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POLITIQUE

Nicolas Bay, en campagne pour Marine Le Pen : "on exporte des Bac plus 10 et on importe des Bac moins 10"

Propos recueillis par Ayodele GERMA Samedi 6 Novembre 2021 - 08h25
Nicolas Bay, en campagne pour Marine Le Pen : "on exporte des Bac plus 10 et on importe des Bac moins 10"
Nicolas Bay, représentant du Rassemblement National - AG

  Nicolas Bay est en Guyane pour porter le message du Rassemblement national et de Marine Lepen, candidate à l’élection présidentielle. Député Français au Parlement européen, il est vice-président du groupe Identité et démocratie. Il est élu national en Normandie et membre de la direction du Rassemblement national. Fidèle à la ligne directrice du parti, son raisonnement pousse à croire que la suppression de l’immigration est une sorte de panacée aux principaux problèmes que rencontrent le territoire guyanais et la France.

Pourquoi est-ce vous, et non Marine Lepen, qui vous êtes déplacé en Guyane ?
Nous ne sommes pas encore dans la campagne qui n’est pas encore totalement commencée. En 2017, elle avait fait un long et complet périple guyanais. Elle soutenait déjà ce message: l’Etat doit assumer sa responsabilité en créant les conditions pour que les investisseurs viennent en Guyane. Il faut structurer les filières pour encourager les investisseurs. Mettre en place des avantages fiscaux, des sortes de zones franches, des baisses de charges sociales. Nous défendons l’idée du développement aurifère. Encore faut-il que ce soit de l’exploitation minière légale qui soit mise en oeuvre et qu’on ne soit pas à subir l’orpaillage illégale, comme c’est le cas depuis des décennies. Nous n’avons pas suffisamment structurer les filières légales et on laisse la Guyane être pillée par l’orpaillage illégale
Que pensez-vous de la décision du tribunal administratif qui suspend l’activité de la compagnie Auplata Mining Group?
Sous-couvert d’écologie, qui est une noble cause, les écologistes ont une démarche hostile au développement économique. Les écologistes jouent contre les intérêts économiques de la Guyane. C’est de cette économie dont dépend l’emploi et la réduction du taux de chômage. La Guyane a tous les atouts: l’or jaune avec les ressources aurifères considérables, l’or bleu avec les ressources maritimes méconnues. Elle a même de l’or noir avec des hydrocarbures… La Guyane a des atout immenses, c’est une des collectivité d’Outre mer qui dispose des plus grands atouts économiques potentiels. Mais encore faut-il que l’État assure ses fonctions régaliennes, face à l’immigration clandestine de masse. L’État ne donne pas les moyens suffisants en effectif et en moyens matériels à la police, à la gendarmerie et aux douanes pour endiguer les trafics, et notamment les trafics de drogues.
Que prévoyez-vous pour la préservation de l’environnement en Guyane, face à la déforestation de l’Amazonie?
Il faut être conscient de la richesse immense de la forêt amazonienne et en même temps en organiser l’exploitation à long terme qui permet de tirer un certain nombre de profits, des essences de la forêt tout en assurant le renouvellement et en évitant son épuisement. C’est un équilibre subtil qui suppose une structuration des filières. Il ne faut pas laisser faire n’importe quoi par n’importe qui avec un Etat qui, en réalité, subit au lieu d’organiser.
Le deuxième message que je souhaite passer en tant que député européen, c’est que les régions ultra périphériques européennes sont presque toutes françaises. Aujourd'hui la France vient d’augmenter significativement sa contribution au budget de l’Union Européenne à 29 milliards. Il n’y en a guère plus que la moitié que nous retrouvons sous la forme d’aides européennes. C’est en réalité l’argent du contribuable français, métropolitain, guyanais etc. Il est inacceptable de voir, que dans le même temps les Fonds européens de développement régional ( FEDER) versés aux régions ultra périphériques, principalement françaises, fondent comme neige au soleil, puisqu’ils ont été divisés par trois. On va passer de 4,5 milliards à 1,3 milliards. C’est évidemment inacceptable, car on voit que derrière tout cela, il y a une volonté d’abandon de l’Outre Mer, d’empêcher le juste soutien à nos départements d’Outre mer, qui évidement, en ont besoin, et qui ne peuvent pas être considérés comme un boulet en permanence, alors qu’en fait c’est une richesse formidable.
On a encore du mal aujourd’hui à détacher le Rassemblement national du Front National. Entre temps le nom a changé. Pourquoi ?
Simplement parce que ça correspond à un changement de dimension. Le Front National est un parti qui a été créé, il y a presque 50 ans. Pendant longtemps le parti avait une faible implantation, un niveau électorale modeste. C’était une force d’opposition, de contestation. Aujourd'hui nous sommes devenus une force incontournable, arrivés en tête aux élections européennes sur l’ensemble de la France et notamment en Guyane. Nous sommes devenus une force qui a le pouvoir de rassembler.
Dans les sondages, vous perdez du terrain face à Eric Zemmour. Avez-vous peur de sa candidature?
Pour l’instant, ce ne sont que des sondages à 6 mois de l’élection présidentielle. Quelques mois avant les élections de 2017, c’est Alain Juppé qui a été annoncé comme étant sûr d’être élu. Il y a une concurrence dans le camp des patriotes avec Eric Zemmour. Nous partageons l’essentiel de ses constats. Je n’ai pas tellement entendu ses propositions. Nous sommes là pour apporter des propositions  et des solutions. La force du Rassemblement national et de Marine Lepen c’est qu’elle représente un espoir pour beaucoup de nos compatriotes. Si nous sommes divisés au premier tour, ce n’est pas forcément grave pour peu qu’on soit capable de se rassembler au second tour. Il faut créer les conditions dès maintenant, c’est à dire éviter les polémiques, les attaques inutiles, pour concentrer les critiques sur le parti au pouvoir qui a déçu les Français et a trahi les promesses de 2017.
La question de l’immigration est un des chevaux de bataille du Rassemblement national. Que prévoyez-vous concernant les hommes et les femmes qui immigrent sur le territoire guyanais de manière illégale?
La France subit principalement l’immigration de personnes pas ou très faiblement qualifiées. Ceux qui viennent n’ont pas de perspectives d’être employés dans un climat de chômage endémique. Nous ne bénéficions pas d’une immigration qui pourrait être utile, ni de personnes à très haut niveau de qualification, qu’elles pourraient mettre au profit de la France. Ceux qui viennent le font pour des raisons économiques et sociales. Ils sont régularisés, parfois même naturalisés, sans avoir fait aucun effort d’assimilation.
La pauvreté et des situations économiques ou écologiques difficiles ne peuvent pas être le prétexte à l’immigration. On ne peut accepter comme ça, toute la misère du monde. En France on exporte des Bac plus 10 et on importe des Bac moins 10. Nous avons des personnes fortement qualifiées qui vont développer d'autres pays, et de l’autre côté nous avons cette immigration anarchique qui vient peser sur nos comptes publics et nos comptes sociaux.

La Guyane comme Mayotte sont nos départements d’Outre Mer les plus durement touchés par l’immigration clandestine. Avec 700 kilomètres de frontières avec le Brésil et presqu’autant avec le Suriname, nous avons des frontières immenses, le plus souvent en pleine forêt. Nous ne sommes évidement pas en capacité de les protéger avec des effectifs de police ou de garde-frontière.

En revanche, il faut stopper les pompes aspirantes de l’immigration. Pourquoi les immigrés surinamiens traversent-ils la frontière à 1,50 euro ? Parce qu’ils savent qu’une fois sur le territoire guyanais, ils ont très peu de chance d’être expulsés. Il faut supprimer l’aide médicale d’état et supprimer le droit du sol, expulser automatiquement les clandestins, supprimer le renouvellement automatique des titres de séjour, réserver les allocations sociales prioritairement aux français. Marine Lepen propose de faire passer cela sous forme d’un référendum, si elle est élue. Une vraie politique migratoire de fermeté, pour stopper et endiguer les flux migratoires. Les centaines de millions d’euros qui sont déversées dans cette immigration notamment clandestine, c’est autant qui ne sont pas utilisées pour aider nos compatriotes.
Pensez-vous que la France pourra réussir à vivre en autarcie des problèmes du reste du monde?
Aujourd’hui, protéger nos frontières est vital. C’est ce que font tous les pays dans le monde ou presque. Nous devons préserver ce que nous sommes, notre identité, notre sécurité, et notre économie de cette immigration totalement hors de contrôle.
En Guyane, seul un tiers de la population est vacciné. Cette crise sanitaire se transmue en crise sociale et économique. Quel est votre point de vue à ce propos?
Ce que nous avons dit, dès le début, c’est cette vaccination est obligatoire de fait, car elle condamne à une forme de mort sociale ceux qui ne voulaient pas se faire vacciner. Nous prônons la liberté de choix dans ce domaine. On voit bien que ce vaccin a une efficacité limitée, qui permet de limiter les cas graves. Mais il est limité parce qu’il n’empêche pas de contracter et de transmettre le virus. Dans nos hôpitaux, y compris en réanimation, on a quelques personnes qui sont vaccinées. Nous voyons les limites du tout-vaccinal. Et vacciner des enfants ou des adolescents qui n’ont aucun risque de développer des cas graves, c’est une aberration. Car non seulement, ils n’en tireront aucun bénéfice, mais de surcroit on peut vraiment s’interroger sur les effets secondaires de moyen et de long termes qu’on ne maîtrise pas du tout. De plus, ça ne les empêchera pas par ailleurs de transmettre le virus. On restreint toujours d’avantage les libertés alors qu’il va falloir s’habituer à vivre avec le virus.
En Guyane, la question sanitaire se confond également à un débat identitaire. Dans les manifestations de la Caravane pour la liberté on peut entendre des mots comme « néocolonialisme, impérialisme moderne ». On constate une forte défiance vis-à-vis du gouvernement. Comment le Rassemblement national qui s’est, plus souvent que parfois, illustré par les propos racistes de certains de ses membres, compte-il se faufiler dans ce débat?
Nous sommes très respectueux des spécificités des départements d’Outre Mer et nous ne cherchons pas systématiquement à plaquer un modèle métropolitain qui viendrait nier les réalités des Outre Mer. Comment un Etat qui impose des restrictions de liberté fondamentale comme jamais on n’en a connu, depuis un siècle en France, pourrait-il être légitime alors qu’il est défaillant dans toutes ces missions ? Je comprend la révolte des Guyanais, lorsqu’ils ne supportent pas que l’Etat mettent en oeuvre des couvre-feu à répétition et des restrictions de notre activité économique. Nous comprenons l’opposition à la gestion très contestable de la crise sanitaire par le gouvernement Macron.
Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France Insoumise à la présidentielle, s’est montré plutôt favorable à la volonté du passage à l’article 74 de la Constitution, qui permettrait plus d’autonomie de la Guyane vis-à-vis de l’Hexagone. Un combat que mène le nouveau président de la Collectivité territoriale de Guyane, Gabriel Serville. Quelle est la position du RN à ce sujet ?
Nous sommes opposés à ceux qui se cachent derrière l’autonomie pour, en réalité, développer un agenda indépendantiste. La Gauche et l’Extrême Gauche sont fondamentalement favorables au séparatisme, à la séparation de nos départements d’Outre Mer de la métropole. Et ils avancent par étape en souhaitant développer l’autonomie. Que les choses soient claires: un département qui se trouve à une certaine distance de la métropole doit avoir une latitude d’action et peut-être des compétences étendues, mais ça ne doit pas aboutir à détruire des liens qui existent entre la métropole et les Outre Mers. Au contraire, il faut que l’Etat soit au rendez-vous, assume ses missions fondamentales, fasse des investissements. C’est ce qui permettra de recréer et de redynamiser ce lien entre la métropole et l’Outre-mer.
Quelle est la proposition du Rassemblement national pour garantir une énergie plus efficace et plus verte en Guyane ?
D’une manière générale, il faut que nous ayons une véritable autosuffisance énergétique en France. Le général de Gaulle avait initié de grands choix qui avaient permis cette autosuffisance énergétique. Il est frappant de voir que les écologistes, qui ont critiqué le nucléaire depuis des décennies, nous expliquent que la seule grille de lecture doive être l’émission de carbone. Hors le nucléaire est décarboné. Il y a une incohérence totale. Ce qui est important aujourd’hui c’est de développer des énergies propres, pas chères. Le solaire est une piste, mais aussi l’énergie marine. Il faut, bien évidemment sortir du mirage de l’éolien qui artificialise les sols et qui n’offre aucune perspective d’avenir. En Guyane, nous avons des barrages hydrauliques qui ont montré leur efficacité. Il y a sans doute d’autres énergies envisageables. La relocalisation des économies humaines est une vision authentiquement écologique. Il ne faut pas que l’importation devienne un modèle économique en soi.
Que ferez-vous contre l’insécurité ?
C’est une question très liée à l’immigration.
Sont-ce les étrangers qui véhiculent cette insécurité? 
Notamment, mais pas exclusivement. Il y a aussi des Français de souche, des Guyanais de souche qui commettent des actes criminels ou délictueux.
Qui sont les Guyanais de souche, quand on sait que les Amérindiens sont les premiers habitants de cette terre, et que la population guyanaise actuelle repose sur un socle de mixité ?
Les Guyanais de souche, ce sont ceux qui sont là depuis des décennies et qui ne sont pas là depuis récemment. Il suffit de voir la population carcérale pour comprendre que l’immigration génère des masses anarchiques et une insécurité forte. Il y a un nombre considérable d’actes délictueux commis par des personnes étrangères où issues de l’immigration. En arrêtant l’immigration nous résoudrons une partie de nos problèmes de sécurité en France et dans les Outre Mer. D’autre part, les peines ne sont pas appliquées à la hauteur de ce qui est prévu et la surpopulation carcérale est devenue un prétexte au laxisme judiciaire. Il faut donner les moyens à notre police de faire respecter l’ordre républicain.







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7 commentaires

Vos commentaires

bozo 08.11.2021
Bac+10? Et lui ?

Après une préparation militaire parachutiste en 1995, il obtient un DEUG (bac+2) en droit en 2000 à l'université Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense. Il s'inscrit ensuite en licence, mais il ne la finit pas, privilégieant son engagement politique.
Il a pas vraiment bac plus 10...

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Miroslav 06.11.2021
Simpliste !

L'Autre est l'unique cause de nos problèmes et c'était mieux avant.
Le Front National nous sert toujours la même soupe.

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g6d 06.11.2021

Il est vrai que les diplômés des Guyanais ont la "facheuse" habitude de ne pas venir mettre leurs talents au service de la Guyane.

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Benkwa973 06.11.2021

Heureusement il n'y a guère de diplômés guyanais...

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GILLES BERNARD 07.11.2021

Si les diplômés ont lé "fâcheuse" habitude de ne pas revenir au pays, c'est parce que les administrations locales ont la "fâcheuse habitude" d'embaucher leur personnel par népotisme. Eh oui,souvent, l'usage horizontal d'un personnel par un ponte induit des centaines de mal servis dans l'usage vertical de ce personnel malencontreusement embauché.

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BELLOD 07.11.2021

Pas non plus obligés de revenir pour bosser dans l'administration…

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GILLES BERNARD 09.11.2021

Bosser dans quoi, alors ? Monter sa propre boite ? Avec des banques qui ne sont que de vulgaires caisses d'épargne ? Avec des administrations qui sont infoutues de rendre les services dont elles sont responsables ? Avec des clients qui paient quand ils ont le temps ? Avec du personnel qui vient quand ça l'arrange ? Moi, mes gamins sont en France, avec diplômes et métiers, ils sont pas pressés de revenir, et moins encore depuis COVID, avec un couvre-feu décidé chaque semaine au lancer de fléchettes. (Si, si : on dessine des cibles sur un mur et selon là où ça tombe, on décide selon ce qui est inscrit dans la cible. Auparavant, ils avaient envisagé leurs prises de décisions au craché de noyau, et même, à celui qui pisse le plus loin...)

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