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En colère contre la fracture sociale, les Lituaniens ont voté pour élire leur président

Dimanche 12 mai 2019
En colère contre la fracture sociale, les Lituaniens ont voté pour élire leur président
Une Lituanienne glisse son bulletin de vote dans l'urne pour le premier tour de l'élection présidentielle, le 12 mai 2019 à Vilnius. - Petras Malukas (AFP)

Les Lituaniens ont voté dimanche pour choisir leur nouveau président, avec l'espoir qu'il réduira la fracture entre riches et pauvres qui grandit dans leur pays en dépit d'une croissance solide.

Neuf candidats étaient en lice au premier tour pour remplacer Dalia Grybauskaite qui achève son deuxième mandat et pourrait chercher à succéder à Donald Tusk à la présidence du Conseil européen.

Les trois favoris pour atteindre le second tour le 26 mai sont le Premier ministre de centre gauche Saulius Skvernelis, l'ancienne ministre des Finances Ingrida Simonyte, soutenue par les conservateurs, et l'économiste indépendant Gitanas Nauseda.

La participation a atteint 56,45% à la clôture du scrutin, selon la Commission électorale. Des résultats partiels sont attendus dans la nuit ou lundi matin.

Mme Simonyte a été créditée de 22,3% des intentions de vote par un sondage réalisé avant l'élection, M. Skvernelis de 16,7% et M. Nauseda de 21,9%.

Après avoir glissé son bulletin dans l'urne, Mme Simonyte a souligné que le futur président devrait "écouter les gens d'opinions différentes, rechercher le consensus et correctement représenter la Lituanie à l'étranger".

Une vendeuse de 21 ans, Raminta Tubinyte, qui a voté pour elle, a dit à l'AFP qu'elle voudrait qu'on renforce la lutte contre la corruption et augmente plus rapidement les salaires. "Nous pouvons faire plus pour rattraper les pays occidentaux", a-t-elle affirmé.

Alors que Mme Simonyte est la préférée des citadins aisés et éduqués, le discours aux accents populistes de M. Skvernelis plaît dans les zones rurales défavorisées.

Au moment de voter, il a estimé que ce scrutin était "une évaluation" de son travail à la tête du gouvernement, mais n'a pas voulu dire s'il comptait démissionner dans le cas où il ne parviendrait pas au second tour.

M. Nauseda propose, quant à lui, de combattre l'injustice sociale partout dans ce pays de 2,8 millions d'habitants, à la démographie déclinante en raison, notamment, d'une migration massive de jeunes vers l'Occident.

- Contre les "élitistes" -

Selon une étude récente de l'UE, près de 30% de la population lituanienne "risque la pauvreté ou l'exclusion" et ce risque est presque deux fois plus important dans les zones rurales.

"Les citoyens ont soif de justice sociale et cherchent un candidat capable de surmonter la polarisation sociale actuelle", explique à l'AFP Donatas Puslys, de l'Institut d'analyse politique de Vilnius.

Tous les candidats sont des partisans convaincus de l'Union européenne et de l'Otan, considérées comme une assurance contre le grand voisin russe.

"Nous ne pouvons pas isoler Vilnius du reste de la Lituanie", a lancé Mme Simonyte, 44 ans, au cours du meeting de clôture de sa campagne électorale dans la capitale. Elle a proposé de réduire le fossé économique entre zones rurales et urbaines grâce à la stimulation de la croissance.

Libérale, elle soutient le partenariat entre personnes de même sexe.

M. Skvernelis, un ancien chef de la police au parler franc, s'est adressé pendant sa campagne aux Lituaniens mécontents vivant principalement dans les zones rurales.

Agé de 48 ans, parfois impétueux, il a qualifié ses rivaux d'"élitistes" et s'est engagé à "lutter efficacement contre la corruption", réduire l'exclusion sociale et soutenir les familles.

- "Réduire la polarisation" -

Ancien conseiller d'une banque d'affaires, âgé de 54 ans, M. Nauseda séduit les électeurs à la recherche d'un président impartial au-dessus des querelles politiques.

Après avoir fait son devoir civique dès vendredi dans le cadre du vote anticipé, il a déclaré qu'il avait "le sentiment d'avoir la lourde responsabilité de réduire la polarisation".

En Lituanie, le président n'exerce pas de pouvoir politique au quotidien, mais il est responsable de la politique étrangère et participe aux sommets de l'UE.

Il nomme les ministres, les juges et les chefs de l'armée et de la banque centrale, mais le plus souvent il doit obtenir l'assentiment du Premier ministre ou du parlement.

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