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Reprise du chantier de consolidation de Notre-Dame de Paris

Lundi 19 août 2019
Reprise du chantier de consolidation de Notre-Dame de Paris
Travaux de restauration à Notre-Dame le 19 août 2019 - Thomas SAMSON (AFP)

Une cinquantaine d'ouvriers ont repris lundi les travaux de sécurisation de Notre-Dame de Paris qui étaient interrompus depuis le 25 juillet en raison des risques de contamination au plomb.

"Les travaux ont repris à 08H00 ce lundi avec une cinquantaine d'ouvriers maximum", a indiqué le ministère de la Culture contacté par l'AFP.

Le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, Michel Cadot, a donné son feu vert à leur reprise après une visite sur le chantier.

"A l’occasion de ma visite sur le chantier, j’ai pu me rendre compte que les différentes recommandations de l'inspection du travail ont bien été appliquées. J’ai donc autorisé la reprise du chantier de la cathédrale Notre-Dame. Les nouveaux moyens de décontamination installés permettent la montée en charge du chantier tout en assurant la santé des travailleurs", a affirmé le préfet à l'issue de sa visite.

Des dispositifs drastiques (pédiluves, douches, tenues jetables, stricts protocoles d'entrée et de sortie du site...) ont été mis en place. "Les tourniquets (pour entrer et sortir du chantier à l'aide de badges) seront installés dans la semaine", a précisé le ministère de la Culture.

Le passage sur le chantier se fait par une entrée unique. Les personnes pénétrant dans le chantier doivent obligatoirement passer par une unité de décontamination. Toute personne pénétrant dans le chantier doit se déshabiller entièrement et se rhabiller avec des vêtements jetables et non plus porter une simple combinaison étanche comme c'était le cas avant le 25 juillet.

Ces nouvelles mesures doivent garantir la sécurité du personnel travaillant dans l'édifice et empêcher la dispersion de poussières de plomb hors du chantier, hermétiquement bouclé.

Les travaux de consolidation consistent à placer des cintres sous les arcs-boutants, installer des plafonds provisoires au-dessous et au-dessus de la voûte (pour pouvoir la contrôler et en dégager les gravats), démonter l'échafaudage édifié autour de la flèche qui a été soudé par le feu. Tout cela en évitant toute chute de pierres ou tout déséquilibre qui abimerait la structure gothique.

A l'issue de la phase complexe et longue de consolidation, les premiers travaux de restauration ne débuteront pas avant le premier semestre 2020.

- Risque d'effondrement -

Il reste à définir la nature des travaux de restauration, les matériaux, les sociétés retenues, la reconstruction ou non de la flèche à l'identique et le concours d'architectes qui doit le déterminer, la construction d'une cathédrale éphémère sur le parvis pour les fidèles et les touristes, etc...

Mercredi, le ministère de la Culture avait jugé d'une "impérieuse nécessité" la réouverture du chantier en mettant en avant un risque potentiel d'effondrement de l'édifice.

"L'édifice fait toujours l'objet d'un arrêté de péril du préfet de police, en date du 17 avril, et de nouvelles chutes de pierre des voûtes de la nef se sont très récemment produites suite à l'épisode de canicule", a indiqué le ministère.

Le gigantesque chantier avait été interrompu le 25 juillet sur prescriptions de l'inspection du travail en raison des risques de contamination au plomb.

"L'ensemble des services de l'État impliqués dans le chantier ont fait de la santé des travailleurs sur ce chantier une priorité absolue, primant sur toute autre considération", a assuré le ministère de la Culture.

L'incendie qui a partiellement ravagé Notre-Dame le 15 avril a fait fondre plusieurs centaines de tonnes de plomb, dont une partie s'est évaporée en particules dans l'atmosphère et les sols.

Depuis le sinistre, des taux de concentration importants de plomb, auxquels les enfants sont particulièrement exposés, ont été relevés aux alentours de l'édifice. Une décontamination des sols autour de la cathédrale a été lancée le 13 août.

Le parquet de Paris a été saisi fin juillet par l'association Robin des Bois d'une plainte contre X pour "mise en danger délibérée d'autrui et non-assistance à personne en danger".

L'association reproche aux autorités administratives de ne pas avoir organisé le confinement des riverains et des travailleurs, ainsi qu'un manque d'information sur les retombées toxiques. La plainte était toujours en cours d'analyse mi-août par la section Santé publique du parquet, selon une source judiciaire.

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