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Frappé par la crise, le monde du sport se sent délaissé

Lundi 16 novembre 2020
Frappé par la crise, le monde du sport se sent délaissé
Le PSG avant d'affronter le Borussia Dortmund dans un Parc des Princes à huis clos pour cause de coronavirus, le 11 mars 2020 - - (GETTY/UEFA/AFP/Archives)

Salles de sport fermées, chute des adhésions dans les clubs, pertes de billetterie dues au huis clos: le sport français pâtit du reconfinement et se sent méprisé par des responsables qui n'ont pas "le mot sport" dans leur vocabulaire.

C'est peut-être pour répondre aux SOS lancés ces dernières semaines qu'Emmanuel Macron recevra mardi matin à l'Elysée, avec le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement, les acteurs du sport français, entre autres le président du Comité d'organisation des JO de Paris 2024, Tony Estanguet.

Depuis dix jours, un autre champion français, ex-star de la NBA, Tony Parker, président du club de basket-ball de l'Asvel, tire la sonnette d'alarme pour dire que si rien n'est fait ce sera "la mort du basket".

Voici le dilemme: continuer à jouer dans des salles vides en perdant des milliers d'euros, ou arrêter de son propre chef, donc sans être aidés financièrement via l'activité partielle notamment. Les sports dont l'économie repose le plus sur la billetterie souffrent particulièrement, comme le rugby.

Pour compenser ces pertes de recettes, réduites à néant depuis le huis-clos du reconfinement, le ministère des Sports promet une aide depuis deux mois et demi. Le chiffre de 107 millions d'euros a été "sanctuarisé", a-t-il promis début novembre mais le déblocage de la somme est suspendue à sa compatibilité avec les règles européennes. Une question de jours, assure-t-on chez la ministre des Sports Roxana Maracineanu.

Reste que les clubs lorgnent sur cette enveloppe, le rugby, impatient, s'étant déjà publiquement prévalu de 40 millions ...

Autre piste poussée par le ministère auprès de Bercy: des exonérations de cotisations spécifiques au sport. Toutes aides confondues (prêt, activité partielle, etc), près de 4 milliards d'euros sont déjà allés au secteur du sport, affirme-t-on au ministère, qui se défend d'être resté les bras ballants.

Les 120 millions d'euros débloqués en septembre, au moment du plan de relance, paraissent désormais insuffisants.

"Il y a des salles de sport qui mettent la clé sous la porte", explique-t-on chez Cosmos, représentant employeurs et entreprises du sport, qualifiant "d'urgence extrême la situation".

"Il faut juste que nos élites comprennent que le sport est important, le mot sport ne fait pas partie de leur vocabulaire", s'est encore récemment ému Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), regrettant que le mot soit quasiment absent de chaque intervention de l'exécutif.

- "Manque de légitimité" -

Entre l'attente de mesures qui tardent et quelques maladresses de forme, le sport se sent encore plus mal aimé que d'habitude, trouvant par exemple que la culture est mieux traitée.

"Le sport souffre d'un manque de légitimité en France, qui est lié à toute une histoire sur la place du sport dans la société, pas la même qu'en Angleterre par exemple. Et il y a une structuration du sport français qui sait moins se faire entendre que d'autres secteurs", décrypte Cyrille Rougier, sociologue au centre de droit et d'économie du sport (Cdes).

"Le champ sportif s'est construit à distance du champ politique", ajoute-t-il, ce qui fait aussi qu'il est "plus éloigné des décisions politiques que d'autres secteurs", explique-t-il à l'AFP. Au final, cela renvoie l'idée "que le sport n'est pas primordial, alors même que les conséquences de l'absence de bénévolat, de clubs amateurs, qui font du lien social, cela peut avoir des conséquences extrêmement graves sur le bien-être collectif", met-il en garde.

Côté sport amateur, l'inquiétude est grande.

Au dernier pointage du CNOSF, la baisse des adhésions tourne autour de 20%. A l'instar aussi de plusieurs députés, le CNOSF réclame inlassablement la mise en place d'un "Pass sport", une aide destinée aux familles pour payer l'adhésion ou acheter des équipements.

Depuis le premier confinement, plusieurs médecins insistent par ailleurs sur les dangers de la sédentarité à la fois pour les adultes, mais aussi chez les ados et les enfants.

Dans un courrier à la ministre des Sports, quarante-cinq députés Les Républicains ont notamment demandé d'autoriser les collectivités à rouvrir leurs équipements sportifs aux associations. A Poissy, le maire de la ville, Karl Olive, a d'ores et déjà lancé le mouvement. "Les gymnases, stades et piscines rouvrent à la demande des clubs après vérification du protocole sanitaire et obligation d'avoir le téléchargement #tous anti-covid. Et c'est à eux de faire le tri", explique-t-il.

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