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Manoelzinho interpellé dans un hôtel à Macapá

Sébastien ROSELÉ Samedi 28 juillet 2012

Manoelzinho a été arrêté hier matin dans un hôtel de Macapá. Il est suspecté d'avoir participé à la fusillade qui a coûté la vie à deux soldats, le 27 juin dernier, à Dorlin.

La cavale de Ferreira Manoel Moura, dit Manoelzinho, « le petit Manoel » , s'est achevée hier matin, à 9 heures, dans un hôtel de Macapá. Il venait d'y arriver avec Ronaldo Silva Lima, dit « brabo » ( « le brave » ) dont on ignore encore s'il est impliqué dans la tuerie de Dorlin, et une jeune femme.
Cela faisait quelques jours qu'une rumeur prétendait qu'un homme appartenant à la bande de meurtriers était passé de l'autre côté de l'Oyapock. Ce on-dit s'est révélé être vrai. Les policiers brésiliens, déployés à Oiapoque, ont averti leurs collègues de Macapá. Et alors qu'un 4x4 en provenance d'Oiapoque venait de déposer Manoelzinho et ses deux compagnons dans l'hôtel de Macapá, la police brésilienne a arrêté le trio.
NI ARME NI OR
Selon la consule du Brésil en Guyane, Ana Beltrame, jointe hier soir, aucun des trois n'avait ni arme ni or sur lui. « Il est interdit de porter des armes au Brésil. En porter une aurait donc été comme une confession des crimes commis en Guyane. Et puis avoir une arme en ville, ce n'est pas comme en forêt, cela attire l'attention. » Selon une source, la police brésilienne, qui avait déployé un dispositif important à la frontière avec la Guyane, associant patrouilles au sol et hélicoptères dans les airs, aurait également mis la pression sur la famille des fugitifs de manière à pouvoir les interpeller plus facilement s'ils passaient l'Oyapock.
Hier soir, Manoelzinho était au centre de rétention de l'État brésilien, à Macapá, de même que ses deux camarades de route. On ne sait rien sur Brabo. Il ne figurait pas sur la liste des personnes recherchées éditée par la gendarmerie. On en sait à peine davantage sur la jeune femme. Selon la consule, il s'agirait d'une « prostituée » . Côté enquêteurs français, on parle plutôt d'une femme qui les suivait depuis quelque temps. L'hypothèse qu'elle ait pu être forcée est également avancée.
Sur les photos de Manoelzinho prise hier matin, outre ses traits tirés, ce qui frappe, c'est sa jeunesse et son visage angélique.
Pourtant, cet homme de 25 ans n'a rien d'un ange. Au Brésil, on lui reproche des vols. Au Suriname, il est soupçonné d'avoir commis un homicide. Et en Guyane, il serait impliqué, outre le meurtre des deux soldats, dans la mort d'une dizaine d'orpailleurs clandestins.
Manoelzinho a peut-être été présenté un peu vite comme le chef d'une bande de garimpeiros. En réalité, lui et sa bande rackettaient les mineurs brésiliens de Dorlin. Et la brutalité, quand ce n'était pas la mort, était la règle adoptée pour se faire respecter. Des images d'une horreur insoutenable auraient été prises en Guyane sur un site d'orpaillage clandestin montrant un homme empalé et dépecé vif. Il hurle de douleur sous le regard impassible de la bande sans foi ni loi.
Hier soir, l'identité de Manoelzinho n'était pas officiellement confirmée côté Brésil. Même si peu de doutes subsistaient côté français. De même, on ignore s'il sera extradé vers la France pour qu'il y soit jugé, dans la mesure où généralement, le Brésil n'extrade pas ses ressortissants vers la France. Manoelzinho va devoir d'abord purger la peine de prison à laquelle il a été condamné par défaut pour vol au Brésil. Le reste sera débattu plus tard, par voie diplomatique.
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