la faveur d'une alliance envisagée avec les futurs élus macronistes. Le Parlement européen a indiqué dimanche qu'ALDE avait demandé à ce que les voix du parti du président français soient comptabilisées sous son étiquette européenne.

Les Verts aussi espèrent avec leurs scores devenir un interlocuteur indispensable dans ce paysage politique qui s'annonce plus fragmenté que jamais.

Cette recomposition politique sera déterminante pour la course aux postes clés des institutions européennes. En particulier celui du successeur à la tête de la Commission européenne de Jean-Claude Juncker, membre du PPE, qui devra obtenir le soutien d'au moins 376 sur 751 députés européens.

Les chefs d'Etat et de gouvernement se retrouveront dès mardi pour un sommet afin d'échanger sur les prochaines nominations.

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