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Squatteurs malgré eux

Albert ALEXIS Vendredi 13 septembre 2013
Squatteurs malgré eux
En quelques mois le nombre d'occupants de ce squat a explosé alors qu'ils n'étaient qu'une poignée il y a quelques années (HG)

Il y a six ans, seule une poignée de baraques occupait sans autorisation le terrain vague derrière la zone Collery. Aujourd'hui, pas moins de 80 logements sont recensés. Les familles espèrent régulariser leur situation.

Beaucoup, parmi les familles qui ont élu domicile sur ce terrain vague, coincé dans la zone Collery entre les entreprises et le marécage, estiment ne pas avoir eu le choix. Les plus anciennes familles sont installées là depuis près de six ans. Comme dans toutes les zones d'habitat spontané, la population est mouvante et le système D règne. La débrouille, mais aussi les trafics comme le vol d'électricité. De fréquentes opérations sont conduites par EDF, avec l'aide de différentes autorités (soit 60 personnes) pour mener, sporadiquement, une opération coup-de-poing.
La dernière en date a eu lieu en début de semaine. Comme dans toutes les zones d'habitat spontané, les squatteurs se sont finalement réunis en association. Morea, qui a pour objectif de défendre les habitants, accompagner les plus fragiles et si possible permettre la création sur ces terrains privés d'un lotissement légal, est ainsi née en septembre 2012.
Caroline Mira Pontoja en est la présidente. Cette jeune mère de famille d'origine brésilienne vit avec son compagnon et ses trois enfants à l'une des extrémités de cette nouvelle « invasão » (1). Il y a quelques mois, elle a bien failli tout laisser tomber. « Il n'y a pas assez de solidarité » , nous explique-t-elle.
Depuis, un nouveau bureau essaie de se relancer. Les dérives comme le vol d'électricité, la vente de terrains par des opportunistes ou les constructions anarchiques ont le don d'agacer. À son arrivée il y a trois ans, Caroline avait recensé 53 habitations. Elle a cessé de compter il y a longtemps. C'est même elle qui, dépassée, appelle la police pour parfois mettre de l'ordre.
Derrière elle, on peut entendre des cochons. Il y a quelques semaines, elle a dû en tuer un pour le manger en famille, il en reste deux. C'est souvent le même schéma, ces familles ont déposé des dossiers auprès des bailleurs sociaux et attendent depuis parfois plusieurs années.
Alors le squat, même si cela peut prendre du temps, est une façon de tenter sa chance autrement. Adila, jeune trentenaire, vivait avec son enfant et son compagnon dans le T2 de sa mère, cité Bonhomme, avant de venir à Collery. C'est la naissance de son fils, âgé aujourd'hui de 9 mois, qui l'a décidée à partir. Elle espère, comme les autres, être régularisée mais ne perd pas de vue sa demande de logement social. « Ce sont juste les circonstances de la vie qui font que je suis ici. »
(1) « Invasao » , soit « invasion » en français, le mot est utilisé par les squatteurs eux-mêmes pour décrire une nouvelle zone d'habitat spontané.
- Préjudice
EDF estime son préjudice en termes de vol d'électricité à près de 40 000 euros par an uniquement pour ce squat si rien n'était fait. Les forces de l'ordre ont interpellé trois personnes en situation irrégulière.
L'opération concerne aussi les habitats spontanés sur ces terrains privés. Du matériel de construction a été saisi et quatre procédures pour construction sans permis devraient être lancées. Un procès est en cours entre propriétaires et représentants des habitants sur ce volet mais l'affaire a fait l'objet de plusieurs renvois.