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Témoignage anonymed’un enseignant du collège Gran-Man-Difou, délégué de l’Unsa

« On aurait pu faire ne serait-ce qu’une minute de silence »

Samedi 11 mai 2019

On imagine que ce nouveau suicide est un choc...

Oui, on a fait des réunions autour du suicide entre membres du personnel à laquelle Vanessa avait assisté et on n’a rien vu venir. Lundi, elle est venue travailler normalement. C’est incompréhensible et hier (jeudi, ndlr), nous avons eu une nouvelle tentative de suicide d’une jeune femme.

Comment la situation est-elle vécue au collège Gran-Man-Difou ?

À l’heure actuelle, un certain nombres d’enseignants sont en arrêt maladie, au moins deux depuis jeudi. Vous savez ce sont des collègues qui ont perdu parfois trois ou quatre élèves depuis le début de l’année. On retourne au collège et on ouvre nos « écoutilles » vers les enfants mais on se sent impuissants. Un psychologue scolaire nous a été attribué par le rectorat mais c’est difficile de faire parler les jeunes.

Une cellule de crise a été mise en place...

Oui, le centre médico-psychologique essaie de faire le nécessaire pour aller à la rencontre des enfants. En revanche, pour ce qui est du soutien pour les personnels, il n’y a rien.

Comment l’établissement gère t-il cette nouvelle crise ?

Les choses sont trop banalisées. On nous demande d’écouter et de faire parler les enfants pendant la première heure de cours mais il n’y a pas de continuité. Ça reste trop léger. On a organisé cette marche blanche en dehors du temps scolaire pour ne pas perturber davantage la scolarité mais on aurait pu faire ne serait-ce qu’une minute de silence. Ça a seulement été fait deux fois depuis le début de l’année. Il n’y a pas grand-chose d’apparent et on refuse de s’habituer à tous ces suicides : ça ne doit pas être coutumier.

Vous enseignez à Maripasoula depuis quatre ans. Que faudrait-il faire pour endiguer cette crise persistante ?

Une délégation parlementaire était venue en novembre 2015 suite à ces crises de suicides et, à l’heure actuelle, aucune de leurs propositions n’ont été appliquées. On nous envoyé le rapport et c’est resté comme ça. On a besoin d’aide au niveau des villages amérindiens et pourquoi pas, comme le préfet l’avait dit il y a quelques mois, demander l’appui des chefs coutumiers d’autres communautés amérindiennes qui, elles aussi, ont du faire face à des vagues de suicides. Il faut aussi absolument mettre en place des activités pour occuper les adolescents, notamment ceux de l’internat.

Quelles sont les causes du problème, selon vous ?

Pour nous, le problème ne vient pas du collège. Je pense qu’il y a un problème générationnel intracommunautaire avec le passage au modernisme, aux nouvelles technologies... Je pense qu’il faut aller dans les villages pour résoudre la situation. Nous, ce que l’on veut, c’est que l’État fasse bouger les choses car il est responsable de ce qui se passe.

Propos recueillis par Angélique GROS

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