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Belfort manifeste contre le "rouleau compresseur" de General Electric

Samedi 22 juin 2019
Belfort manifeste contre le "rouleau compresseur" de General Electric
Manifestation dans les rues de Belfort pour faire reculer le "rouleau compresseur" de General Electric, le 22 juin 2019 - SEBASTIEN BOZON (AFP)

Salariés, syndicats, habitants, élus locaux et nationaux : la population de Belfort s'est massivement mobilisée samedi pour faire reculer le "rouleau compresseur" de General Electric - qui veut supprimer 1.050 emplois en France -, et clamer que ses sites industriels ont encore un avenir.

Dans la manifestation, qui a rassemblé 5.000 personnes selon la préfecture, 8.000 selon l'intersyndicale, ressortaient les écharpes tricolores de nombreux élus ainsi que des gilets jaunes. De nombreux habitants de Belfort étaient venus en famille.

Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud ont participé, entre autres personnalités politiques, au défilé.

"On est là avec les enfants, pour qu'on nous voie dans toute la France et qu'on nous soutienne. Il faut se mobiliser pour notre région, montrer que c'est une région qui a un savoir-faire et qu'il faut le garder", a témoigné Abdelkader Boutaa, ingénieur chez GE.

Une immense banderole "Soutien aux salariés de General Electric" s'étalait aux pieds du célèbre lion en grès rose de Belfort, sculpté par Bartholdi.

"Belfort debout, soulève-toi", a scandé la foule, à laquelle le délégué CFE-CGC Philippe Petitcolin a lancé: "L'important, c'est de mettre fin au massacre de GE !".

Lors d'une conférence de presse réunissant élus de gauche et de droite et syndicalistes, il a appelé Emmanuel Macron à "faire reculer le rouleau compresseur mis en marche par General Electric".

A l'issue de la manifestation, une délégation, composée de l'intersyndicale, du maire LR de Belfort Damien Meslot et de la présidente (PS) de la région Bourgogne-Franche-Comté Marie-Guite Dufay, a été reçue à la préfecture.

La préfète du Territoire-de-Belfort, Sophie Elizéon, a assuré les participants de l'implication "quotidienne et personnelle" du ministre de l'Economie dans ce dossier. Début juin, Bruno Le Maire avait appelé GE à revoir à la baisse le nombre de suppressions d'emplois.

- La promesse non tenue de GE -

D'abord sonnés par l'annonce fin mai, par GE, de la suppression de 1.050 emplois en France, les salariés se sont vite mobilisés pour dire leur refus d'un plan social qui signerait, selon eux, l'arrêt de mort de l'entité belfortaine du groupe, qui produit des turbines à gaz, alors que le marché peut repartir.

Belfort doit en payer le prix fort : sur les 1.050 emplois supprimés, près de 1.000 concernent la ville, dont près de 800 dans l'entité de turbines à gaz, les autres dans des "fonctions support". Au total, GE emploie 4.300 salariés à Belfort.

Par deux fois cette semaine, les salariés ont empêché la tenue de la première réunion d'information-consultation qui devait lancer le plan social.

En dépit de ces actions, "la procédure information-consultation", qui lance le plan social, a bel et bien "officiellement commencé", a indiqué vendredi à l'AFP une source proche du dossier.

Jeudi, l'intersyndicale, qui assigne GE en référé, demandera au tribunal de grande instance de Belfort la suspension du plan social tant que les pistes de diversification du site n'auront pas été étudiées.

"Tous les experts s'accordent à dire que le marché de la turbine à gaz va rebondir rapidement, pour remplacer le charbon, remplacer le nucléaire, pour accompagner la montée en puissance du renouvelable", a insisté samedi Philippe Petitcolin.

Appelant à "préserver les savoir-faire et qualifications ouvrières qui sont concentrés ici à Belfort", Jean-Luc Mélenchon a pointé un "pacte de corruption" qui avait été dénoncé par le député Olivier Marleix (LR). Ce dernier a saisi la justice en janvier, pour qu'elle enquête sur les circonstances de la vente du pôle énergie d'Alstom à GE.

"Tout cela s'est passé sous l'autorité, maintenant lointaine, de François Hollande, mais M. Macron avait déjà des responsabilités (…) et maintenant, la chaîne de commandement dans cette entreprise est faite de proches de M. Macron. Donc, là il y a un grave soupçon", a dit M. Mélenchon.

En 2015, le rachat du pôle Energie d'Alstom par GE s'était accompagné de la promesse de créer 1.000 emplois nets en France d'ici à la fin 2018. Une promesse non tenue, pour laquelle GE a dû payer des indemnités, avant d'annoncer finalement plus d'un millier de suppressions d'emplois.

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