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La chute d'Adrien Quatennens, disciple assidu de Mélenchon

Lundi 19 septembre 2022
La chute d'Adrien Quatennens, disciple assidu de Mélenchon
Adrien Quatennens répond à des journalistes dans la salle des Quatre Colonnes à l'Assemblée nationale, le 6 juillet 2022 - BERTRAND GUAY (AFP/Archives)

La chute n'en est que plus lourde: élu député à 27 ans en 2017, disciple assidu devenu bras droit de Jean-Luc Mélenchon au point d'apparaître comme son successeur potentiel, Adrien Quatennens s'est retiré de la coordination de La France insoumise après avoir avoué des violences conjugales.

Les réactions de ses pairs mélenchoniens sont éloquentes: chez ces militants des droits des femmes, le respect dû au camarade devenu rouage essentiel de leur mouvement prend le pas sur la condamnation de la gifle assénée ou du portable confisqué à son épouse.

Car le grand roux à l'éternel costume sur chemise blanche symbolisait la jeune génération, déjà aguerrie, que Jean-Luc Mélenchon se targuait d'avoir fait monter. L'ex-candidat à la présidentielle lui-même a versé dans l'amertume en dénonçant "la malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux", saluant a contrario chez Adrien Quatennens la "dignité" et le "courage", et lui redisant sa "confiance" et son "affection".

Récemment encore, un mélenchoniste historique disait du député du Nord: "Il est jeune, intelligent, talentueux". Et il ajoutait à propos de la présidentielle de 2027: "Il y pense et il aurait tort de ne pas y penser".

Adrien Quatennens ne s'en était d'ailleurs pas caché, au lendemain de la présidentielle, en disant dans un média que "le plus tôt serait le mieux" pour la succession de Jean-Luc Mélenchon.

Et au sein des autres groupes parlementaires, d'aucuns ne se sont pas privés de rediffuser sur Twitter la séquence d'un Adrien Quatennens vilipendant le gouvernement sur sa mollesse quant aux violences faites aux femmes.

- "Génération Mélenchon" -

A partir de sa victoire à quelques dizaines de voix près sur le cadre LREM Christophe Itier en 2017, dans la première circonscription de Lille, tout s'était enchaîné rapidement pour Adrien Quatennens, jusque-là téléconseiller dans le secteur de l'énergie.

D'abord la révélation dans l'hémicycle, par son intervention en juillet 2017, à propos des ordonnances sur le Code du travail portées par la ministre Muriel Pénicaud : il l'avait accusée de "meurtre avec préméditation du Code du travail" et lui avait lancé "Vous dites que le problème du Code du travail est son épaisseur. Trouvez-vous que l’annuaire est trop épais ? Dans ce cas, quelles pages faut-il arracher ?"

Puis Adrien Quatennens a bénéficié des louanges publiques de Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci a rapporté que dans leurs entretiens, le jeune député l'encourageait à une stratégie de la force tranquille: être certes radical et implacable, mais sans exhubérance ni éparpillement. Un comportement que M. Quatennens adoptait lui-même sur les nombreux plateaux de télévision où il était invité.

Sa nomination à la coordination de La France insoumise, en 2019 pour relever le mouvement de crises internes et de l'échec des élections européennes, ressemblait à la consécration. Mais ce fut en réalité le début d'une période de plus grande discrétion. "Il a fait avancer certains chantiers internes", assurait il y a quelques semaines un cadre de LFI.

A l'Assemblée nationale, M. Quatennens continuait à assurer des prises de parole régulières, mais avec moins de travail technique qu'auparavant. Jean-Luc Mélenchon a dès lors plus souvent salué celle à qui il laissera la présidence du groupe des députés, Mathilde Panot.

En 2021, Adrien Quatennens publie néanmoins "Génération Mélenchon" (Seuil), dans lequel il s'érige en disciple modèle - et en relève modèle.

Père d'une petite fille de trois ans, Adrien Quatennens est né le 23 mai 1990 à Lille et milite dès ses 15 ans. Cet amateur de rock, fan d'Hubert-Félix Thiéfaine et batteur à ses heures perdues, s'active ensuite au sein d'associations d'aide aux sans-abri, puis adhère à l'ONG altermondialiste Attac.

En 2012, séduit par le tryptique "écologie, socialisme, République" de Jean-Luc Mélenchon, il soutient la campagne du candidat à la présidentielle puis adhère au Parti de gauche, avant-garde de LFI, l'année suivante. Dix ans plus tard, son ascension régulière, marquée par une facile réélection aux législatives de juin dernier, a brusquement pris fin.

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