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Procès Mélenchon: place aux réquisitions et plaidoiries

Vendredi 20 septembre 2019
Procès Mélenchon: place aux réquisitions et plaidoiries
Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon (g), à sa sortie du tribunal de Bobigny, le 19 septembre 2019 - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT (AFP)

Au lendemain d'une première longue journée d'audience terminée vers 23H00, le parquet prononce ses réquisitions vendredi au procès de Jean-Luc Mélenchon et cinq autres de ses proches à Bobigny, jugés pour les incidents ayant émaillé la perquisition d'octobre 2018 au siège de LFI.

Poursuivi pour "actes d'intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l'autorité publique, rébellion et provocation", M. Mélenchon, qui martèle être victime d'un "procès politique", encourt jusqu'à 10 ans de prison, une amende de 150.000 euros et 5 ans d'inéligibilité.

L'audience doit reprendre à 09H30 au tribunal correctionnel avec les plaidoiries des avocats des 12 parties civiles - des policiers et magistrats -, avant les réquisitions du ministère public l'après-midi suivies des plaidoiries de la défense. Le jugement sera mis en délibéré.

La première journée du procès a été marquée par la confrontation du leader insoumis avec Me Eric Dupond-Moretti, avocat de plusieurs policiers. M. Mélenchon a raconté son "sentiment d'humiliation" au moment de la perquisition ce 16 octobre, et expliqué sa véhémence d'alors, notamment sa phrase "La République c'est moi", criée à la figure d'un policier en faction.

Il a affirmé n'avoir pas voulu s'opposer à la perquisition mais simplement avoir tenté d'y assister pour s'assurer que le fichier des inscrits à LFI ne soit pas emporté. "J'ai eu l'attitude que j'estimais politiquement nécessaire, car je pensais être la cible d'une attaque politique", a expliqué le patron des députés LFI, qui s'est défendu de toute violence physique.

La perquisition au cœur du procès avait été menée au siège parisien de LFI dans le cadre de deux enquêtes du parquet de Paris: sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017 et sur les conditions d'emploi d'assistants d'eurodéputés de LFI, confiées depuis à des juges d'instruction.

- Un policier "marqué" -

Filmant en direct sur Facebook une première perquisition de son domicile, M. Mélenchon avait d'abord dénoncé une "énorme opération de police politique" avant de se rendre avec des proches au siège du mouvement. Devant des caméras, il avait appelé ses proches à "enfoncer la porte" pour entrer dans les locaux. On le voyait également bousculer un représentant du parquet, ainsi qu'un policier qui tentait de s'interposer.

"Vous n'avez pas tous les droits en tant que personne publique", a reproché à l'Insoumis le représentant du ministère public. "Ici, on est dans une enceinte judiciaire, pas devant le tribunal avec des pancartes", a aussi tonné Me Dupond-Moretti, se référant aux dizaines de militants qui avaient manifester le matin devant le bâtiment, et critiquant les longues digressions politiques de M. Mélenchon.

Les cinq autres prévenus, dont les députés LFI Alexis Corbière et Bastien Lachaud et l'eurodéputé Manuel Bompard, ont ensuite été entendus, présentant une défense dans la lignée de celle de leur chef de file. Alexis Corbière a ainsi assumé son attitude lors de la perquisition: "Cette manière de monter le ton peut être apaisante", a-t-il plaidé.

La journée s'est achevée sur le récit des parties civiles. Un policier a ainsi relaté avoir été "marqué par cet événement", après lequel plusieurs agents ont obtenu jusqu'à sept jours d'ITT.

Visiblement fatigué à la sortie de l'audience peu après 23H00, Jean-Luc Mélenchon a dit quelques mots aux médias qui le questionnaient et lâché: "Qui a ouvert la porte, qui a fermé la porte, qui a levé le doigt, qui a parlé fort, moins fort, trop fort... Tu sors abîmé de cette pantalonnade pareille".

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