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Embellie sur le front du chômage, le gouvernement se réjouit

Jeudi 14 février 2019
Embellie sur le front du chômage, le gouvernement se réjouit
Le taux de chômage est en recul de 0,3 point à 8,8% de la population active en France entière (hors Mayotte) au 4e trimestre 2018, son plus bas niveau depuis 2009, selon des chiffres provisoires de l'Insee publiés jeudi - PHILIPPE HUGUEN (AFP/Archives)

La France a connu une embellie fin 2018 sur le front du chômage, passé sous le seuil des 9%, un effet des réformes selon le gouvernement, même si cette baisse est le miroir de la croissance et reste fragile.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui commente de temps à autre les chiffres malgré ce qu'elle avait dit au début du quinquennat, s'est immédiatement réjouie jeudi matin de cette "très bonne nouvelle".

Au dernier trimestre 2018, le taux de chômage s'est en effet inscrit en recul de 0,3 point à 8,8% de la population active en France entière (hors Mayotte), son plus bas niveau depuis 2009, selon des chiffres provisoires de l'Insee publiés jeudi.

Il faut dire que le dernier trimestre de l'année 2018 a été particulièrement agité pour le gouvernement avec la crise des "gilets jaunes", des revendications plus axées sur le pouvoir d'achat. L'automne avait offert peu de motifs de satisfaction.

Mme Pénicaud y voit "notamment" les premiers effets des ordonnances réformant le droit du travail avec des "petites entreprises qui ont moins peur d'embaucher". Mais aussi "plus de jeunes en apprentissage" et "plus de demandeurs d'emplois dans des formations de qualité", en référence au plan d'investissement dans les compétences (PIC) et aux réformes de l'apprentissage et de la formation professionnelle.

"Les premiers résultats sont là", a renchéri une autre membre du gouvernement, Marlène Schiappa, en marge d'une conférence de presse à Bercy.

"Tant mieux", a réagi de son côté Laurent Berger, numéro un de la CFDT. Mais, a-t-il mis en garde dans la foulée: "Le seul problème c'est qu'il y a un marché du travail coupé en deux: il y a d'un côté des salariés formés, qualifiés et qui trouvent de l'emploi et de l'autre côté des personnes qui ont une grosse difficulté d'emploi qui subissent du chômage et de la précarité".

La question de la précarité va d'ailleurs revenir sur le tapis jeudi après-midi lors de la reprise des négociations difficiles sur l'assurance chômage, avec en débat une proposition patronale pour revoir les règles des CDD d'usage.

- "Beaucoup de marges de manœuvre" -

Pour l'économiste Bruno Ducoudré de l'OFCE (Office français des conjonctures économiques), la baisse "est meilleure que celle à laquelle on aurait pu s'attendre", et est tirée en grande partie par les créations d'emplois.

Elle est "en miroir de la croissance" française moindre qu'en 2017, ce qui fait que la décrue du chômage est "deux fois moins rapide" en 2018 que l'année précédente. Selon des calculs en moyenne annuelle, "on est à 180.000 chômeurs de moins en 2017 et à 88.000 en 2018", explique M. Ducoudré.

Pour ce qui est d'attribuer cette amélioration aux réformes gouvernementales, M. Ducoudré juge que "c'est un peu prématuré" car l'effet des ordonnances n'a pas encore été évalué, notamment par le comité qui en est spécifiquement chargé.

Il note aussi, en regardant de manière élargie le "halo autour du chômage" - environ 1,5 million de personnes qui souhaitent travailler mais qui ne sont pas comptabilisées parce qu'elles ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles immédiatement (+32.000 personnes au 4e trimestre) - et les personnes en sous-emploi (+0,2 point sur le trimestre), qu'il y a encore "beaucoup de marges de manœuvre".

A souligner au dernier trimestre de l'année que le taux de chômage des jeunes passe sous les 20%, à 18,8% en France métropolitaine, soit une baisse de 1,7 point par rapport au trimestre précédent.

Pour 2019, interrogée sur l'impact de la crise des "gilets jaunes" sur l'emploi, Muriel Pénicaud ne cache pas ses craintes car "les petites entreprises et le commerce ont beaucoup souffert". Elle a fait état de "72.000 demandes de chômage partiel", qui représentent "38 millions d'euros" provisionnés par son ministère.

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