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MATOURY

Une marche à Balata "pour montrer l'envie de vivre" des jeunes

Samir MATHIEU Mardi 22 Septembre 2020 - 19h53
Une marche à Balata "pour montrer l'envie de vivre" des jeunes
Environ 200 personnes ont participé à cette marche contre la violence dans les rues de Balata ouest ce mardi en fin d'après-midi. - Samir Mathieu

Une marche contre la violence a eu lieu ce mardi en fin d'après-midi à Balata, sur la commune de Matoury. Près de 200 personnes étaient réunies pour rendre un dernier hommage à Stanley Bernard, un jeune de 23 ans, tué par balle le 30 août dernier, en pleine rue. La famille était présente en tête de cortège, ainsi que les amis et jeunes du quartier, l'association Guyane Unissons-Nous et le collectif Trop Violans, mais aussi le maire de Matoury, Serge Smock. Le point fort de la marche a eu lieu lorsque la maman et les quatre soeurs de Stanley, se sont arrêtés à l'endroit même où le jeune homme a été abattu, et alors que les traces de sang, étaient encore apparentes sur la route.

Beaucoup d'émotion ce mardi à Balata. Une importante marche contre la violence a eu lieu. Elle est partie du domicile de la famille de Stanley, ce jeune de 23 ans, abattu d'une balle dans la gorge, dans la nuit du 29 au 30 août dernier. Le drame a eu lieu lors d'une soirée alors qu'il y avait de la musique et un rassemblement dans la rue, vers le fond de Balata Ouest, rue Mazurka. En pleine milieu de la nuit, une bagarre a éclaté. Un jeune armé, a tiré, et a grièvement blessé à la gorge le jeune Stanley Bernard, qui décèdera trois jours plus tard à l'hôpital de Cayenne. 
Un jeune travailleur, sportif et généreux
Stanley Bernard était "un jeune sans histoire" rappelent tous ses proches qui étaient présents ce mardi en toute fin d'après-midi pour cette marche à Balata. Une marche contre la violence, mais aussi une marche hommage à Stanley, mais aussi un "appel à la vie" comme l'a expliqué André-Rachelle, l'un des petites soeurs de Stanley, tout juste âgée de 17 ans. "Stanley était arrivé d'Haïti pour ses 18 ans", a rappelé sa maman : "Depuis qu'il est arrivé, il travaillait. Il était carrossier et jouait au football à Soula", tient à rappeler sa maman Lerese Achille. Le foot qui était un véritable hobby pour le jeune Stanley, comme l'explique l'un de ses amis, James, lui aussi présent à la marche : "j'ai connu Stanley par rapport au foot. On se voyait aussi dans des anniversaires... Et puis il passait à côté de chez moi tous les jours en rentrant du travail. C'était quelqu'un de bien d'amusant, et qui aimait partager" se souvient son jeune ami, avec qui il n'avait qu'un an d'écart. Comme les nombreux jeunes présents dans la marche, les larmes ont coulé sur le visage de James.
"On m'a pris mon seul fils"
Beaucoup de larmes et de cris en ce triste mardi après-midi à Balata. La maman de Stanley, digne jusqu'au bout, a craqué au moment de s'arrêter à l'endroit même où son fils a été abattu, alors qu'on voyait encore les traces de sang qui ont marqué le revêtement de la rue Mazurka. "C'était mon fils unique. On m'a pris mon seul fils" hurlait de douleur la maman endeuillé. Un deuil qui n'a pas pu se faire. Son fils a été détecté positif à la Covid19 à son arrivée aux urgences de l'hôpital. Depuis le lendemain de son décès, Lerese Achille n'a pas pu revoir le corps de son fils en raison des mesures prises à cause du coronavirus. "C'est une épreuve supplémentaire que nous avons eu à traverser" a t'elle indiqué. L'une des petites soeurs de Stanley, André-Rachelle a rappelé l'importance de cette marche : "les jeunes meurent de façon violente. Or cette marche montre qu'on a envie de vivre et d'avancer". 
La maman et les proches de Stanley Bernard se sont arrêtés à l'endroit même où le jeune de 23 ans a été abattu le 30 août dernier. Au sol, des traces indiquait encore que le sang avait coulé dans cette rue... - Samir MATHIEU

Prôner le "vivre-ensemble"
Cette même envie de vivre et d'avancer a été aussi relayé par les associations présentes, dont Trop Violans et Guyane Unissons-Nous, cette dernière étant très active sur Balata et Cogneau-Lamirande. Yvane Goua a réclamé que cette mort ne soit pas vaine : "il faut stopper cette spirale de la violence" a expliqué la porte-parole de Trop Violans, qui a rendu un vibrant hommage à la famille de Stanley. Le maire de Matoury Serge Smock était également présent. Il a accompagné la famille et a participé à l'intégralité de la marche, en prônant une nouvelle fois "le vivre ensemble. Nous sommes dans un quartier où tout le monde se connaît, un quartier paisible et il ne faut pas laisser place à la violence" a indiqué Serge Smock, qui a avoué se sentir parfois "impuissant" face à de tels drames.

L'auteur présumé des faits a été arrêté par les gendarmes de la compagnie de Matoury et est entre les mains de la justice. Les obsèques de Stanley auront lieu ce mercredi matin à Matoury, en présence de nombreux proches, habitants et des collectifs et associations, qui veulent accompagner la famille jusqu'au bout dans cette terrible épreuve.
Une cinquantaine de pancartes pour dire "plus jamais ça" ont été levées tout au long du parcours, comme une supplication face à ces morts violentes qui frappent encore trop souvent la jeunesse guyanaise. - Samir MATHIEU


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1 commentaire

Vos commentaires

Didy20 30.09.2020

cela fait 30 ans que la violence sévit dans certains quartiers.
Faire des marches ne servent juste à conforter les familles endeuillées.????
Courage et force à la mère , ses soeurs , sa famille. ????

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