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sécurité routière

Les accidents mortels, encore et toujours

Jeudi 04 avril 2019
Les accidents mortels, encore et toujours
Spectaculaire accident au niveau du rond-point Justin Catayée à Cayenne. - DR

Un cycliste a perdu la vie dans la soirée de mardi sur la route à Matiti, à Macouria. C’est le dixième mort sur les routes depuis le début d’année. On dénombre 120 accidents depuis janvier.

C’est une véritable tragédie qui se joue sur les routes du département depuis le début de l’année. Dix personnes ont perdu la vie, ce qui est un chiffre exceptionnellement haut alors que nous n’entamons que le quatrième mois de l’année. Le nombre de blessés, y compris graves, est aussi en forte hausse, comme ce fut le cas encore lundi soir à Saint-Laurent du Maroni, route de Saint-Jean, et dans l’Île de Cayenne ce week-end, sur la Matourienne ou hier après-midi sur la 2X2-voies après le rond-point des Maringouins, où deux voitures ont effectué une violente sortie de route. On dénombre 120 accidents au total depuis le début de l’année sur les routes de Guyane.

Série noire à Macouria

Le pire concerne l’axe Cayenne-Macouria. C’est un véritable point noir depuis le début de l’année avec deux séries successives d’accidents mortels, en janvier-février puis en cette fin mars et début avril, avec encore mardi soir un accident mortel qui s’est produit à Matiti et qui a impliqué un 4x4 et un cycliste. Le cycliste a été percuté et son vélo s’est retrouvé sous les roues du 4x4. Le cycliste s’est retrouvé en arrêt cardio-respiratoire, malgré l’intervention des secours, qui ont tenté, en vain, de le ranimer. Le dimanche 27 janvier ou encore le lundi 11 mars sont quelques-unes des dates à marquer d’une croix noire depuis le début de l’année à Macouria.

L’attitude des automobilistes pointée du doigt

Alain Terrade est formateur et responsable pédagogique dans une auto-école. Il rappelle que les jeunes sont formés et prévenus. « On essaie d’insister sur les risques. On apprend du savoir et du savoir-faire, mais le plus compliqué, c’est le savoir-être. Comment se comporter en tant qu’usager de la route. On a l’impression que certains ne savent plus rien dès qu’ils sont sortis de formation. On rappelle sans cesse qu’il faut savoir conduire avec les autres, respecter les autres et faire en sorte d’avoir des attitudes, des comportements raisonnables sur la route. Je pense qu’il y a un certain laisser-aller et une certaine façon de se dire ça ne peut pas m’arriver à moi, ça n’arrivequ’aux autres. Ce sont des réflexes, des mauvaises habitudes, qui font qu’on en arrive à ce genre de situation. Nous insistons en faisant circuler nos élèves sur des axes accidentogènes, en essayant de lier la pratique à la théorie », rappelle ce professionnel de la route, qui évoque « la Matourienne, le carrefour de Soula et la route de Stoupan ».

Les assureurs favorables à la prévention

Cédric Valès, délégué guyanais du Comité caribéen des assureurs, déplore lui aussi cette série noire sur les routes. Le problème tient à la diversité des facteurs, sans que l’on identifie pour l’instant les causes de cette augmentation. Il rappelle que la vitesse a été abaissée sur les routes. Une des possibilité est un relâchement de la vigilance dû à une faible saison des pluies en ce début d’année, « mais rien n’est prouvé dans ce domaine. Ce sont des faisceaux de présomption, mais on a pas l’équation », constate-t-il. Le représentant des assureurs rappelle que les assurances se mobilisent au même titre que la Sécurité routière pour la prévention. Des actions avaient ainsi été menées auprès des lycéens, il y a quelques années. L’assureur plaide pour une meilleure prévention encore et s’inquiète par ailleurs du grand nombre de personnes qui roulent sans assurance : « Les conséquences peuvent être encore plus pénibles en cas d’accident corporel ou mortel. »

Samir MATHIEU

Spectaculaire accident au niveau du rond-point Justin Catayée à Cayenne. - DR
« Il faut plus de préventionet veiller aux infrastructures »

Comment les familles de victimes vivent-elles de tels drames ? Quel est leur sentiment ?

Le sentiment, il est double. D’abord, il y a l’abattement et la peine. Ensuite, il y a la volonté, de plus en plus, de mandater un professionnel du droit, un conseil, quelqu’un qui va pouvoir expliquer comment la société et l’appareil judiciaire fonctionnent. C’est compliqué. Il y a plusieurs mécanismes qui se mettent en place. Il faut savoir comment fonctionne une procédure pénale, comment fonctionne une procédure civile, comment rechercher la vérité, qui sont les responsables, comment s’articule la responsabilité des assurances, du fond de garantie… quelles sont les personnes qui peuvent revendiquer des droits. Mais en premier, ce qu’elles recherchent, c’est d’approcher le plus près de la vérité.

Est-ce que vous avez remarqué une recrudescence des incivilités sur la route ?

Je pense que c’est la loi des séries. Nous avons eu une série noire sur un axe bien précis entre Macouria et Cayenne. Tout le monde le sait. Tout le monde l’a vu. Je crois que c’est aussi plusieurs facteurs qui entrent en ligne de compte, pas seulement la fatalité, pas seulement la série noire. Les axes sans séparation sont plus dangereux, on le sait. Même lorsqu’on est vigilant, c’est difficile d’avoir les bons réflexes, de conduire pour les autres et d’éviter certaines personnes qui parfois, tout simplement, s’endorment au volant. Et je ne parle pas des conduites à risques qui sont évidemment regrettables et condamnables surtout. Il y a aussi un environnement : les accotements, l’éclairage... et ça, on n’en parle peut-être pas assez souvent. Sur les infrastructures routières en Guyane, les pouvoirs publics ont un véritable travail à faire.

Faut-il plus de répression sur nos routes ?

Plus de répression ? Non. Plus de prévention, oui. Il faut plus de prévention. La prévention, c’est justement s’occuper des infrastructures routières, mettre de l’éclairage, entretenir les accotements... Faire de la prévention, c’est aussi plus de présence des forces de l’ordre, non pas pour réprimer mais pour contraindre à changer les habitudes et éliminer les comportements à risques. La répression a ses limites. Elle est utile certes, mais je pense qu’on ne travaille pas assez sur la prévention.

Maître Jérôme Gay est l'avocat de plusieurs familles de victimes sur la route en Guyane - Samir Mathieu
Maître Jérôme Gay est l'avocat de plusieurs familles de victimes sur la route en Guyane - Samir Mathieu

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4 commentaires

Vos commentaires

g6d 05.04.2019
Infrastructures?

Elles ont bon dos les infrastructures quand on constate que la majorité des accidents ont lieu entre Macouria et Cayenne, voire Kourou et Cayenne où la route est bonne. Par contre beaucoup gèrent leurs frustrations en surestimant leurs talents de conducteurs et les performances de leurs voitures

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Gérard Manvussa 05.04.2019

Me Gay est très présent dans ce journal...

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Paassy 05.04.2019

Sur l'axe Macouria-Cayenne, il est quasiment impossible de circuler à 80 kmh ! Systématiquement, il y a une personne qui reste à 50 ou 60 kmh, accumulant derrière elle une impressionnante file de voitures dont les conducteurs finissent, excédés, par dépasser de manière forcément dangereuse.
Sans parler des radars comme celui du pont du Larivot, où certains pilent à 40 kmh alors qu'il flashe à partir de 70 kmh.
La lenteur est aussi incontestablement un facteur d'accidents. Et puis également l'incapacité à comprendre des panneaux de signalisation pourtant très simples.

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dtc97300 05.04.2019

La crétinerie locale dans toute sa splendeur. Pas ma faute si les autres roulent lentement...moi obligé de doubler...moi vroum vroum...moi boum...moi pas comprendre...moi mort.

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