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Tour de France: un final de feu sacre van Aert et condamne Pinot

Lundi 15 juillet 2019
Tour de France: un final de feu sacre van Aert et condamne Pinot
Le Belge Wout van Aert franchit en vainqueur la ligne d'arrivée de la 10e étape du Tour de France, le 15 juillet 2019 à Albi - Marco Bertorello (AFP)

Final de feu à Albi: le Belge Wout van Aert a enlevé jeudi la 10e étape du Tour de France et Julian Alaphilippe a conforté son maillot jaune aux dépens de Thibaut Pinot, l'une des grandes victimes d'un final mouvementé.

Vent de côté aidant, le piège du "coup de bordure" s'est refermé sur Pinot et consorts, le Danois Jakob Fuglsang, le Colombien Rigoberto Uran et l'Australien Richie Porte. Pour un bilan très lourd: 100 secondes exactement, un passif très élevé dans une étape de plaine promise aux sprinteurs que l'équipe Ineos du Gallois Geraint Thomas a utilisée au mieux, à la veille de la journée de repos.

Le désarroi de Pinot, au bord des larmes à l'arrivée, en témoigne. "Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? C'est une journée de merde", a dit le Français aux journalistes.

D'autres coureurs bien placés à la fin de la première semaine ont perdu sensiblement plus. Le Néo-Zélandais George Bennett, qui occupait la 4e place au départ de Saint-Flour, a lâché prise (près de 10 minutes!).

Le plus malheureux peut-être ? Mikel Landa. L'Espagnol figurait à l'avant de la course, avec Nairo Quintana et quatre autres équipiers, quand il a chuté après avoir touché une roue à 19 kilomètres de l'arrivée. La perte s'est élevée à plus de deux minutes.

- Le coup de maître de Thomas -

Dans la campagne du Tarn, sous un beau soleil estival, la formation de Thomas, qui s'est appuyé sur de solides rouleurs (Rowe, Moscon, van Baarle), a réussi un coup de maître. Thomas a grimpé à la 2e place, à 1 min 12 sec d'Alaphilippe, et Bernal à la 3e, à 1 min 16 sec.

"C'est comme si on avait marqué un but", s'est félicité son patron Dave Brailsford. "Il est rare de prendre autant de temps à autant d'adversaires du classement".

Derrière l'échappée matinale (Gallopin, Berhane, Turgis, Würtz, Eiking, Schär), une première alerte avait secoué le peloton à 64 kilomètres d'Albi, à l'initiative déjà de l'équipe Ineos.

Mais tout était rentré dans l'ordre avant qu'une cassure se produise à 38 kilomètres de l'arrivée, sous l'impulsion des Deceuninck d'Alaphilippe. Le maillot jaune lui-même a mis un temps la main à la pâte.

"Nous savions que cela allait arriver, mais quand ils sont passés à l'action sur le côté gauche, j'étais le dernier gars à ne pas suivre. C'était juste une histoire de puissance", a expliqué Porte, désormais pointé à près de 3 minutes de Thomas. Fuglsang, lui, affiche un passif supérieur à 2 minutes sur le Gallois.

- Alaphilippe: un demi-Tour en tête -

"On avait le double objectif de protéger le maillot et Elia Viviani dans le final", a jubilé Alaphilippe. "On savait qu'il y avait des risques de bordure avec le vent de côté, et donc beaucoup de stress dans le peloton. Tout le monde sait que quand il y a vent de côté, tout le monde veut être devant au même moment. Mais les routes font 3 mètres de large et 100 coureurs devant, ce n'est pas possible".

Au prix d'un effort total de leurs équipiers, le groupe de Pinot, Fuglsang et Uran s'est rapproché à une douzaine de secondes à l'entrée des 20 derniers kilomètres. Mais il n'a pu faire la jonction et l'écart a logiquement grandi, en raison du travail de l'équipe Ineos relayée pour finir par les équipiers des sprinteurs.

"Je n'ai pas vraiment pensé au classement général, j'étais content d'être devant", a commenté le porteur du maillot jaune, qui boucle la première moitié du Tour en tête (1804 km). Mais, rappelle-t-il, les deux grands massifs, Pyrénées et Alpes, sont encore à l'horizon.

"Je vais défendre le maillot au maximum", a annoncé le Français. "Mais mes plans pour le classement général n'ont pas changé. Ce n'est pas parce que je l'ai maintenant que j'ai des chances de gagner le Tour de France. Le plus dur reste à venir".

Pour le gain de l'étape, au terme des 217,5 kilomètres, van Aert a devancé d'extrême justesse l'Italien Elia Viviani. Le jeune Belge (24 ans), triple champion du monde de cyclo-cross par le passé, a réussi ainsi ses grands débuts dans le Tour, dans la continuité de ses deux succès d'étape au Dauphiné.

Van Aert a apporté un quatrième succès à l'équipe Jumbo, déjà satisfaite par la réussite de ses deux autres sprinteurs (Teunissen, Groenewegen) et la victoire dans le contre-la-montre par équipes.

"C'est ma plus grande victoire", a souri le Belge, promis à une grande carrière.

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