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Mort à 100 ans d'Albin Chalandon, le "dernier des barons gaullistes"

Jeudi 30 juillet 2020
Mort à 100 ans d'Albin Chalandon, le "dernier des barons gaullistes"
Albin Chalandon en visite au Gabon en 1979. Il dirige alors Elf-Aquitaine - - (AFP/Archives)

"Dernier des barons gaullistes", Albin Chalandon, ancien garde des Sceaux et ex-PDG d'Elf-Aquitaine, est décédé à l'âge de 100 ans, après avoir mené une double carrière d'homme politique et d'homme d'affaires.

Son décès a été annoncé jeudi par son lointain successeur, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, qui a salué la mémoire d'un "grand serviteur" de la République.

"Avec le décès d'Albin Chalandon, la France perd un de ses combattants de la Libération, la République un de ses grands serviteurs et le ministère de la Justice un de ses anciens Gardes", a tweeté le ministre.

Le président Emmanuel Macron a rendu hommage à une "haute figure qui incarnait un siècle d’histoire française, depuis la geste glorieuse des maquis jusqu’aux heures de maturité de la Ve République."

L'ex-garde des Sceaux Rachida Dati, dont Albin Chalandon a été l'un des mentors tout au long de sa carrière, a accueilli la nouvelle avec une immense tristesse. "Albin Chalandon a changé ma vie. C'est quelqu'un qui m'a tout donné. Il m'a donné ma liberté, m'a permis de m'émanciper, il m'a aidée quand ma mère était gravement malade, ma famille dans les épreuves et dans ma vie professionnelle. J'avais un amour infini pour lui et je me dis: s'il n'avait pas été là, qu'est-ce-que je serais devenue ?", a-t-elle dit à l'AFP, la voix brisée par l'émotion.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a salué de son côté "la vie et la mémoire" du "dernier des +barons+ gaullistes".

D'autres personnalités de droite ont rendu hommage au parcours de celui, qui, à l'instar de Jacques Chaban-Delmas, Maurice Couve de Murville, Pierre Messmer ou Alain Peyrefitte, faisait partie des compagnons politiques historiques du Général de Gaulle.

L'ancien président Nicolas Sarkozy a salué sur Twitter "un homme aux multiples talents qui a fait honneur à la France".

"Avec Albin Chalandon, une personnalité hors du commun disparaît", a abondé Valérie Pécresse, la présidente (ex-LR) de la Région Ile-de-France. "Il a servi la France avec élégance à chaque étape de sa vie", met en exergue le maire de Nice (LR) Christian Estrosi. "La Ve République perd un de ses grands serviteurs", s'incline Xavier Bertrand, le président (ex-LR)des Hauts-de-France.

- La Résistance et la Libération de Paris -

Tous ont également une "pensée" pour son épouse, la journaliste Catherine Nay.

Né le 11 juin 1920 à Reyrieux (Ain), licencié ès-lettres, Albin Chalandon entre dans la Résistance et participe à la Libération de Paris en 1944. Après l'inspection des Finances, il devient membre du cabinet de Léon Blum, alors président du gouvernement provisoire.

Il s'engage ensuite dans la vie politique et s'inscrit au RPF (gaulliste) en 1948. En 1952, il crée la Banque commerciale de Paris, qu'il présidera de 1964 à 1968.

Revenu à la politique en 1958 avec le général de Gaulle, il devient secrétaire général de l'UNR (1958-59), puis secrétaire général adjoint de l'UDR (1974-75). Député des Hauts-de-Seine (1968 puis 1973), il est élu député du Nord en 1986 mais renonce à son mandat électoral pour entrer au gouvernement.

Ministre de l'Industrie de Georges Pompidou de mai à juillet 1968, il est ministre de l'Equipement et du Logement dans les gouvernements Couve de Murville (1968-69) et Chaban-Delmas (1969-72).

C'est en 1969 qu'il a l'idée de proposer des maisons individuelles bon marché aux ménages les plus modestes. Environ 65.000 "chalandonnettes" sont construites entre 1970 et 1972. Mais certaines rencontrent des problèmes techniques, provoquant le mécontentement de leurs propriétaires.

Albin Chalandon devient ensuite président du groupe nationalisé Elf-Aquitaine (1977-83). Il en est écarté après l'arrivée au pouvoir de la gauche, pour avoir voulu s'opposer au plan de restructuration de la chimie lourde française.

Nommé garde des Sceaux en 1986 dans le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac, M. Chalandon y est le symbole d'une politique sécuritaire.

En 2010, il a été mis en garde à vue dans le cadre de l'affaire Visionex, société soupçonnée de fabriquer des bornes internet permettant des paris clandestins et visée par une enquête dans laquelle son fils a été mis en examen.

Grand'Croix de la Légion d'honneur et Croix-de-guerre 39-45, il s'était marié en 1951 à la princesse Salomé Murat avec qui il a eu trois enfants. Il a plus tard partagé la vie de Catherine Nay qu'il a épousée en 2016.

el-asl-ccd-pr/dch/dlm

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