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Retraites: veillée d'armes à Matignon

Dimanche 01 décembre 2019
Retraites: veillée d'armes à Matignon
Le Premier ministre Edouard Philippe fait une déclaration aux médias avant une réunion sur la réforme des retraites à l'hôtel Matignon, le 1er décembre 2019 à Paris - Philippe LOPEZ (AFP)

Veillée d'armes à Matignon: le gouvernement s'est réuni au grand complet dimanche soir autour du Premier ministre Edouard Philippe pour faire le point sur la très contestée réforme des retraites qui risque de paralyser le pays à partir de jeudi.

Arrivés en tenue souvent très décontractée pour ce séminaire dominical, à l'image de Christophe Castaner ou Sibeth Ndiaye, en jeans et baskets, les ministres ont été convoqués pour accorder leurs violons sur cette réforme emblématique voulue par Emmanuel Macron. Mais aussi passer une nouvelle fois en revue les différents plans pour tenter de faire face à un mouvement de grève qui promet d'être massif et potentiellement durable.

La réunion s'est terminée vers 20h30, sans annonce, et a été suivie d'un dîner entre ministres, en guise de veillée d'armes.

Car c'est bien un jeudi noir qui s'annonce depuis que la CGT, FO, la FSU et Solidaires ont appelé à une grève interprofessionnelle. SNCF, RATP, Air France, contrôleurs aériens, EDF, poids lourds, raffineries, enseignants, étudiants, policiers, avocats, magistrats, éboueurs... de nombreux corps de métier veulent faire entendre leurs inquiétudes et leur opposition au projet de fusion des 42 régimes de retraite existants en un système universel par points.

Le gouvernement, dont la décontraction affichée dimanche tranche avec l'inquiétude de certains de ses membres en coulisses, redoute que les blocages se poursuivront les jours suivants, alors que le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye doit rendre ses conclusions vers le 9 ou le 10 décembre au Premier ministre qui précisera ensuite le projet d'ici la fin de l'année, avant son passage au Parlement début 2020.

De quoi faire craindre à l'exécutif une répétition de 1995 lorsque Alain Juppé, sous la pression de la rue, avait dû reculer sur sa réforme des régimes spéciaux.

"Il y a beaucoup de Français qui s'interrogent. Ce sont des questions qui sont parfaitement légitimes et qu'il faut entendre", a souligné dimanche Edouard Philippe en ouvrant ce séminaire gouvernemental destiné à "rappeler les fondements de la réforme, voir comment on peut encore l'améliorer" et "essayer d'accompagner les Français dans cette période de discussion".

"La liberté de manifester, la liberté de faire grève sont deux libertés auxquelles nous sommes tous évidemment attachés. Mais il y a aussi beaucoup de Françaises et de Français qui voudront travailler, qui voudront se déplacer. Il faut qu'ils puissent le faire dans les meilleures conditions possibles", a ajouté le Premier ministre, missionné en première ligne par Emmanuel Macron sur ce dossier explosif.

- "La réforme se fera" -

Selon un sondage Ifop pour le JDD, les Français se disent très largement favorables à une réforme du système de retraites (76%), mais sont seulement 36% à faire confiance au gouvernement pour la mener. Le mouvement du 5 décembre obtient le soutien ou la sympathie de 46% des sondés, tandis que 33% y sont opposés ou hostiles et 21% indifférents.

Accusé par l'opposition d'entretenir volontairement le flou sur ses intentions, l'exécutif a envoyé des signaux à la fois d'ouverture et de fermeté ces derniers jours. Intransigeant sur l'objectif. Mais ouvert à la discussion et soucieux d'un dialogue "sans brutalité", selon les mots d'Edouard Philippe.

Quitte à lâcher du lest sur des thèmes chers aux syndicats, comme les droits familiaux, la pénibilité ou les "garanties" attendues par les enseignants. Voire à décaler l'entrée en vigueur de la réforme au-delà de 2025.

Mais hors de question de renoncer à réformer. "Ce ne sera pas le cas car cette réforme est juste", insiste le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. "Nous n'échouerons pas, la réforme se fera", a ajouté le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin dans le JDD, soulignant qu'"on a du mal à comprendre pourquoi l'Etat verse chaque année 8 ?milliards d'euros" pour équilibrer les régimes spéciaux "sur nos impôts".

Le patron de LREM, Stanislas Guerini, a lui dénoncé dimanche "la volonté de faire converger toutes les colères", s'offusquant que le Parti socialiste défilera côte à côte avec le RN de Marine Le Pen jeudi. "Historique, un mur qui va tomber", a-t-il cinglé.

Dans l'opposition, la gauche continue d'accuser le gouvernement de vouloir "faire les poches de tout le monde" (Adrien Quatennens, LFI). A droite, Gérard Larcher (LR) a dénoncé "l'opacité totale" autour du projet du gouvernement qu'il a appelé à clarifier les choses.

L'exécutif craint surtout que la mobilisation s'étende au-delà de quelques catégories et vire à la crise sociale d'ampleur. Il envisage aussi avec une certaine angoisse la journée d'action des "gilets jaunes" samedi, un an pile après le pic de violence de leur mouvement.

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