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Saint-Laurent du Maroni

Tensions et violences devant la gendarmerie

Samir MATHIEU Lundi 13 Mai 2019 - 09h22
Tensions et violences devant la gendarmerie

Des rassemblements ont eu lieu samedi soir et hier à midi devant la gendarmerie de Saint-Laurent. Des habitants reprochaient aux gendarmes d’avoir arrêté un homme qui se disait victime d’un cambriolage et qui aurait frappé son voleur. La réalité est bien plus compliquée. Il s’agit en fait d’un enlèvement et d’une séquestration, suivi d’actes de violences.

Des palettes brûlées, une voiture incendiée… c’est le bilan de la soirée d’échauffourées qui a eu lieu samedi devant la caserne de la brigade de gendarmerie de Saint-Laurent du Maroni. à l’intérieur, un homme a été interpellé pour des faits de violence. Mais l’affaire a pris une dimension exceptionnelle après qu’une fausse information a circulé sur les réseaux sociaux concernant cette arrestation. Plusieurs personnes ont fait passer le message qu’Henri Ouadi a été arrêté par les gendarmes après avoir frappé un voleur qui venait de pénétrer à son domicile pour le cambrioler. Le message initial concluait que « ?c’est le monde à l’envers? », en expliquant que « ?la victime était arrêtée parce que le cambrioleur avait porté plainte ».

Vu sous cet angle,« l’information » partagée très rapidement et en nombre sur les réseaux sociaux, a provoqué un vif émoi. D’autant plus que certains ont appelé rapidement les habitants à se rassembler devant la gendarmerie pour manifester leur mécontentement « ?contre la justice française? »… Résultat : des membres de la famille et quelques habitants sont allés crier leur colère devant les grilles de la gendarmerie jusque tard dans la soirée. Ils ont manifesté puis ils ont regroupé un tas de palette et y ont mis le feu. Puis ils ont incendié une carcasse de voiture, toujours devant la gendarmerie. Quelques militaires sont sortis jusqu’à la grille, mais ils ne sont pas intervenus pour ne pas envenimer la situation déjà très tendue. Ces mêmes habitants se sont une nouvelle fois regroupés hier en fin de matinée à nouveau pour faire pression sur les gendarmes en vue d’obtenir la libération, qui leur semblait légitime, de celui qu’ils considéraient comme victime d’un cambriolage.
La réalité : enlèvement et séquestration

Mais la réalité de l’affaire est bien différente et beaucoup plus compliquée à justifier pour celui qui a été victime d’un cambriolage. Oui, le cambriolage a bien eu lieu, mais « ?c’était entre le 27 avril et le 4 mai? », soit près de dix jours avant le déclenchement de l’affaire, explique le procureur de la République de Cayenne Samuel Finielz. « ?Une plainte a alors été déposée en gendarmerie par la victime, qui s’est bien gardée de dire qu’elle soupçonnait quelqu’un? », poursuit Samuel Finielz. Ce n’est que quelques jours plus tard qu’elle s’est vengée en se faisant justice elle-même contre une personne, « ?dont rien n’a prouvé jusqu’ici son implication dans le cambriolage? », précise le procureur de la République. Il s’agissait d’un jeune homme de 19 ans qui se trouvait dans la rue en question le soir même du cambriolage.
8 jours d’ITT

La victime du cambriolage a donc, avec trois autres hommes, enlevé le jeune homme qu’ils suspectaient. « ?Les quatre individus l’ont enlevé sous la menace d’un sabre. Ils l’ont séquestré dans l’appartement où avait eu lieu le cambriolage? », détaille Samuel Finielz qui ajoute : « ?Ils l’ont ligoté avec des câbles électriques, l’ont sérieusement violenté et ont même été jusqu’à lui enfoncer des agrafes dans la peau? ». Selon le témoignage que le jeune homme a fait aux enquêteurs, la bande des quatre voulait lui faire avouer le cambriolage et dénoncer ses complices. Le jeune homme a toujours nié, même sous les coups, avoir participé à ce cambriolage. Et ce sont donc ces faits là, et uniquement ceux-là, qui ont entraîné l’arrestation d’Henri Ouadi et Roger Hunswijk samedi matin. Ils ont été déferré hier après-midi devant le parquet de Cayenne et présenté à un juge d’instruction. Ils sont poursuivis pour « ?enlèvement, séquestration, et extorsion et coups et blessures ayant entraîné moins de ?8 jours d’ITT? » (Interruption temporaire de travail). Le jeune homme de 19 ans qui a été séquestré s’est vu prescrire 3 jours d’ITT. Quand à l’événement originel, le cambriolage, il fait toujours l’objet d’une enquête approfondie de la gendarmerie. Mais pour l’heure, aucune piste sérieuse n’a permis de faire avancer l’enquête selon une source judiciaire. Enfin, les deux Saint-Laurentais poursuivis ont été remis en liberté hier soir et placés sous contrôle judiciaire.

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