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nécrologie

Les tambouyen en deuil

P.-Y. C. Mardi 17 Décembre 2019 - 03h20
Les tambouyen en deuil
Robert Grégoire, 50 ans et maître du tambour, est décédé dimanche, à Montsinéry-Tonnégrande. - DR

Robert Grégoire est décédé dimanche, à Montsinéry-Tonnégrande.

Il y a quelques jours, il participait encore au Mémorial Michelle Picard et Horace Grégoire. Robert Grégoire, qui comme son oncle avait la passion et la technique du tambour, est décédé dimanche. Son corps a été retrouvé au bord d’une crique dans le secteur de Risquetout, à Montsinéry-Tonnégrande. Le parquet a ordonné un examen du corps, qui doit avoir lieu ce matin. Le corps sera rendu ensuite à la famille, si tous les obstacles sont levés. La date des obsèques pourra alors être fixée.

Foulé, plombé, découpé…

Robert Grégoire avait 50 ans. Chanteur, danseur, lutteur, constructeur de canots traditionnels, il a largement œuvré pour la perpétuation de la tradition, notamment au sein du groupe Dahlias. Pour Patricia Blérald, présidente de la Fédération des associations de musiques et de danses au tambour créole guyanais, il était «  un homme profondément ancré dans sa culture guyanaise traditionnelle  ». Il dansait le lérol, le kaséko, jouait du tambour. Foulé, plombé, découpé n’avaient pas de secret pour lui. «  Il avait remporté le prix du meilleur découpeur, dans le concours de tambouyen organisé par l’école de musique, en 1994  », se souvient Patricia Blérald.

Dès 2010, il a participé à la naissance du djokan, l’art martial guyanais créé par Yannick Théolade. «  Je savais qu’il avait des connaissances sur les pratiques guerrières locales, relate Yannick Théolade. Lors de ma première démonstration au Progt, c’est lui le percussionniste. » Robert Grégoire a ensuite été de toutes les grandes étapes : Bercy en 2012, les tournées au Brésil. Plus récemment, il figurait sur la pochette de Djokano, l’album de musique autour du djokan. Il y interprète le premier titre en duo avec Valérie Tribord.

Il avait un ouvrage en préparation

Marié à Sarah — elle-même joueuse de ti bwa —, père de cinq enfants dont certains ont appris son art des percussions, Robert Grégoire, dit Kahobè, vivait dans le secteur de la Kalani, à Montsinéry-Tonnégrande. Selon Yannick Théolade, il préparait un ouvrage sur les percussions et devait commencer à former des jeunes de la commune à la fabrication de canots, dans le cadre d’un chantier d’insertion. «  Il effectuait beaucoup de recherches sur les percussions, poursuit Yannick Théolade. Il n’était pas fermé et pouvait jouer avec les percussionnistes bushinenge, amérindiens et antillais. Nous allons voir de quelles manières nous pourront lui rendre hommage et mettre sur pied son ouvrage. »