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Les cabinets de curiosités se dévoilent au Fonds Leclerc à Landerneau

Samedi 22 juin 2019
Les cabinets de curiosités se dévoilent au Fonds Leclerc à Landerneau
Une sculpture en cire des siamois Giacomo et Giovanni-Battista Tocci présentée lors de l'exposition "Cabinets de curiosité" au Fonds Hélène et Edouard Leclerc de Landerneau, en France - Fred TANNEAU (AFP)

Un œil humain démontable, le buste d'une femme à barbe ou des minéraux vieux de plusieurs centaines de milliers d'années: à compter de dimanche le Fonds Hélène et Édouard Leclerc (FHEL) présente 1.500 œuvres provenant des univers étranges et bigarrés des cabinets de curiosités.

"On revient ici aux fondamentaux de ce qu'est une collection, de ce qu'est un musée", explique à l'AFP Laurent Le Bon, commissaire de l'exposition qui se tient jusqu'au 3 novembre dans la petite ville de Landerneau, aux portes de Brest.

"Un cabinet de curiosités c'est un lieu entre savoir et plaisir, entre savoir et art", poursuit celui qui est aussi à la tête du Musée national Picasso de Paris.

Cet ancêtre des musées est né en Europe à la Renaissance, quand les élites se sont mises à rassembler chez elles des créatures et objets naturels ou créés par l'homme.

Au carrefour de l'art et de la science, les cabinets de curiosités s'effacent cependant devant le rationalisme des Lumières, pour ne subsister que dans les musées secrets de quelques collectionneurs. Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour les voir revenir sur le devant de la scène.

Après s'être vu consacrer, à Poitiers en 2013, une exposition intitulée "La Licorne et Le Bézoard", qui se proposait d'en retracer l'histoire, le cabinet de curiosités fait l'objet, dans le projet du FHEL, d'une approche renouvelée.

"Cette exposition fantastique fait œuvre de par la réunion de 17 éléments complètement disparates, contradictoires, dispersés dans le temps et dans l'espace", souligne l'artiste Jean-Jaques Lebel, lors d'une présentation à la presse de son cabinet, composé d'une soixantaine de visages de provenances et d'époques différentes, dont un moulage en plâtre d'André Breton.

Son cabinet se veut une riposte collective "au contrôle permanent des identités" rendu possible par les caméras de surveillance ou le stockage des données via les réseaux sociaux notamment.

- 17 univers -

L'exposition décrypte ainsi les cabinets de curiosités, non pas de manière historique mais à travers le prisme d'artistes, collectionneurs ou institutions qui ont réinventé le concept au cours des dernières décennies. Au total, 17 univers ont été recréés.

Parmi ceux-ci, celui du Muséum national d'histoire naturelle qui présente insectes, herbiers et fossiles, ou celui du conservatoire d'anatomie de la faculté de médecine de Montpellier, outil pédagogique de premier plan pour des générations d'étudiants avant que n'existent les techniques actuelles d'exploration du corps humain.

Ce dernier présente 25 objets, dont un œil humain agrandi et démontable, fait de plâtre, métal et verre et datant du XIXe siècle, et une tête anatomique attribuée au sculpteur italien Gaetano Zumbo et composée d'un crâne naturel caché sous un modelage en cire représentant la partie musculaire.

"C'est la plus ancienne pièce de nos collections, elle date de la fin du XVIIe siècle", explique à l'AFP Marie-Angeline Pinail, régisseur des collections à l'université de Montpellier, tournant le dos à un buste momifié grandeur nature, représentant une femme à barbe.

L'artiste plasticien Théo Mercier, le collectionneur et mécène Antoine de Galbert, le peintre, sculpteur et céramiste Miquel Barcelo, l'économiste Jacques Attali ou le photographe Andreas Gursky présentent également leur propre cabinet de curiosités.

"On ne reverra jamais un tel ensemble", assure Laurent Le Bon. "Il y a ici des objets de toutes les périodes et de toutes les régions du monde", souligne-t-il.

Le FHEL a été créé en 2011 au sein de l'ancien couvent qui a abrité les premiers entrepôts des magasins Leclerc dans les années 1960. Pour la première fois, la chapelle située dans son enceinte sera par ailleurs ouverte au public à l'occasion de cette exposition.

Achevée en 1642, la vaste chapelle des Capucins fit office de prison, d'école puis d'entrepôt avant d'être restaurée au cours des années 1980 par Hélène et Édouard Leclerc qui, au fil des années, y déposèrent leur collection d'art sacré, un cabinet de curiosité en son genre.

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