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Retraites: après l'esquisse de compromis du weekend, une sortie de crise incertaine

Lundi 13 janvier 2020
Retraites: après l'esquisse de compromis du weekend, une sortie de crise incertaine
Le Premier ministre Edouard Philippe avant son intervention au journal du 20 heures de France 2, le 12 janvier 2020 - GEOFFROY VAN DER HASSELT (AFP)

Après son offre de compromis aux syndicats modérés, le gouvernement a poursuivi lundi ses tentatives pour désamorcer le conflit sur les retraites, en rencontrant avocats et enseignants avant de nouvelles mobilisations dans la semaine contre son projet de régime par points.

"On est loin d'être à la fin de l'histoire (...) et il va falloir continuer à peser", a prévenu le numéro un de la CFDT, reconnaissant qu'il n'avait "pas la solution de la sortie de crise", au 40e jour de grève dans les transports.

Laurent Berger avait salué comme une "victoire" dimanche le retrait, par le Premier ministre Édouard Philippe, de la mesure prévoyant, à partir de 2022, un malus pour ceux qui partiraient avant un "âge pivot".

Mais le gouvernement l'a assorti de l'obligation, à travers une conférence de financement, de trouver avant fin avril des solutions alternatives pour que le régime soit à l'équilibre en 2027, et a confirmé que le futur système universel comporterait un âge d'équilibre, autrement dit un âge pivot, modulable selon les carrières.

La marge de manœuvre laissée aux partenaires sociaux est étroite, le gouvernement ayant exclu toute baisse de pension ou "augmentation du coût du travail". Le spectre de la négociation avortée de l'assurance chômage est également dans tous les esprits: faute d'accord entre partenaires sociaux, le gouvernement avait changé les règles au grand dam des syndicats.

Le leader de la CGT, Philippe Martinez, s'est d'ailleurs interrogé dès dimanche sur l'utilité de participer à la conférence de financement: "Qu'est-ce qu'on va aller faire dans une conférence où on ne va pas discuter de tout?"

- Augmentations de salaires pour les profs -

Le gouvernement s'est engagé lundi soir à consacrer 500 millions d'euros à des augmentations de salaires pour les enseignants dès 2021, a annoncé l'entourage du ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer après une rencontre avec les organisations syndicales.

Au total, le gouvernement s'est engagé à réserver 10 milliards d'ici 2037 pour améliorer les salaires des enseignants, qui seront très défavorisés par le nouveau système de retraite par points. Mais la répartition de ces hausses reste inconnue: les augmentations ne seront pas les mêmes pour des profs en début ou en milieu de carrière, ou pour ceux nés après 1975, donc concernés par la réforme des retraites, et les autres.

Massivement mobilisés encore lundi partout en France, les avocats ont également été reçus par la ministre de la Justice Nicole Belloubet mais sont sortis déçus. La présidente du Conseil national des barreaux (qui représente 70.000 avocats), Christiane Féral-Schuhl, a déclaré n'avoir reçu "aucune nouvelle proposition" mais avoir néanmoins "senti que nos interlocuteurs étaient très préoccupés par la situation de crise".

Le mouvement des avocats a eu pour conséquence notable la suspension jusqu'à mardi du procès à Lyon de l'ex-prêtre Bernard Preynat, poursuivi pour agressions pédophiles.

Le projet de réforme prévoit notamment de doubler les cotisations retraite (de 14 à 28%) pour les avocats gagnant moins de 40.000 euros par an. Les avocats perdraient en outre le bénéfice d'une pension minimum à 1.400 euros net, selon le CNB.

Les assemblées générales de ce début de semaine ont commencé à donner une indication sur la poursuite du mouvement à la SNCF et à la RATP, certaines l'actant déjà jusqu'à vendredi. Des fédérations de l'Unsa et de la CFDT, grévistes en dépit de l'appui de leurs centrales à la réforme à points, ont déjà décidé de s'inscrire également dans la poursuite du mouvement.

"Tous ceux qui incitent (les grévistes) à poursuivre la grève les envoient peut-être dans une impasse (...), je pense qu'ils devraient prendre leurs responsabilités", a exhorté dimanche Édouard Philippe. Lundi, le taux de grévistes à la SNCF était au plus bas depuis le 5 décembre, à 4,3%.

Côté trafic, la situation continue de s'améliorer pour mardi, avec 8 TGV sur 10 en circulation, 3 TER sur 4 et 7 Transilien sur 10. La RATP a annoncé que toutes les lignes de métro seraient ouvertes mais fonctionneraient souvent partiellement, avec de moindres fréquences ou à certains horaires seulement.

La CGT a appelé à "poursuivre le combat" par une nouvelle opération "ports morts" mardi. Elle a aussi appelé à bloquer les deux plus gros centres fiduciaires du pays mais il n'y a "aucun risque de pénurie" de billets à craindre, a assuré la Banque de France.

Mardi, Muriel Pénicaud recevra les partenaires sociaux pour discuter pénibilité et emploi des seniors. Deux thèmes sur lesquels la ministre du Travail souhaite dégager de "grandes orientations" avant la présentation du projet en Conseil des ministres le 24 janvier.

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