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Crash du Rio-Paris: les juges ordonnent un non-lieu pour Airbus et Air France

Jeudi 05 septembre 2019
Crash du Rio-Paris: les juges ordonnent un non-lieu pour Airbus et Air France
Photo publiée le 8 juin 2009 montrant des débris de l'avion récupérés après le crash du Rio Paris dans l'Atlantique - HO (BRAZILIAN NAVY/AFP/Archives)

Les juges d'instruction chargés de l'enquête sur le crash du Rio-Paris en 2009 ont ordonné un non-lieu général pour Airbus et Air France, a appris jeudi l'AFP de sources concordantes.

Cette décision, rendue dix ans après l'accident du vol AF447 et la mort des 228 personnes à son bord, diffère des réquisitions du parquet qui avait réclamé en juillet un procès pour la seule compagnie aérienne.

La principale association de proches de victimes, Entraide et Solidarité AF447, va faire appel "d'une ordonnance qui insulte la mémoire des victimes", a annoncé à l'AFP son avocat Alain Jakubowicz.

Le 1er juin 2009, le vol AF447 s'était abîmé dans l'océan Atlantique. Les 228 passagers et membres d'équipages, de 34 nationalités, avaient péri dans l'accident, le plus meurtrier de l'histoire de la compagnie française.

Point de départ de la catastrophe: le givrage en vol de sondes de vitesse Pitot, qui avait conduit à un dérèglement des mesures de vitesse de l'Airbus A330 et désorienté les pilotes jusqu'au décrochage de l'appareil.

Dans cette procédure, qui dure depuis plus de dix ans, les deux entreprises avaient été mises en examen en 2011 pour "homicides involontaires".

Dans son réquisitoire définitif rendu le 12 juillet, le parquet de Paris avait demandé aux magistrats de renvoyer Air France devant le tribunal correctionnel et de prononcer un non-lieu pour le constructeur.

Le ministère public considérait notamment que la compagnie aérienne avait "commis une négligence et une imprudence" en ne délivrant pas à ses pilotes suffisamment d'informations sur la procédure à adopter en cas d'anomalies liées aux sondes qui permettent de contrôler la vitesse de l'appareil, après plusieurs incidents du même genre au cours des mois précédents.

"Cet accident s'explique manifestement par une conjonction d'éléments qui ne s'était jamais produite, et qui a donc mis en évidence des dangers qui n'avaient pu être perçus avant cet accident", estiment les juges dans leur ordonnance signée le 29 août, dont l'AFP a eu connaissance.

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Vos commentaires

Gérard Manvussa 05.09.2019

La justice n'est pas la même pour les puissants

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