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Une jeune femme tuée dans un accident de bus

Sébastien ROSELÉ & T.F Jeudi 18 juillet 2013

Pour une raison inconnue, le camion s'est déporté sur sa gauche et a percuté le car (SR) - photos : Éric Léon et Sébastien Roselé

Une Parisienne de 21 ans a été tuée dans la collision de son bus avec un camion porte-engin. Trois personnes sont dans un état grave.

« Les vitres ont éclaté. Tout le monde dormait parce qu'on s'était levé tôt. » Deux jeunes hommes ont accepté de nous parler brièvement hier, à l'hôpital de Saint-Laurent. Ils avaient les yeux rougis. Ils s'étaient isolés du reste du groupe et se sont mis quelques minutes à l'ombre.
Il était 7 h 58 hier matin quand le destin de ces jeunes catholiques venus de l'Hexagone a croisé la trajectoire d'un gros camion qui transportait sur sa remorque une pelleteuse. La collision s'est produite au kilomètre 194, sur la RN1, sur le territoire de la commune de Mana. Le porte-engin qui circulait en direction de Saint-Laurent avait entamé la descente d'une côte. Le bus, lui, était parti de Saint-Laurent et se dirigeait vers Kourou. Pour une raison inconnue (perte de contrôle ?) le camion s'est déporté sur sa gauche, sortant de sa file. Il a percuté l'avant gauche du car. Le conducteur de ce dernier avait tenté de virer sur la droite pour éviter l'accident. En vain. Le porte-engin a éventré tout le côté gauche du bus. Toutes les vitres ont explosé.
Une passagère du car a été tuée sur le coup. Il s'agit de Sophie Morinière, 21 ans, originaire du XVe arrondissement de Paris. Trois personnes ont été blessées grièvement : le conducteur du car, un Saint-Laurentais de 56 ans, le chauffeur du camion, un Cayennais de 37 ans, et un passager qui était dans le bus, originaire de l'Hexagone.
Les pompiers ont dépêché des moyens très importants sur place : sept ambulances, deux fourgons de secours routiers auxquels il faut ajouter trois ambulances militaires et une ambulance militaire qui leur ont prêté main-forte.
« ILS L'ONT VUE MOURIR »
Le commandant des pompiers Pierre Jouans, chef des opérations de secours était sur place. Bien qu'il ait passé une nuit blanche avec la multiplication des drames en Guyane l'avant-dernière nuit (lire les pages suivantes), il s'est rendu rapidement sur les lieux en voiture depuis l'île de Cayenne. Car les pompiers guyanais ne disposent toujours pas d'hélico... Le préfet, le procureur, le général des gendarmes se sont rendus sur place mais dans un hélico de la gendarmerie. Mgr Lafont est venu par l'avion de l'armée qui transportait la cellule d'urgence médico-psychologique venue de Cayenne. « C'est choquant, déclarait l'évêque de Guyane dans l'avion. Comme tout drame, ce n'est pas explicable, c'est choquant. Je pense d'abord à la famille et aux jeunes qui étaient avec elle (la défunte), qui ont pris le petit-déjeuner avec elle et qui l'ont vue mourir. » Seule consolation pour l'homme d'église, « la mobilisation de toute la Guyane. »
« MONDE DES VIVANTS »
Les trois blessés grave ont été conduits à l'hôpital de Cayenne par l'hélicoptère du Samu et celui des gendarmes. Les autres blessés, touchés plus légèrement, ont été transportés au centre hospitalier de l'ouest guyanais à Saint-Laurent. Là, des psychiatres, des infirmières, des psychologues les ont examinés. « On a besoin de les ramener dans le monde des vivants, expliquait le psychiatre Richard Millot, car ils ont été confrontés à la mort. » Le principe hier n'était pas de faire exprimer aux victimes ce qu'elles avaient ressenti mais de repérer celles qui étaient en état de choc et qui nécessitaient des calmants. Le « débriefing » , moment où les personnes expriment la peur qu'ils ont ressentie, se fera plus tard.
En attendant de passer devant un psy, les jeunes, accompagnés de prêtres et d'un aumônier de l'armée, ont été réunis dans un réfectoire où un repas leur a été fourni. Toutes et tous fuyaient la presse. Impossible de leur parler.
Partis de France, les catholiques étaient arrivés en Guyane vendredi. Ils s'étaient rendus à Saint-Laurent, hébergés dans des familles d'accueil et avaient visité l'ouest guyanais. Hier matin, deux bus étaient partis de la capitale de l'Ouest. Dans le premier, se trouvaient les vingt-cinq personnes venues de l'Hexagone. Le second transportait des catholiques également, mais, originaires du département. Tous devaient visiter le centre spatial avant de revenir à Cayenne. Ils devraient s'élancer pour les JMJ (les journées mondiales de la jeunesse, organisées par l'église catholique), mardi prochain. Hier soir, les catholiques venus de France ont passé une nuit supplémentaire dans leurs familles d'accueil.
De gros moyens ont été dépêchés sur place par les sapeurs-pompiers (Eric Léon) -


- Du silence, des larmes et des prières
L'externat Saint-Joseph, à Cayenne, accueille depuis quelques jours les 150 jeunes de la délégation lyonnaise des JMJ. En début de matinée, quelques dizaines de minutes seulement après l'accident, c'est l'évêque de Guyane, Monseigneur Lafont, qui leur annonce le drame. « Il y a eu un gros silence, témoigne Clémence Deteix, une étudiante en médecine âgée de 24 ans. À ce moment de la matinée, on devait chanter les louanges. On n'a pas pu, ce n'était pas possible. Il y a eu des larmes... C'est une jeune comme nous, on pense à sa famille. Elle sera dans toutes nos prières. »

Dispersés en petits groupes dans la cour de l'externat, les membres de la délégation lyonnaise prient, échangent, se recueillent. « Ça suscite beaucoup de question chez nous, affirme Charles-Alban Guez, séminariste de 24 ans. Ça nous interpelle, on essaye de comprendre... Elle vient prier, être dans la joie, et elle meurt. Je n'ai pas les idées très claires... Mais il ne faut pas que ça atteigne la joie des JMJ. » Victorino Santo Domingo, étudiant de 19 ans, est du même avis.

« Ce qui vient de se passer est difficile à accepter, assure-t-il. Mais il y a ici des gens qui ont fait des sacrifices pour venir, donc il faut continuer à aller de l'avant car c'est la meilleure façon de se soutenir. Dieu en a décidé ainsi puisque c'est lui qui nous a réunis. » En fin de matinée, toute la délégation a participé à une messe en la cathédrale. Les jeunes sont ensuite « partis en mission » dans les rues de Cayenne. Pour certains, toutefois, l'émotion était trop forte. Au point d'éclater en sanglot en pleine rue.
T.F
photos : Éric Léon et Sébastien Roselé


 

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1 commentaire

Vos commentaires

mica 19.07.2013
tragique accident

Sincères condoléances aux parents ,amis c'est triste partir si jeune,bon rétablissement aux blessés.Nous sommes impuissants face à un tel drame ,je pense aussi à la jeune fille de 17 ans qui a perdu la vie dans un accident sur la RN3, Mon Dieu l'éternelle question pourquoi?

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