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Européennes: Macron monte au front pour le sprint final

AFP Lundi 20 mai 2019

Emmanuel Macron le 17 mai 2019 à Biarritz

- IROZ GAIZKA (POOL/AFP/Archives)

A six jours des élections européennes, Emmanuel Macron monte au front lundi avec un entretien à la presse régionale pour lancer le sprint final d'une campagne qui se durcit à l'approche du scrutin.

L'interview du chef de l’État, réalisée lundi, doit être publiée en soirée sur internet.

Sans appeler directement à voter pour les Marcheurs, il souhaite mobiliser l'électorat en "rappelant les apports concrets de l'Europe pour les citoyens, notamment français", a expliqué son entourage, notamment en matière sociale, d'environnement, de sécurité, économique et de lutte contre le terrorisme.

Il souhaite aussi de nouveau lancer une mise en garde contre le risque d'une "déconstruction du projet européen" qui n'aurait "rien d'anodin" pour les Français, ajoute l'Elysée.

Dans le camp présidentiel, l'alerte rouge est décrétée contre le risque de voir le Rassemblement national (RN) arriver en tête dimanche, ce qui serait vécu comme un échec personnel pour Emmanuel Macron qui n'a cessé de dramatiser l'affrontement entre "progressistes" et "nationalistes".

Le week-end a été rythmé par un tir de barrage concerté de la majorité contre le Rassemblement national, accusé d'être le cheval de Troie des plans de Trump et Poutine pour affaiblir l'Europe. Pour preuve, selon la Macronie, la présence à Paris de Steve Bannon, l'ex-stratège du président américain Donald Trump, qui a enchaîné les interviews avec les médias français pour encenser Marine Le Pen.

En meeting à Vesoul, Edouard Philippe a appelé à la mobilisation de l'électorat pro-européen, tout en critiquant l'immixtion de l'ex-conseiller de Donald Trump dans la campagne.

Le Premier ministre, qui se rendra à Valenciennes mardi Orléans jeudi, a été envoyé en première ligne par Emmanuel Macron qui a demandé au gouvernement de s'activer jusqu'au bout au soutien de la tête de liste Nathalie Loiseau.

Steve Bannon n'a "aucun rôle dans la campagne" du RN, a assuré Mme Le Pen. Laquelle "n'a pas besoin de mon aide pour gagner" et réussir "un des plus grands retours de l'histoire", a complété l'intéressé.

Depuis des mois, LREM et RN sont au coude-à-coude dans les sondages, avec désormais un léger avantage au RN, loin devant Les Républicains et les partis de gauche, qui partent divisés pour ce scrutin.

Avant même la parution, la tête de liste PS/Place Publique Raphaël Glucksmann et les patrons du PS, du PRG et de Nouvelle Donne ont protesté contre cette "tribune unilatérale" du président. Ils demandent aux journaux concernés de ne pas se prêter à cette "manoeuvre" ou à défaut d'ouvrir leur colonnes pour un "droit de réponse".

Parallèlement, le chef de l'Etat continue à recevoir cette semaine des dirigeants européens pour rassembler "l'arc progressiste" qu'il espère pour soutenir ses projets de réformes de l'UE.

Ce lundi il reçoit le président du Conseil européen Donald Tusk puis dîne avec le Premier ministre portugais Antonio Costa. M. Glucksmann a lui, au même moment affirmé que le dirigeant portugais lui avait apporté son soutien.

Mardi, M. Macron reçoit à déjeûner douze écrivains pro-européens, dont Bernard-Henri Lévy.

- "Antifascisme de théâtre" -

Le RN mise, lui aussi, sur l'opposition frontale. "Votez contre Macron", peut-on lire en grosses lettres jaunes sur le tract électoral que le RN a diffusé à cinq millions d'exemplaires.

Un référendum anti-Macron, c'est aussi la ligne suivie par la France insoumise, qui dispute la quatrième place aux écologistes d'EELV derrière LR. Dimanche encore, Jean-Luc Mélenchon a appelé à mettre M. Macron "dos au mur".

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR, regrette la "mise en scène" du face-à-face annoncé entre LREM et RN ainsi que "l'antifascisme de théâtre" d'Emmanuel de Macron.

Signe de la tension qui monte, la majorité a demandé aux chaînes qui organisent cette semaine les derniers débats de mettre en place un "dispositif antifake news en direct".

Sur LCI, un premier plateau a réuni les "petits" candidats, avant les "grands" en soirée. Sans surprise, Benoît Hamon (Générations), Ian Brossat (PCF), Nathalie Arthaud (LO), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Florian Philippot (Patriotes), François Asselineau (UPR) et le chanteur Francis Lalanne (l'Alliance jaune) on étalé leur divergences, notamment sur la sortie ou non de l'euro.

"Je me fous du traité de Lisbonne, j'ai voté contre donc pour moi, il ne compte pas", a expliqué M. Lalanne, tandis que M. Asselineau a provoqué les rires du plateau en appelant involontairement la représentante de Lutte ouvrière "Mme Laguiller".

La classe politique se divise aussi sur l'affaire Vincent Lambert. Interpellé par plusieurs partis sur la décision d'arrêter les soins de cet infirmier en état végétatif depuis plus de dix ans, Emmanuel Macron a affirmé lundi qu'il ne lui appartenait "pas de suspendre une décision qui relève de l'appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois".

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