France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr

Retraites: semaine de la dernière chance avant un blocage pour les fêtes

Lundi 16 décembre 2019
Retraites: semaine de la dernière chance avant un blocage pour les fêtes
Des voyageurs sur un quai de la station de métro Châtelet à Paris le 16 décembre 2019 - Martin BUREAU (AFP)

Une semaine à très haut risque s'est ouverte pour le gouvernement à la veille d'une nouvelle manifestation nationale, sans compromis en vue sur la réforme des retraites permettant de sortir du blocage des transports qui continuait lundi, à quelques jours des fêtes de Noël.

Comme prévu, la région parisienne vit une nouvelle journée noire.

Sur les routes d'abord, avec près de 200 km de bouchons à la mi-journée, après un pic à plus de 600 km peu avant 9H00, soit deux fois plus qu'une journée normale.

Dans les transports publics ensuite, où les très fréquentés RER A (1 sur 2) et B (1 sur 3) continuent de connaître de fortes perturbations.

Huit lignes de métro sont encore totalement fermées, six très perturbées et, comme depuis le début de la grève, seules les deux lignes automatisées circulent normalement. A la SNCF, où 61% des conducteurs sont en grève (un taux en légère baisse), le trafic est conforme aux prévisions, avec un tiers des TGV, un quart des Transilien et 4 TER sur 10 en moyenne.

Comme depuis le 5 décembre, les usagers tentent de s'organiser.

François, parti de chez lui à 04H50, a dû traverser une bonne partie de l'Île-de-France. "Jusqu'à présent, j'avais fait du télétravail ou pris ma voiture. Mais la voiture ce n'est plus possible, à la fois financièrement et au niveau de la fatigue", confiait-il à l'AFP en attendant un train à Saint-Lazare.

Par ailleurs, des blocages ont été mis en place par des routiers tôt dans la matinée à Lille, Vannes, Toulouse, Lyon, Nancy ou Miramas pour réclamer de meilleures conditions de travail et de salaires.

Face à ces difficultés, plusieurs universités ont décidé d'annuler ou de reporter les examens de fin d'année.

Des responsables politique de gauche, notamment Fabien Roussel (PCF), Olivier Faure (PS) et Raphaël Glucksmann (Place publique), sont venus lundi à la gare de Lyon à Paris apporter leur soutien aux grévistes de la SNCF, de la RATP et des hôpitaux.

Y aura-t-il des trains à Noël? Gouvernement et syndicats se renvoient la responsabilité d'une éventuelle paralysie du pays pendant les fêtes.

"Faire grève c'est légitime, mais on peut respecter des moments comme les fêtes de fin d'année", a affirmé la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.

"Si le gouvernement retire son projet et (qu')on discute sérieusement (...), tout se passera bien. Sinon, les grévistes décideront de ce qu'ils ont à faire jeudi ou vendredi", a déclaré dimanche le numéro 1 de la CGT, Philippe Martinez.

L'entreprise ferroviaire doit informer individuellement mardi les usagers sur le maintien ou l'annulation de leur train pour le premier week-end des vacances. La directrice générale de Voyages SNCF Rachel Picard a promis d'"essayer d'accomplir des miracles" pour proposer d'autres horaires de départ en cas d'annulation. Mais la moitié des voyageurs resteraient néanmoins à quai.

- Nouveau test mardi -

La journée de mardi pourrait être décisive, l'ensemble des syndicats appelant désormais à la manifestation, y compris les organisations réformistes, comme la CFDT, la CFTC, l'Unsa ou les étudiants de la Fage.

Ces organisations sont furieuses que le Premier ministre ait maintenu une mesure d'âge d'équilibre dans son projet de transformation des 42 régimes de retraite existants en un système universel par points.

La fixation d'un "âge d'équilibre", de 64 ans en 2027, signifie que chacun pourra continuer à partir à la retraite à 62 ans, mais au prix d'un malus sur sa pension, ceux partant après bénéficiant au contraire d'un bonus. Il s'agit d'encourager l'allongement des cotisations pour faire des économies et maintenir l'équilibre financier du système.

Sur cette mesure, "le gouvernement fait une profonde erreur en terme de justice sociale et aussi une profonde erreur politique s'il persiste", a insisté lundi Laurent Berger, qui a aussi des demandes sur une meilleure prise en compte de la pénibilité ou l'accompagnement des transitions.

Favorable à une retraite universelle par points, la CFDT ne sera pas dans la tête du cortège parisien, entre République et Nation, ne voulant pas défiler aux côtés de l'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires, FSU et des organisations de jeunesse) dont elle ne partage pas le mot d'ordre de retrait de la réforme.

Cette intersyndicale a déjà fixé une réunion mardi soir pour décider de la suite du mouvement, alors que les syndicats réformistes attendent toujours une date pour une réunion à Matignon, comme l'avait annoncé le Premier ministre la semaine dernière.

Outre les cheminots, les enseignants, les fonctionnaires, les avocats et magistrats, les internes, médecins et soignants seront mobilisés parfois dans des cortèges séparés dans toute la France pour réclamer davantage de moyens pour l'hôpital.

La sortie de crise s'annonce difficile alors que le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye reste fragilisé après la révélation de mandats non déclarés. La gauche et le RN réclament sa démission alors que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique se penchera sur son cas mercredi.

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
Sur le même thème
A la une