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Chasse à l'homme lancée après une mystérieuse attaque au colis piégé à Lyon

Samedi 25 mai 2019
Chasse à l'homme lancée après une mystérieuse attaque au colis piégé à Lyon
Une victime de l'explosion d'un colis piégé prise en charge par les secours, à Lyon, le 24 mai 2019 - PHILIPPE DESMAZES (AFP)

Un homme soupçonné d'être l'auteur de l'attaque au colis piégé à Lyon, ayant fait 13 blessés légers vendredi à deux jours des élections européennes, est activement recherché samedi par les autorités qui ne privilégient aucune piste quant à son profil ou ses motivations.

La police a lancé un appel à témoins en diffusant la photographie du suspect, capté par une caméra de vidéosurveillance municipale. Elle montre un homme "porteur d'un haut sombre à manches longues" et "d'un bermuda clair", poussant un vélo noir. Selon une source proche de l'enquête, il est âgé d'une trentaine d'années.

Prévenu de l'explosion dans l'avion qui le ramenait d'un voyage au Japon, le maire de Lyon et ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a confié samedi matin à l'AFP son "émotion" et sa "surprise parce que Lyon est plutôt une ville calme".

"A Lyon nous avons un dispositif de vidéoprotection qui est assez étendu", a indiqué M. Collomb, joint par téléphone. "On a vu à la fois la personne arriver et repartir sur son vélo", a-t-il ajouté, précisant ensuite que la trace du suspect avait été perdue sur le quai Claude Bernard, qui borde le 7e arrondissement lyonnais.

Chargée du dossier, la section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert "une enquête de flagrance des chefs de tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et d'association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Toutefois, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a souligné qu'il était "trop tôt" pour évoquer "un acte terroriste". "Au vu des résultats, on pourra effectivement qualifier cette enquête", a-t-elle précisé.

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, arrivé vendredi soir à Lyon en compagnie du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner - reparti depuis à Paris - doit tenir une conférence de presse à 12H00 à Lyon.

La municipalité a demandé samedi une "vigilance renforcée aux organisateurs de manifestations festives, exploitants d’établissements et au public", et d'autres mesures doivent être annoncées par la préfecture en fin de matinée.

L'individu recherché est suspecté d'avoir déposé un sac ou colis explosif contenant des vis, clous ou boulons devant une boulangerie de la rue Victor Hugo, une artère piétonne commerçante située au coeur de Lyon, près de l'emblématique place Bellecour.

D'après un dernier bilan, 13 personnes - neuf femmes dont une enfant de dix ans et quatre hommes - ont été touchées par l'explosion, 11 ayant été hospitalisées. Toutes ne sont blesées que légèrement, "atteints aux membres inférieurs", a indiqué Gérard Collomb, précisant que l'une d'entre elles, "un peu plus grièvement blessée, devait être opérée samedi.

Le maire du 2e arrondissement Denis Broliquier a révélé dans la presse locale que "la charge était trop faible pour tuer". Une source administrative a confirmé à l'AFP que le colis contenait une "charge explosive relativement faible" et avait été "déclenché à distance".

- "Lyon choquée mais calme" -

Sur place samedi matin, le périmètre de sécurité était levé et quelques passants se montraient intrigués par les nombreux journalistes postés devant la façade de la boulangerie ciblée par l'explosion où était attendu Gérad Collomb dans la matinée. La façade, dont le volet métallique demeurait fermé, et ses abords ne portaient aucun stigmate de l'explosion, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Lyon se réveille choquée, mais Lyon se réveille aussi dans le calme, comme l’ont été d’ailleurs les Lyonnaises et les Lyonnais hier en fin d’après-midi", a déclaré sur BFMTV le président de la métropole de Lyon David Kimelfeld. Un centre d'accueil des victimes a été ouvert dans un gymnase du centre-ville.

Les faits se sont produits au moment où la France s'apprête à voter dimanche pour élire ses députés au Parlement européen. Le scrutin a commencé dans plusieurs Etats membres depuis jeudi.

Dans une première réaction vendredi, Emmanuel Macron a évoqué "une attaque", mais dans un tweet envoyé dans la soirée le chef de l'Etat s'est montré plus prudent, déplorant simplement "la violence qui s'est abattue" sur les Lyonnais, avant d'adresser ses "pensées" aux blessés.

La France n'avait plus connu d'attaque au colis piégé depuis décembre 2007, lorsqu'une explosion dans un cabinet d'avocats - dont les raisons sont à ce jour restées inexpliquées - avait fait un mort et un blessé.

Mais depuis la fusillade de Strasbourg qui a fait cinq morts et 11 blessés en décembre, le plan Vigipirate est resté au niveau "Sécurité renforcée - Risque attentat" sur tout le territoire, signe d'une menace terroriste persistante aux yeux des autorités.

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